ALCALIS DES STRYCHNOS
la formule
C**H"Az»0*;
enfin Varicine ou cinchovatine^ dont la composition est exprimée par la formule
C*^H«Az^O».
Ces différents alcalis existent dans les quinquinas en combinaison avec Tacide quinique et l'acide quinotannique. La cinchonine est particulièrement contenue dans les quinquinas gris ; la quinine existe principalement dans les quinquinas jaunes; enfin les quinquinas rouges paraissent contenir ces deux bases en proportions à ^eu près égales.
La quinine et la cinchonine diffèrent Tune de Tautre, sous un grand nombre de rapports, notamment par la cristallisation et par leur manière d'ôtre avec l'éther, ce liquide dissolvant la quinine en très-forte proportion , tandis qu'il ne dissout pas sensiblement la cinchonine. Enfin la coloration verte que présente la quinine, sous l'influence de l'ammoniaque et de l'eau chlorée , sépare trèsnettement cette base de la cinchonine.
U est une réaction que présentent toutes les bases de ce groupe, c'est de se dédoubler, sous l'influence de l'hydrate de potasse solide et de la chaleur, en un liquide huileux alcalin, désigné par M. Gerhardt, à qui l'on en doit la découverte, sous le nom de quinoléine, et qu'on a retrouvé depuis dans les produits de la distillation du goudron de houille.
Les alcalis des quinquinas forment avec les acides des ^els généralement cristallisables et bien définis.
ALCAUS DES STRYCHNOS.
§ 1206. On a découvert dans les différentes espèces de Strychnos , telles que la noix vomique , la fausse angusture , le bois de couleuvre, l'upas-tienté, la fève de Saintrignace, etc., deux alcalis qui paraissent y exister en combinaison avec un acide particulier, qu'on désigne sous le nom d'acide igasurique. Ces deux bases, qu'on désigne sous les noms de stryclmine et de brucine, sont re* présentées par les formules suivantes :
Strychnine C" IP Az' 0\
Brucine C"H"Az 0".
Ces deux bases se distinguent facilement l'une de l'autre à Taide des deux réactions suivantes : la brucine se colore fortement en rouge de sang par l'addition de Tacide nitrique , tandis que la strychnine ne se colt>re pas. L'eau chlorée précipite en blanc les solutions de strychnine sans les colorer, tandis qu'elle colore fortement les dissolutions de brucine.
Distillée avec de l'hydrate de potasse , la strychnine laisse dégager de la quinoléine.
La brucine, traitée par l'acide nitrique concentré, est vivement attaquée, même à froid ; il se produit un composé nitré de couleur rouge foncé , tandis qu'il se dégage du nitrite de méthyle.
Distillée avec un mélange d'acide sulfurique étendu et de peroxyde de manganèse, la brucine dégage des vapeurs inflammables, de l'acide formique et un liquide aromatique brûlant avec une flamme d'un bleu pâle qui parait être de l 'esprit-de-bois. La strychnine ne donne rien de semblable.
L'action toxique de la brucine est moins prompte et moins énergique que celle de la strychnine.