C«IP
(c«hO
Az
que nous désignerons sous le nom d'iodtire fie tétracrylammonium^ Ce composé, traité par l'oxyde d'argent, donne comme les précédents un produit très-caustique dont le chlorure est susceptible de former avec le bichlorure de platine une combinaison qui cristallise en beaux octaèdres d'un jaune orangé.
§ 1226. Si l'on fait agir successivement à trois reprises difTéren tes sur l'ammoniaque les bromures de méthyle , d'éthyle et de butyle , on obtient une base correspondante à l'ammoniaque dans laquelle les 3 molécules d'hydrogène sont remplacées par les trois radicaux
656 PHOSPHURES DE MÉTHYLE ET D'ÉTllYLE.
méthyle , éthyle et butyle. Fait-on agir enfin Tiodure d'amyle sur cette dernière combinaison , on obtient un sel correspondant à Tiodure d*ammonium, dans lequel les 4 équivalents d'hydrogène se trouvent remplacés par les 4 équivalents, méthyle, éthyle, butyle et amylo, et qu'on peut formuler de la manière suivante :
Nous n'entrerons dans aucun détail relativement aux propriétés de ces différents produits dont le nombre , comme on peut le prévoir, est excessivement considérable. Nous ferons observer seulement que les éthers iodhydriques en réagissant sur les bases nitriles donnent naissance à des composés qui se comportent à la manière de la potasse et de la soude , et peuvent être considérés comme de véritables oxydes métalliques.
Le phosphore, l'arsenic et l'antimoine présentant avec l'azote de frappantes ressemblances, ainsi que je me suis efforcé de vous le démontrer dans la première partie de ces leçons, vous comprendrez sans peine qu'on pourra remplacer dans les hydrogènes phosphores, arséniés et antimoniés, l'hydrogène, soit partiellement, soit en totalité, par les radicaux méthyle, éthyle, amyle, et produire ainsi des combinaisons correspondantes à celles que nous venons d'étudier et qui n'en différeront qu'en ce que l'équivalent d'azote qui y est contenu s'y trouvera remplacé par i équivalent de phosphore, d'arsenic ou d'antimoine.
PHOSPHURES DE MÉTHYLE ET D'ÉTHYLE.
§ 1227. M. Paul Thenard a fait voir il y a dix ans environ, dans un travail plein d'intérêt , qu'en dirigeant un courant de chlorure do méthyle ou d'élhyle sur du phosphure de chaux porté à la température du rouge sombre, il se forme différents composés phosphores desquels on peut retirer deux produits très-nettement définis, dont les compositions sont exprimées par les formules
C'IPPh
PHOSPHURES DE MÉTHYLE ET D'ÉTHYLE. 667
Ces composés correspondent ^ comme on le voit, à la triméthylamine et à la triétbylamine, dans lesquels Tazote se trouverait remplacé par du phosphore. Il suffit, pour s*en convaincre, d'écrire les formules qui précédent de la manière suivante :
Ph]C'H^
et
(C*HS
PhjeHS
Le mode de préparation imaginé par M. Paul Thenard est excessivement pénible, no fournit que peu de produits et n'est pas sans danger. Tout récemment nous nous sommes procuré» M. Hofmann et moi, ces composés par une méthode fort simple qui permet de les obtenir du premier coup , abondamment et dans un grand état de pureté. Cette méthode consiste à faire réagir le trichlorure de phosphore PhCP sur le zinc-méthyle ou le zinc-éthylo, ainsi que le démontrent les équations suivantes :
3(C'ffZn)+PhCP=3ZnCH-C*H»Ph,
Zinc-mélbyle. Trlphotpho-
méthyllne.
3(C*H*Zn)-hPhCP= 3ZnCl-hC"H'*Ph.
ZlQo-éUirle. TriphMphé-
Uiiline.
La triphosphométhyime est un liquide incolore, d'une saveur chaude et amère , dont Todeur a tout à la fois quelque chose d*al> liacé et d'ammoniacal. Elle ramène au bleu le tournesol rougi par les acides, bout à 4^ degrés et sature parfaitement les acides avec lesquels eHe forme des sels cristal lisables, que la potasse et la chaux décomposent même à froid.
Elle brûle avec explosion lorsqu'on la projette dans un flacon rempli d'oxygène pur. Elle réduit l'oxyde de mercure en s'échauffant et produit un sublimé d'aiguilles blanches douées do propriétés acides.
Les iodures de méthyie, d'éthyle et d'amyle s'échauffent forte-
658 ARSÉNIURES D*ÉTHYLE.
ment par leur contact avec la triphosphométhyline et donnent
naissance à de belles combinaisons cristallisées.
La triphosphéthyUne est un liquide incolore , doué d'une odeur alliacée particulière, bouillant à la température de ia8 degrés, formant avec les divers acides des composés cristallisables et bien définis. Le chlorhydrate de triphosphétyline donne avec le bichlorure de platine divers composés qui cristallisent parfaitement bien. Lorsqu'on traite la triphosphétyline par les iodures de méthyle, d'éthyle, ou d'amyle, elle s'échauffe fortement et se concrète bientôt en donnant naissance à des produits que l'alcool dissout facilement, surtout à chaud , et qu'il abandonne par l'évaporation sous la forme de cristaux d'une grande beauté.
Ces différents produits, dont j'ai fait avec M. Hofmann une étude approfondie , peuvent être considérés comme des iodures d'un radical à base de phosphore, correspondant à l'ammonium dans lequel cette substance remplacerait l'azote. Les produits précédents correspondraient donc de la manière la plus évidente à l'iodure de tétréthylammonium. En effet, les dissolutions aqueuses de ces substances, traitées par les sels d'argent, donnent naissance à de l'iodure d'argent, ainsi qu'à des sels qui cristallisent facilement par l'évaporation. Si l'on traite pareillement ces produits par de Toxyde d'argent récemment précipité , on obtient de l'iodure d'argent et les hydrates de ces mêmes bases qui présentent les analogies les plus manifestes avec l'hydrate de potasse.
Si l'on fait agir, par exemple , l'oxyde d'argent sur Viodure fie tétrapJiospliétyUum y on a
en*
Phj^/j;,,l-hAg04-Aq = AgI-hPh ^IJlo, HO.
Ce composé présente une alcalinité considérable et se comiwrte avec les dissolutions métalliques à la manière de l'hydrate de potasse.
ARSÉNIURES D'ÉTHYLE.
8 1228. Lorsqu'on a fait réagir de l'iodure d'éthyle sur do Farséniure do sodium , il se dégage une quantité de chaleur très-notable, et l'on obtient à la distillation trois produits distincts re-
ARSËNIURES D ÉTHYLE. 659
présentés par les formules
As(C*H*)\ As(C*H*)*, I.
I^ produit le plus important formé dans cette réaction est l'arsentriélhyle
As(C*IP)S
qu'on peut préparer dans un état de pureté parfaite, ainsi que nous Tavons constaté M. Hofmann et moi, eu faisant agir le trichlorure d*arsenic ,
AsCP,
sur le zinc-éthyle. En effet, on a
3(C*IPZn) + AsCr=aZnCH-C''H'*As.
ZlDc-élhyle. ArsenUlitbyle.
C'est un liquide incolore, très-réfringent, très mobile, doué d'une odeur désagréable qui rappelle celle de l'hydrogène arsénié. Sa densité est égale à i,i5i ; la densité de sa va{)eur est de 5,62; il bout à 180 degrés* Insoluble dans l'eau, il se dissout facilement dans l'alcool et Téther.
Il fume au contact de l'air; mais il ne s'y enflamme qu'autant qu'on réchauffe. Il suit de là qu'on no saurait le conserver intact que dans des vases bien clos à l'abri du contact de l'air.
Lorsqu'on fait agir de l'iode ou du soufre sur une dissolution alcoolique ou éthérée d'arsentriéthyle , il se sépare des produits solides qui sont des composés définis d'iode et de soufre avec l'ar^ sentriéthyle.
L'acide azotique fumant agit avec une extrême énergie sur l'arsentriéthyle. La matière s'oxyde avec ignition. L'acide azotique étendu le dissout lentement à la manière d'un métal, avec dégagement de bioxyde d'azote et production d'azotate d'arsentriéthyle. L'acide sulfurique concentré l'attaque à l'aide de la chaleur, avec dégagement d'acide sulfureux et formation de sulfate d'arsentriéthyle.
Lorsqu'on traite l'arsentriéthyle par de Tiodure d'éthyle, il se produit une action très-vive et le liquide se prend bientôt en une masse cristalline. Ce produit, qui est soluble dans l'alcool et dans
66o ANTIMONIURES D ÉTHYLE.
l'eau , se sépare par Tévaporation sous la forme de belles aiguilles blanches; c'est un iodure <rarsentétréihylmm ^ dont la composition est exprimée par la formule
C'*H"AsI = As(C*H*)*, I.
Ce composé correspond, comme on le voit, aux iodures de tétréthylammonium et de tétraphosphétylium ; il se comporte à regard des sels d'argent de la môme manière que ces produits. Traité comme eux par l'oxyde d'argent récemment précipité , il donne un produit très-solublc dans l'eau , doué d'une réaction trèsalcaline, attirant avec avidité l'acide carbonique et Fhumidité de l'atmosphère. L'évaporation abandonne cette substance sous la forme d'une masse blanche cristalline, qui possède des caractères analogues à ceux de la potasse, et qui , comme elle, chasse même à froid l'ammoniaque de ces combinaisons.
ANTIMONIURES D'ÉTHYLE.
§ i229. Lorsqu'on fait réagir de l'éther iodhydrique sur l'alliage d'antimoine et de potassium obtenu par la calcination d'un mélange intime de 4 parties d'antimoine et de 5 parties de tartre, on obtient un liquide très-fluide, très-réfringent et doué d'une odeur d'oignon très-désagréable. Ce produit, auquel on donne le nom de sUbtriéthylcy jouit des propriétés suivantes : c'est un liquide incolore qui ne change pas encore d'état à — 3o degrés ; il bout à i58 degrés. Sa densité est do i, 3^4 à i6 degrés ; la densité de sa vapeur est égale à 7,44. Insoluble dans l'eau, il se dissout en forte proportion dans l'alcool et dans l'éther.
Exposé au contact de l'air, il répand une fumée blanche trèsépaisse et ne tarde pas à prendre feu en brûlant avec une flamme blanche très-lumineuse. Si l'on fait arriver l'air, bulle à bulle, au milieu du liquide, celui-ci s'unit lentement à l'oxygène et finit par s'oxyder complètement. Le soufre, le sélénium et l'iode s'unissent directement au stibtriéthyle, en donnant naissance à des produits cristallisés.
L'acide nitrique attaque le stibtriéthyle surtout à l'aide de la chaleur ; il se dégage de l'azote et des vapeurs nitreuses, et l'on obtient un liquide qui fournit par l'évaporation de beaux. cristaux rhomboïdaux d'azotate de stibtriéthyle.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. 66i
Lorsqu'on ajoute de l'iodurc d'éthyle au stibtriéthyle, il se produit, au bout de peu de temps, une combinaison cristallisée en belles aiguilles blanches , qui n'est autre chose que l'iodure d'un radical correspondant à l'ammonium, auquel on donne le nom de stibéthyliuin. En traitant cet iodure de stibéthylium par l'oxyde d'argent, on obtient un dépôt d'iodure d'argent et de l'oxyde de stibéthylium hydraté correspondant à l'hydrate de potasse. Ce même oxyde étant traité par les différents acides , se comporte à la manière de la potasse caustique et donne naissance à des sels très-nettement cristallisés. Nous allons donner sous forme de tableau les formules des combinaisons les plus importantes formées par le stibtriéthyle et le stibéthylium.
Stibéthyle ( équivalent de H» ) C'> H'* Sb ,
Oxyde de stibéthyle C''H*'Sb, 0',
Sulfure de stibétyle C'H'^Sb, S%
Séléniure de stibéthyle C*'H'*Sb, Se^
Chlorure do stibéthyle C* H'* Sb , CP,
Bromure de stibéthyle CH'^Sb, Br»,
Iodure de stibéthyle C* H'^Sb, F,
Sulfate de stibéthyle C" H'^Sb, 0^ aSO»,
Nitrate de stibéthyle * C" H'*Sb, 0% îiNO*,
Oxyde de stibéthylium hydraté C'H'^Sb, 0, HO,
Chlorure de stibéthylium C"" H" Sb , Cl ,
Iodure de stibéthylium C H'* Sb , I ,
Azotate de stibéthylium C'MPSb, 0, AzO",
Sulfate de stibéthylium C'«H'*Sb, 0, SO».
§ 1230. Si nous jetons un coup d'œil rapide sur les résultats que nous avons exposés sommairement dans cette leçon, nous voyons que les différentes bases volatiles exemptes d'oxygène, et dont le nombre très-considérable tend à s'accroître chaque jour, peuvent être toutes considérées comme des dérivés de l'ammoniaque ou de ses analogues, phosphures, arséniures, antimoniures d'hydrogène , dans leâtiuels l'hydrogène se trouverait remplacé, soit partiellement, 3oit en totalité^ par des radicaux binaires, méthyle, éthyle, amyle , etc. Ces substitutions ne semblent modifier en rien les propriétés fondamentales de la substance primitive , et l'on ne sau- II. 5(5