‹ Leçons de chimie générale élémentaireChapitre 231 sur 267 · C'MI · texte numérisé non relu

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substance neutre comme le carbure d'hydrogène dont elle dérive , qui représente la composition des essences d'anis , de badiane , de fenouil, d'estragon, de cumin, etc., qui sont identiques au \mni de vue analytique , mais dont la constitution moléculaire est entièrement différente.

Ainsi , tandis que le produit oxygéné des essences d'anis , de badiane et de fenouil doux est solide , cristallisable et fusible à + 18 degrés seulement, le principe oxygéné des essences de fenouil amer et d'estragon est encore liquide à — la degrés. Néanmoins ces deux produits, quoique présentant des différences dans les propriétés physiques, donnent les mômes résultats sous rinfluonce des réactifs:

L'essence do cumin, liquide comme celle de fenouil amer et d'estragon , se comporte d'une manière toute différente. Ainsi , tandis que les essences d'anis et de fenouil peuvent être distillées sur de l'hydrate de potasse chauffé à 25o degrés, sans éprouver la plus légère altération , l'essence de cumin, au contraire, placée dans les mêmes circonstances , décompose l'eau de l'hydrate alcalin, en fixe l'oxygène et se transforme en un acide qui présente avec l'essence une relation fort simple. En effet , on a

Essence de cumin C*» H" 0',

Acide cuminique C* H" 0*.

L'acide nitrique étendu, bouilli avec l'essence de cumin, la transforme pareillement on acide cuminique , en lui fournissant de l'oxygène. Avec les essences d'anis, do badiane, de fenouil, d'estragon , les choses se passent tout autrement : tandis que dans le cas précédent 2 molécules d'oxygène s'ajoutent au type

ici la molécule est altérée dans son essence ; elle se dédouble en C*H*-hC'Ml«0',

C* H* se brûle en donnant de l'acide carbonique et de l'acide oxalique; CMl* fixe d'abord a molécules d'oxygène en produisant un liquide huileux, pesant, analogue à l'hydrurcde salicylc et à l'essence d'amandes amères , puis ce dernier absorbe plus tard , à son tour, a nouvelles molécules d'oxygène en donnant un produit solide cristallisable, l'acide anisique.

On a donc les trois produits successifs C'Ml'O',

qui nous offrent des phénomènes d'oxydation analogues à ceux que nous présentent les corps de la nature minérale.

Si , en même temps que le carbure d'hydrogène C*® H'* perd H' et gagne 0*, il fixe en outre de l'oxygène , alors le produit présente les caractères qui distinguent les acides.

C'est ainsi que l'essence de girofle , qu'on peut considérer comme dérivant, de mémo que les produits précédents, du carbure C*' H'*, présente tous les caractères d'un véritable acide.

Les essences de cumin et de girofle proviennent toutes deux des semences de plantes qui appartiennent à la même famille , celles des Ombellifères; elles ne diffèrent l'une de l'autre que par 2 molécules d'oxygène. En effet, on a

Essence de cumin C"H"0',

Essence de girofle (acide cariophyllique) C" H'* 0*.

La première peut , ainsi que nous l'avons vu plus haut , fixer 1 molécules d'oxygène sous l'influence de l'acide nitrique faible , de l'acide chromique , de l'hydrate de potasse, et fournit une substance cristalline acide, isomérique avec VacUle cariophyllique, présentant , en outre , la même capacité de saturation que ce dernier, mais qui en diffère essentiellement par les caractères physiques et chimiques. Ce qui sert surtout à différencier ces deux produits, c'est la résistance que présente l'acide cuminique aux agents d'oxydation , tandis que l'acide cariophyllique se dédouble avec une extrême facilité sous les mômes influences, pour se résoudre en des composés très-simples ; c'est ainsi que l'acide nitrique, même étendu, réagit avec violence sur ce produit, en fournissant une abondante cristallisation d'acide oxalique.

L'isoméric, cette propriété si curieuse , et qui nous est entièrement inconnue dans son essence, se rencontre à chaque pas dans les huiles volatiles ; l'examen comparatif des propriétés physiques de ces sortes de produits nous conduira , sans doute , à des résultats importants , mais qu'il serait difficile de prévoir, aucune recherche n'ayant été jusqu'à présent entreprise dans cette voie.

Les groupements C^^H^O' et C'*H*0', qui constituent les types de séries cinnamique et benzoïque , dérivent peut-être aussi d'hydrogènes carbonés ayant pour composition C* II'* et C* H*. Peutêtre encore dérivent-ils d'hydrogènes carbones jwlymériques

C"H* et C'*H" unis à i équivalent d'oxyde de carbone; mais ce

sont là de pures spéculations qui ne doivent pas nous arrêter plus

longtemps.

§ 4240. L'expérience nous apprend qu'à mesure que Toxygène s'accumule dans un composé , le point d'ébullition s'élève et la stabilité diminue; ainsi le carbure d'hydrogène C'*H'* bouta i65 degrés; les essences de cumin et d'anis, qui n'en diffèrent que par la substitution de 2 molécules d'oxygène à 2 molécules d'hydrogène, n'entrent en ébuliition qu'à une température de 226 à 228 degrés. L'essence de girofle, qui renferme 2 molécules d'oxygène de plus que ces derniers , bout à une température encore plus élevée, vers 255 à 260 degrés. Lorsqu'au lieu d'une substitution d'oxygène, il y a fixation d'eau , le point d'ébullition s'élève encore, mais moins que dans le cas précédent; ainsi, tandis que les corps du groupe

C"H"0^=4voLvap.

bouillent à une température de 225 à 228 degrés, le camphre, qu'on peut considérer, par quelques-unes de ses réactions, comme appartenant à la même famille, et qui serait alors représenté par la formule

C"ir*, H'0'=4vol.vap.

bout à 204 degrés.

Lorsqu'on soumet une huile volatile à la distillation , on voit le point d'ébullition de cette dernière varier d'une manière très-notable; ce qui s'explique facilement, le produit naturel étant presque toujours un mélange en proportions variables de diverses subtances inégalement volatiles. Mais, lorsque les'divers principes qui constituent une huile essentielle ont été isolés , on trouve encore que ceux-ci présentent des variations souvent assez notables dans leur point d'ébullition; celui-ci s'élève graduellement, et l'on obtient presque toujours un résidu foncé visqueux, plus ou moins abondant. Lorsqu'on opère cette distillation dans un courant d'hydrogène ou d'acide carbonique , on n'observe plus d'aussi grandes variations dans le point d'ébullition; l'essence, se colore à peine, et le résidu devient presque insignifiant. L'air intervient donc dans ces sortes de distillations , en fournissant de l'oxygène qui modifie la matière huileuse. Néanmoins il n'en est point toujours ainsi, et lorsqu'on analyse l'huile qui a distillé à diverses températures , on

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