‹ Leçons de chimie générale élémentaireChapitre 233 sur 267 · CAMPHRE · texte numérisé non relu

CAMPHRE

§ lâii. On retire de certains Laurusy et notamment du Laurus campfiora, qui croit en abondance au Japon , une huile essentielle concrète , douée d'une odeur toute spéciale , à laquelle on donne le nom de camphre. Il suffit, pour l'en extraire, do débiter le bois on petits fragments qu'on introduit avec de l'eau dans une cucurbitc surmontée d'un chapiteau garni de paille de riz. En soumettant ce liquide à la distillation , les vapeurs d'eau entraînent avec elles le camphre , qui vient s'attacher aux cordes qui sont tendues dans l'intérieur; on obtient de la sorte le camphre brut. Pour le purifier, on l'introduit dans de grandes fioles de verre à fond plat, analogues à celles dont on fait usage pour la sublimation du sel ammoniac. Sous l'influenco d'une faible élévation de température , le camphre se réduit en vapeurs, qui viennent se condenser contre les parois froides de la fiole , sur lesquelles elles se moulent de manière à prendre la forme de pains hémisphériques , sous laquelle on le rencontre dans le commerce.

Bien que doué d'une faible tension, le camphre répand une odeur

68o CAMPHRE.

trôs-forte à la température ordinaire; lorsqu'on le conserve en vases clos , la portion de la matière qui se trouve en contact avec les parois fortement éclairées se volatilise et vient se condenser sur les parties qui se trouvent dans l'ombre sous la forme de cristaux brillants, doués d^une très-grande netteté.

Le camphre fond à 175 degrés et bout vers 20&. Sa densité est de 0,986. La densité de sa vapeur est égale à 5,32. Cest un corps doué d'une assez grande élasticité, ce qui rend sa pulvérisation difficile. Pour le réduire en poudre, il est nécessaire de l'humecter d'un peu d'alcool. A peine soluble dans l'eau, le camphre se dissout en proportion considérable dans l'alcool, l'esprit-de-bois, Facido acétique, l'éther ordinaire et les éthers composés. Il s'enflamme par l'approche d'un corps en ignition et brûle avec une flamme blanche fuligineuse.

En dirigeant des vapeurs de camphre sur de la tournure de fer chauffée au rouge , on obtient divers produits, au nombre desquels flgure le benzène.

Le chlore et le brome l'attaquent difficilement. Le perchlorure de phosphore l'attaque à l'aide de la chaleur et donne des produits qui ne sont pas parfaitement bien connus.

Le camphre absorbe le gaz chlorhydrique et se transforme en un liquide incolore , qui résulte de l'union d'équivalents égaux de ces deux corps. L'eau détruit facilement cette combinaison et met le camphre en liberté.

Les dissolutions alcalines, même concentrées, n'exercent aucune action sur le camphre, soit à froid, soit à chaud. Fait-on passer sa vapeur sur de la chaux potassée , chauffée à 400 degrés , le camphre fixe 2 équivalents d'eau et se transforme en un acide qui s'unit à la base alcaline ; on donne à cet acide le nom à' acide campholique. Sa production s explique au moyen de l'équation suivante :

C~H'«0'-f-aHO = C"IPO»

Camphre. Âo. campboitq.

Lorsqu'on fait digérer du camphre avec deux ou trois fois son poids d'acide sulfuriquc, au maximum de concentration à la température de 100 degrés pendant plusieurs heures, et ciu'au bout de ce temps on verse de l'eau sur le uiélaugo, il vient nager à la surface do la

CAMPHRE. 68i

liqueur acido une huilo noutre qui possède la même composition et le mémo état do condensation que le camphre.

L'acide azotique dissout le camphre à froid et Tabandonne lorsqu'on rétend d eau ; à la température de Tébullition , il Tattaque , des vapeurs rutilantes se dégagent , et si Ton a prolongé suiEsamment Faction on obtient une masse cristalline acide , à laquelle on donne le nom A' acide camphorique.

Pour séparer ce produit de la portion de camphre qui n'a pas subi d'altération , on le dissout dans le carbonate de potasse , on filtre la liqueur qu'on décompose ensuite par l'acide azotique , on achève enfin sa purification par des cristallisations dans l'alcool.

La formation de l'acide camphorique s'explique par une oxydation du camphre ; en effet , on a

C»oi|.eQ7 } 60 = C"ir«0« = C'«H'»0«, 2HO.

L'acide camphorique est un acide bibasique. Par sa réaction sur l'alcool, il donne naissance à deux produits: l'un acide, auquel on donne le nom ^^ acide camphovinique ; l'autre neutre, connu sous le 'nom à!étfier campftoriquc. Ces deux produits peuvent «Hrc représentés par les deux formules suivantes :

Acide camphovinique .... C" H'* H«, C* H* 0, HO, Éther camphorique C'«H'*0«, aCMPO.

Soumis à l'action de la chaleur, l'acide camphorique perd son eau de combinaison et se change en acide camphorique anhydre. La composition du camphre est exprimée par la formule

C"H"'0' = 4vol. vap.

§ ii42. Il exsude du Dryabancdops camphora un liquide visqueux, renfermant une substance cristal lisable , qui jouit de propriétés analogues à celles du camphre. Ce produit, qui nous arrive de Bornéo et de Sumatra sous la forme de petits fragments cristallins et transparents, peut être facilement purifié par la sublimation.

La composition de ce produit est représentée par la formule

On voit que ce corps ne diffère du camphre que par 2 équivalents d'hydrogène en plus. On peut le transformer en camphre

68a ESSENCE DE MENTHE,

ordinaire §ou8 des influences oxydantes, et notamntent sous celle de Tacide azotique , cet oxygène brûlant les 2 équivalents d'oxygène en plus. Distillé sur de Tacide phosphorique anhydre, le camphre de Bornéo perd a équivalents d'eau et se transforme en un carbure d'hydrogène ,

isomère de l'essence de térébenthine ; co même carbure d'hydrogène, qu'on désigne sous le nom de hornéèncy se rencontre dans le produit brut. Le camphre de Bornéo, de même que le camphre desLaurinées, se transforme en acide camphorique, par une ébullition suffisamment prolongée avec l'acide azotique du commerce.

§ 4243. Plusieurs huiles volatiles de la famille des Labiées laissent déposer, soit spontanément, soit par refroidissement, un stéaroptène qui jouit de toutes les propriétés chimiques du camphre et qui n'en diffère que par l'action qu'il exerce sur la lumière polarisée.

Plusieurs plantes fournissent, lorsqu'on les distille avec de l'eau, des huiles volatiles concrètes qui présentent les analogies les plus manifestes avec le camphre.

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