‹ Leçons de chimie générale élémentaireChapitre 265 sur 267 · URÉE · texte numérisé non relu

URÉE

§ i316. Cette substance, découverte par Rouelle le jeune dans Turine de l'homme et des animaux, peut' s'extraire facilement en les évaporant en consistance de sirop clair, laissant refroidir et ajoutant peu à peu de Tacide nitrique ; il se précipite des cristaux de nitrate d'urée qu'on décolore à l'aide du charbon animal. On dissout ensuite le nitrate d'urée dans la plus petite quantité d'eau possible, on le décompose par le carbonate de potasse et l'on évapore à sec. En reprenant le résidu par l'alcool , on dissout l'urée seule; par l'évaporation elle se dépose en cristaux.

Cette substance, qu'on rencontre dans un grand nombre do sécrétions, peut se produire de toutes pièces au moyen du cyanate d'ammoniaque. Ce sel , sans rien perdre et sans rien gagner, se transforme à 120 degrés en urée, qui est un produit isomérique.

On peut facilement préparer 'ce produit à l'aide de la méthode suivante. On mélange 28 parties de prussiate jaune de potasse et 1 4 de peroxyde de manganèse réduits en poudre fme , on chauffe un peu au-dessous au rouge naissant jusqu'à ce que la combustion soit terminée. La masse refroidie est dissoute dans l'eau, et l'on ajoute à la liqueur 20 1 parties de sulfate d'ammoniaque sec; il se dépose du sulfate de potasse. En évaporant à sec et reprenant le résidu par do l'alcool, l'urée se dissout seule et peut être obtenue par l'évaporation.

A l'état de pureté , l'urée est incolore et inodore. Sa saveur fraîche et légèrement amère ressemble à celle du salpêtre.

Elle fond vers 120 degrés, se décompose à une température un peu supérieure, dégage de l'ammoniaque et du carbonate d'ammoniaque, et laisse un résidu blanc auquel on a donné le nom à'ammélîne. Si l'on chauffe plus fortement encore, on obtient de l'acide cyanurique, puis de l'acide cyanique , ainsi que nous l'avons fait voir § 352.

L'urée se dissout dans son propre poids d'eau froide et en toute proportion dans l'eau bouillante. Elle se dissout dans 4 parties d'alcool froid et a seulement d'alcool bouillant.

Le chlore décompose l'urée sous rinfluence do l'eau ; on obtient (le l'acide chlorhydriquo , do l'acido carbonique et do lazote.

L'acide azoteux décompose instantanément Turéc en gaz car-

7<i6 URÉE.

bonique, azolo et eau. L*azotate d oxydule du mercure se compt»rij'

do la méroe manière. La réaction peut s'expliquer à Taidc de 1 é-

quation

CH*Az»0'-haAz(y=2CO'-}-4Az-f-4HO.

Urée.

La dissolution aqueuse d'urée s'altère lentement à Tair et ^c transforme entièrement en carbonate d'ammoniaque; cette transformation s'effectue rapidement, au contraire, sous l'influence d^ la petite quantité de matière muqueuse contenue dans les urino<.

L'urée se combine avec différents acides, avec plusieurs ox}do*, ainsi qu'avec quelques sels, à la manière de certains alcaloïd(><. donnant ainsi naissance à des sels en fixant un équivalent d*eau.

Ces combinaisons peuvent se représenter par les formules suivantes :

Urée et oxyde de mercure^ — Il existe trois combinaisons représentées par les formules

CMPAz^O', alIgO, {?WkûO\ 3HgO, C'll*Az'0», 4HgO.

Urée et oxyde d argent :

(?H•Az'0^ 3AgO. Urée et acides:

Chlorhydrate d'urée C H* Az^ 0^ Cl H,

Azotate d'urée C H* Az' 0% Az 0% HO ,

Oxalate d'urée a CMl* Az' 0^ C* H' 0«,

Urée et sels:

Chlorure de sodium et urée . C li* Az' 0\ Na CH- a HO , Chlorure de mercure et urée . Q? H* Az' 0% a Hg Cl , Nitrate de soude et urée . . . C H* kû 0\ Az 0% Na G , Nitrate de chaux et urée . . . C» H* Az' 0% Az Q\ Ca O , V. . ^. . . A (CMl*Az'0% .\zO\AgO,

Nitrate dargent et urée.. . . j c^l^Az^O», a AzON AgO.

La composition de l'urée est exprimée par la formule Ç?WkûO\

URÉES COMPOSÉES. 767

URÉES COMPOSÉES.

§ 1317. Lorsqu'au lieu de traiter l'acide cyanique par Tammoniaquc, on fait agir sur ce produit dos ammoniaques composées (méthy lamine» élhylamine, amylamine, etc.), on obtient des urées composées (méthylurée, élhylurée, amylurée, etc.), qui ne diffèrent de l'urée normale qu'en ce qu'une molécule d'hydrogène s'y trouve remplacée par les groupements méthyle, éthyle, amyle, elc; c'est ce qu'indiquent les équations suivantes :

C»AzO, AzH*0 -C H* Az'O»,

"uréeT

C'AzO, C' H« AzO = C* H* Az'O',

Méttaylorée.

C'AzO, C* H» AzO = C« H» Az'0%

Étbylorée.

C'AzO, C'*H»*AzO = C'H'^Az'OS

AnoTliirte.

Ces mêmes composés s'obtiennent doués de propriétés identiques , en faisant réagir l'ammoniaque sur les divers éthers cyaniques :

C'AzO, C» IP 0 -+- AzH^ = e W Az'0%

Cyantte de méthyle . Méttaylarée .

C^AzO, C* H* 0 4- AzH^ = C« H* Az'0^

Cyanate d^tbyle. Étbylarée.

C'AzO, C'*H" 0 H- AzH^= C''H'*Az»0'.

Cyanate d'amyle. Amylorée.

Si , au lieu de faire agir de l'ammoniaque sur l'éther méthylcyanique, on fait agir la méthylamine, l'éthylamine, l'anylamine, etc., on obtient

La diméthylurée C« H» Az^ C^

La méthyléthy lurée .... C« H'» Az» 0\ L'amylméthyluréc C'^H'^Az'O».

708 ACIDE HIPPURIQUE.

L'action des différentes bases ammoniacales sur l'éther cyanNju. donne des urck^s analogues.

L'action de Toau sur les cyanates do méthyle, d'éthyle, «J^myle, etc., donne la diméthylurôe, fo diéthylurée, la diaiD\iu rée , etc. , ainsi que l'expriment les équations suivantes :

2(C* H' AzO') + aHO ^ aCO'-i- C« H» Az'0%

Élher mclbylcyanique. DiméUiTlarèe.

i(C* W AzO')-f-aHO-- aCO' -|-C/*H"A2'0%

Élher cyaniqoe. bléibylaree.

a(C"H"AzO')-+-aHO = !iCO'-f-C"H"Az»0*,

ÉUicr omylcjaniquo. OUmylorte.

Ces derniers produits sont entièrement identiques à ceux qu\r obtient par la méthode précédente. Nous n'insisterons pas davantage sur ces résultats remarquables, dont on doit la découverte «• M. Wurlz.

AQDE HIPPURIQUE.

§ 1318. Cet acide, signalé successivement par Rouelle, Fourrrr) et Vauquelin dans l'urine des herbivores, fut étudié d'une manièrr approfondie par M. Liebig, qui en a fait connaître la véritable nature. Ce dernier a reconnu que non-seulement cet acide eiisir dans l'urine do ces animaux , mais qu'on le rencontre encore dan> l'urine humaine , et notamment dans le cas de ringestion de sul^ stances renfermant de l'acide benzoïque ou ses analogues, ou di moins capables de le fournir.

C'est à l'état de sel de soude ou d'ammoniaque que l'acide hijvpurique se trouve dans l'urine. Pour l'en extraire , on évapore aliquide jusqu'au huitième de son volume environ, puis on y ver?i' un léger excès d'acide chlorhydrique ; on voit bientôt se sépaivr un corps cristallin do couleur jaunâtre, qui constitue l'acide impur. Pour le purifier, on le fait bouillir avec un lait de chaux, <>n précipite le liquide filtré par un excès de carbonate de {totassc ou do soude^ on fait bouillir, on filtre et l'on décompose de nouveau par un sel de chaux , puis on verse dans la liqueur filtrée de l'acide chlorhydrique. Le carbonate de chaux entraîne, en se précipitant , la matière colorante d'une manière tellement complète que l'acide hippurique s'obtient d'une blancheur parfaite.

ACIDE HIPPURIQUE. 769

La quantité d'acide hippurique contenu dans les urines des différents herbivores présente d'assez grandes variations.

M. Dessaignes a reproduit tout récemment lacide hippurique en faisant réagir le chlorure de benzoïle sur le glycocolle zincique dans un tube fermé à 120 degrés ou par un contact prolongé à la température ordinaire. C'est ce qu'exprime l'équation

C* H^ Cl 0^ 4- C W Zn Az 0* - Zn Cl 4- C» W Az 0«.

Cblor. do bonxoïle. GljcocoUe clnclqae. Ac. hlpporiqao.

§ 4319. A l'état do pureté, cet acide cristallise en gros prismes blancs et transparents , terminés par des sommets dièdres. Leur pesanteur spécifique est de 1^08. Ils ont une saveur légèrement amère et rougissent fortement le tournesol. Ils exigent Goo parties d'eau froide pour se dissoudre ; l'eau bouillante ot l'alcool les dissolvent facilement; l'éther n'en dissout que des traces, ce qui permet do le séparer de l'acide benzoïque.

Lorsqu'on le soumet à l'action de la chaleur, il fond d'abord et se décompose en donnant une substance rougeâtre, d'apparence résineuse , ainsi qu'un abondant résidu de charbon ; on obtient en outre un sublimé d'aCide benzoïque, du benzonitryle et de l'acide cyanhydriquc.

Distillé avec trois ou quatre fois son poids de chaux , il donne un résidu de carbonate, et l'on obtient de l'ammoniaque ainsi qu'une huile odorante , qui paraît être de la benzine.

L'acide chlorhydrique concentré et bouillant dissout de grandes quantités d'acide hippurique. Si l'on maintient Tébullition pendant quelque temps, ce dernier se dédouble en acide benzoïque et glycacolle, en fixant 2 équivalents d'eau. C'est ce qu'exprime l'équation suivante :

C'»IPAzO«4-allO-C'*H«0»-hC*H*AzO\

Ac. Iilppariquo. Ac. beoxoYquo. Gifrocolle.

L'acide sulfuriquc étendu et bouillant, Tacide azotique, l'acide phosphorique et l'acide oxalique lui-môme produisent le mémo dédoublement.

Bouilli pendant quelque temps avec une dissolution de potasse ou de soude caustique, l'acide hippurique se convertit pareillement on benzoate et glycocolle.

770 ACIDE HIPPURIQUE.

L'acide hippurique se dédouble également en présence de certains ferments qu'on rencontre notamment dans Turine, en donnant encore naissance à de l'acide benzoïque.

Un mélange d'acide sulfurique et de peroxyde de manganèse décompose rapidement l'acide hippurique à la température de Tébullition; de l'acide carbonique se dégage, et la liqueur. bouillante laisse déposer par le refroidissement une abondante cristallisation d'acide benzoïque, tandis qu'elle retient en dissolution du sulfate d'ammoniaque et du sulfate de protoxyde de manganèse.

Le peroxyde de plomb décompose l'acide hippurique en dissolution dans l'eau à la température de l'ébullition ; de l'acide carbonique se dégage , et l'on obtient de la benzamide.

L'acide azoteux produit par sa réaction sur l'acide hippurique un dégagement d'azote, ainsi qu'un acide de composition ternaire, auquel on donne le nom d'acide benzogiycollique. La formation de ce produit s'explique au moyen de l'équation

C'«H'»AzO'-hAzCP = C"'H''0»-hH0 + îiAz.

Ac. hlppurlqne.

La meilleure méthode dont on puisse faire usage pour la préparation de cet acide consiste à former une bpuillie claire avec de l'acide hippurique en poudre et de l'acide azotique du commerce et à y faire passer un courant de bioxyde d'azote. Lorsque le dégagement de ces gaz n'est pas trop rapide , il est absorbé tout entier, et l'on voit se dégager du sein du mélange de petites bulles d'azote; l'opération exige cinq à six heures pour être complète. On recueille le précipité, on le lave à l'eau froide , on neutralise par un lait de chaux , puis on décompose par l'acide chlorhydrique le benzoglycollate calcaire.

La composition de l'acide hippurique est représentée par la formule

C'-H'AzO^.

Les hippurates retiennent tous i équivalent d'eau et sont remarquables par leur belle cristallisation.

AQDE URIQUE.

§ 1320. Cet acide fait partie de la sécrétion urinaired'un grand nombre d'animaux. On le rencontre dans les excréments des oiseaux , dans les urines boueuses des serpents , les excréments des vers à soie, et les calculs urinaires de l'homme.

Chez rhomme , l'acide urique est assez rare; on observe sa formation en quantité notable sous l'influence d'une nourriture azotée surabondante et par le défaut d'exercice.

L'acide urique s'extrait facilement soit des calculs urinaires, soit des excréments des serpents. On fait bouillir ces matières pulvérisées avec une lessive faible de potasse ou de soude caustique, on filtre la liqueur, puis on y ajoute de l'acide chlorhydrique. Il se dépose des flocons qui peu à peu se contractent et présentent l'aspect de petites paillettes briilantes.

Ainsi préparé , l'acide urique est anhydre. Lorsqu'on expose la dissolution d'un urate alcalin à une basse température , puis qu'on y ajoute de l'acide chlorhydrique, il se dépose des paillettes blanches qui contiennent 17,5 pour 100 d'eau.

L'acide urique anhydre est représenté par la formule

C'Az^H^O".

L'acide hydraté eA représenté par

C'»Az*H*0«-+-2nO.

L eau à i5 degrés n'en dissout que -p^ de son poids et -rrr» ^ la température de l'ébuUition.

Lorsqu'on traite Tacide urique par l'acide nitrique, on obtient des produits nombreux dont la nature varie avec la température et le degré de concentration de l'acide employé , sur lesquels je vous donnerai tout à l'heure quelques détails.

La liqueur provenant de l'action de l'acide nitrique sur l'acide urique , étant concentrée , jouit de la propriété de développer une couleur rouge pourpre, lorsqu'on la traite par l'ammoniaque.

Soumis à la distillation en vases clos, l'acide urique se décompose, on trouve parmi les produits do cette décomposition de l'urée est de l'acide cyanurique.

Fondu avec de l'hydrate de potasse, il se décompose en donnant

77a ALLOXANE.

du carbonate de potasse , du cyanate de potasse et du cyanure de

potassium.

L'acide uriquo mêlé à une quantité d'eau ca^iable d'en faire une bouillie claire, étant chauffé avec du peroxyde de plomb en poudre 6ne , il se dégage de Tacide carbonique , il se produit de Toxalate de plomb , et la liqueur filtrée retient en dissolution de Turée et de Valtantoïne. On a

C''H*Az*0*4-3H»0 + 20 = 2e0^4-C*CPAz»H*-hC*(PAz'H^

Acide ariqae. Urée. AUantoIao.

Les urates de potasse , de soude sont les seuls qui soient solubies dans l'eau. ' Ces sels ont pour formule

C'»H*A2*0«, KO et C'*H*Az*0«, NaO.

ALLANTOÏNE.

§ i32i. Cette substance cristallise en prismes blancs d'un éclat vitreux. Elle est insipide, sans action sur le tournesol; i^eu solublc dans l'eau froide, plus soluble dans l'eau bouillante.

Sous l'influence des dissolutions alcalines bouillantes, elle se convertit en acide oxalique et ammoniaque, ce qui s'explique facilement , cette substance pouvant être représentée par i équivalents d'oxalate d'ammoniaque anhydre, moins 3 atomes d'eau.

§ i32â. On rencontre dans la vessie de l'homme des calculs formés d'une matière à laquelle on a donné le nom dHoxjde xanthique et qui est représentée par la formule

Celui-ci ne diffère , comme on le voit, de l'acide urique que par 2 molécules d'oxygène.

ALLOX.\NE. - ALLOXANTINE.

§ i323. C'est l'un des produits de l'action de l'acide azotique sur l'acide urique. Pour le préparer, il faut ajouter à i partie d'acide urique 4 parties d'acide azotique de i,4 à i,5 de densité, par petites ])ortions à la fois. L'acide urique se dissout avec effervescence ; il est îmi)ortant de refroidir le mélange pour éviter une dôcom-

ALLOXANE. 7/3

|K)sition ultérieure. On voit bientôt se (lé()oser des cristaux blancs dans la liqueur, qui finit par se prendre en masse; on décante alors et on purifie le produit par de nombreuses cristal lisalions dans Teau l)ouillante.

Suivant M. Schliepcr, il est préférable d'employer un mélange de chlorate de potasse et d'acide chlorhydrique.

Valbxanc se sépare do ses dissolutions sous la forme do cristaux, qui peuvent acquérir quelquefois un volume très-considérable. Lorsque ce produit se sépare par refroidissement d'une dissolution saturée à chaud , on obtient des cristaux très-volumineux, contenant 8 équivalents d'eau de cristallisation, et qui s'eflleurissent rapidement à l'air. Les cristaux qui se forment dans une dissolution chaude no contiennent que 2 équivalents d'eau et no s'eflleurissent pas. Les premiers cristaux sont des prismes à base rectangulaire; les seconds sont des octaèdres rhomboïdaux.

L'alloxane est très-soluble dans l'eau, rougit les couleurs végétales et colore l'épiderme en pourpre en lui donnant une odeur nauséabonde.

L'alloxane se combine avec les bases ; mais quand on essaye do la séparer do la combinaison, on obtient un corps acide, qui en diffère par la fixation de % équivalents d'eau ; c'est ce qu'exprime l'équation

€• IP Az' 0» 4- a no = C" \V Az' 0'*.

Une dissolution chaude d'alloxano donne avec de l'eau de baryte un précipité ^alloxanatc de cette base. Fait-on bouillir ce dernier |>endant quelque temps au milieu de la liqueur, il se scinde en urée et en mèsoxalate (le baryte ; c'est ce qu'exprime l'équalion

C"H»Az»0«H-2Ba0 4-4H0 = C'H*Az*0»-|-C«0»aBa0.

Allozaae. Uréo.

Par ébullition avec du peroxyde de plomb, l'alloxane sedécom- |)0se en dégageant de l'acide carbonique pur ; on obtient un précipité d'oxalate de plomb , tahdis que la liqueur retient en dissolution do l'urée. Ces résultats s expliquent au moyen de l'étiuation

eiPAz^O" f2Pb()' I ulM) C/irAz'O' I (VO'zPbO t 2(.0'.

Alioxanc. t'rcc. Ovalalc de plomb .

774 ALLOXANTINE.

L'acide sulfhydrique qu'on dirige à travers une dissolution d'aïloxane le décompose; du soufre se dépose, et Ton obtient une substance désignée sous le nom àlaUoxantiney qui se sépare à Tétat de cristaux tellement abondants , que le liquide se prend en une bouillie épaisse. La formation de Talloxantine s'explique au moyen de l'équation

2(C*H»Az»0«) + aSH = C'*H«Az*0'*-|- aHO -h îS.

Alloiaoe. ÀlIouoUne.

Ce même produit s'obtient soit en plaçant des grenailles de zinc dans une dissolution d'alloxane acidulée par de l'acide chlorhydrique, soit en y ajoutant du protochlorure d'étain. Cette alloxantine, à son tour, se convertit en alloxane sous l'influence d'agents oxydants.

Lorsqu'on fait agir un grand excès d'acide sulfhydrique sur Talloxane, cette substance devient acide; du soufre se dépose, et l'on obtient un produit désigné sous le nom ^ acide dialurique.

La formation de ce produit s'explique à l'aide de l'équation

CHUz^O^-l-aSH = C«H*Az'0»4-aS.

Alloiane. Ac.dialnriqae.

Lorsqu'on fait agir sur l'alloxane tout à la fois de l'acide sulfureux et de l'ammoniaque , on obtient de l'acide thionuriquc , ainsi que l'exprime l'équation suivante :

C*HUz»0"+ AzH^4-2S0'=: C«H*Az'S'0".

AlloMue . Ao. thioourique.

L'alloxane donne , par son ébuUition avec l'ammoniaque, une matière jaunâtre gélatineuse, renfermant un sel dont l'acide, désigné sous le nom d'acide mfcomélinifjue , est représenté |>ar la formule

CMl*Az*0*.

Par un long contact avec l'acide azotique , l'alloxane se transforme en acide parabanique, ainsi que l'établit l'équation

C" H' Az' 0" -h 0' ^ 2 CO' 4- C- II' Az= 0\

Alloxfloe. Ac. parabantquc.

MUREXANE. 775

La composition de l'alloxane est exprimée par la formule

ACIDE THIONUKIOUE.

§ 13â4. Ce composé prend naissance dans Faction simultanée de l'ammoniaque et de Tacide sulfureux sur Talloxane. Il suffît de maintenir quelques instants , à la température de Tébullition , un mélange de ces matières, pour qu'il se déposé par le refroidissement une quantité considérable de feuillets éclatants qui constituent le thionurate d'ammoniaque. Ce sel étant traité par une dissolution d'acétate de plomb , donne un précipité gélatineux qui se change par le refroidissement en fines aiguilles groupées concentriquement. Si l'on décompose le sel de plomb rois en suspension dans l'eau par un courant d'acide sulfhydrique , il se dépose du sulfure de plomb, tandis que le liquide retient l'acide thionurique en dissolution. On en sépare ce dernier par l'évaporation sous la forme d'une masse cristalline formée d'aiguilles blanches très-fmes.

La composition de l'acide thionurique est exprimée par la

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