C^IP^O
TAURINE.
§ 1312. Ce produit résulte de la métamorphose de l'acide taurocholique sous l'influence des alcalis bouillants. On Tobtiont en faisant bouillir la bile avec un excès d'acide chlorliydrique, filtrant,
76a TAURINE.
ajoutant à la liqueur cinq à six fois son poids d*alcool bouillant et laissant refroidir ; la taurine se prend par le refroidissement en cristaux radiés. On la purifie en la redissolvant dans Teau bouillante , d'où elle se dépose par le refroidissement sous la forme dç cristaux volumineux.
La taurine affecte la forme de prismes incolores et transparents. Les cristaux croquent sous la dent et possèdent une saveur piquante. Ds sont parfaitement neutres et ne s'altèrent pas à loo de^ grés. Une température de 220 à 23o degrés ne les altère même pas. A la distillation sèche , ils éprouvent une décomposition complète , donnent une huile brune empyreumatique , un liquide jaune r^ifermant des sels ammoniacaux qui rougit fortement les sols de peroxyde de fer, et laissent un résidu de charbon.
Elle est soluble dans l'eau , mieux à chaud qu'à froid. Elle est presque insoluble dans l'alcool absolu. L'acide sulfurique, l'acide azotique et l'eau régale ne l'altèrent pas, môme à la température de l'ébullition ; sa composition est exprimée par la formule
C'H'AzS'O*.
L'iséthionate d'ammoniaque ne différant de la taurine que par les éléments do 2 équivalents d'eau, comme l'exprime l'équation
C* H* S' 0', Az H* 0 = e H' AzS' C)« -h 2 HO,
Isélblooate d'aminoDiaqoe. Taurine.
M. Strecker a pensé qu'en soumettant ce sel à l'action d'une teml)érature convenable il pourrait se convertir en taurine; c'est co que l'expérience a pleinement réalisé. Si l'on maintient, en effet, le sel précédent pendant quelque temps à la température de 220 degrés, il perd 10 à 12 pour 100 d'eau, laissant un résidu jaunâtre qui, purifié par l'alcool et l'eau, donne de magniûques cristaux qui présentent l'identité la plus complète avec la taurine naturelle. Ce mode de reproduction do la taurine est fort remarquable et rend parfaitement compte de sa constitution , mais ne nous laisse guère prévoir comment elle a pu prendre naissance au sein de l'organisme vivant.
MM. Valenciennes et Fremy ont signalé tout récemment l'exislence de ce produit dans les muscles des mollusques.
CHOLESTÈRINE. 7G3
CHOLESTÉRINE.
§ 1313. Cette substance, dont M. Chevrcul a signalé Toxistenco dans la bile normale de l'homme et de plusieurs animaux , se rencontre dans le sang, dans le cerveau, dans le jaune d'œuf, et forme la presque totalité des calculs biliaires. C'est de ces derniers qu'on la retire en les faisant bouillir avec de l'alcool et du charbon animal. Par le refroidissement, la cholestérine se dépose sous la forme de lamelles d'apparence nacrée, qui sont plus légères que l'eau.
La cholestérine est blanche , dépourvue d'odeur ci de saveur, insoluble dans l'eau, peu soluble dans l'alcool froid, mais très-soluble dans l'alcool bouillant, d'où elle se dépose par le refroidissement sous la forme de lames cristallines. Elle se dissout dans réther, Tesprit-de-bois , l'essence de térébenthine, ainsi que dans les huiles grasses; elle fond à 187 degrés en un liquide incolore, qui se prend par le refroidissement en une masse feuilletée.
Soumise à la distillation , la cholestérine se décompose partiellement en donnant des produits huileux, des matières solides et des gaz.
La potasse bouillante n'attaque pas la cholestérine , mais la chaux potassée l'attaque à aSo degrés ; de l'hydrogène se dégage en abondance , et Ton obtient une matière grasse particulière.
Soumise à la distillation avec de l'acide phosphorique anhydre ou de l'acide sulfurique au maximum de concentration, la cholestérine se décompose en donnant naissance à des carbures d'hydrogène.
L'acide azotique attaque la cholestérine et la transforme en différents produits, qui n'ont pas été suffisamment étudiés.
La composition de la cholestérine est représentée par la formule
C"lPO'-|-îiHO.
Les carbures d'hydrogène résultant de l'action de l'acide phosphorique anhydre sur la cholestérine, sont représentés par la formule
Leur formation s'explique au moyen de l'équation C"H"0'^ C" H" -h 2 110.
764 PIUNaPES IMMÉDIATS AZOTÉS DE L'URINE.
ACIDE LITHOFELLIQUE.
§ 1314. Co composé forme la presquo totalilé des brzoani^ orientaux. Pour Ten extraire, il suffit de les faire bouillir avec»!» Talcool. La dissolution laisse déposer par le refroidissement dt>r croûtes cristallines plus ou moins fortement colorées. On le pu^i6^' en le faisant redissoudre dans de Talcool, auquel on ajoute do charbon animal. L*acide lithofellique se dépose alors sous la fonc de petits prismes rhomboïdaux.
Cet acide fond à 2o5 degrés et se prend par le refroidissement en une masse cristalline. Si Ton chauffe un peu plus fortement, il donne une masse transparente et amorphe , mais dont la comptesition est exactement la même.
Soumis à la distillation sèche , il perd 2 équivalents d*cau ot >c> transforme en une huile acide, qu'on désigne sous le nom d^aatk pyrolUfiofelitfiue,
La composition de Vacido lithofellique est exprimée par la formule
c*«ip«cy.
PRXiroiFEs nmâDXATs Axonbs bb i.^u&iitB.
§ 1315. L*urine des divers animaux contient différents princi|)0^ cristallisables et bien définis que nous allons successivement (lasser en revue. La plupart de ces curieux composés peuvent s'u^Ui^ uir avec la plus grande focilité par des procédés de laborat'ir' doués d'une identité complète avec ceux qui se sont formés sou> l'influence do la force vitale.
Tandis que les matières organiques ternaires se brûlent (Lin> réconomie vivante pour donner naissance en dernier lieu à »!*' Tacide carbonique et à do la vapeur d'eau, les matières azolei^ éprouvent une décomposition telle, que l'azote se retrouve presque en entier dans l'urée et l'acide urique qui font partie de rurimde tous les carnivores.
Chez les animaux à sang chaud l'urée prédomine ; chez les animaux à sang froid on no relrouvc presque que de l'acide uriqu< .