TRANSFORMATION DE LA FONTE EN FER DOUX
§ 706. Cette opération s'exécute par deux procédés, que Ton nomme i^ffinage au petit foyer et affinage au four à réperhère.
L'affinage au petit foyer donne un fer très-doux et par conséquent de très-bonne qualité , mais qui revient très<;her à cause de la main-d'œuvre. Cet affinage se fait dans un foyer qui ne diflère pas sensiblement do la forge catalane. On remplit la cavité de combustible et l'on donne peu à peu tout le vent du soufflet. Lorsque le feu est en pleine activité , on fait pénétrer au milieu du charbon incandescent et au-dessus de l'ouverture de la tuyère, une gueuse de fonte qu'on monte sur des rouleaux afin de pouvoir la manœuvrer plus commodément. La fonte est uniquement composée de fer et de carbone, quand on l'a obtenue au charbon de bois, et de fer, carbone et silicium, quand on l'a obtenue au coke. Lorsque la gueuse est au milieu du feu, elle ne tarde pas à fondre et tombe en gouttelettes sous le vent de la tuyère; alors le carbone et le silicium brûlent, ainsi qu'une partie du fer : il se forme de l'acide carbonique qui passe bientôt à l'état d'oxyde de carbone et de l'acide silicique qui s'unit à l'oxyde de fer formé, de sorte qu'il en résulte des silicates de fer. La composition de ces silicates est variable, mais elle tend en général vers la formule
SiO», 3FeO.
Si l'on chauffe au contact de la fonte un silicate plus basique , une portion de l'oxyde est réduite par le caii)one et le silicium de la fonte, et le silicate tend à revenir à la composition précédente. La fonte peut même réagir sur ce dernier silicate, mais beaucoup plus difficilement, de sorte que les silicates qui tendent à se former se rapprochent de cette formule. C'est sur cette réaction fort simple qu'est basée la conversion de la fonte en fer ductile.
Le métal fondu tombe au fond du creuset, y prend de la consistance et s'épaissit de plus en plus en se décarburant, ce qui tient à ce que le fer est beaucoup moins fusible que la fonte. L'ouvrier agite avec un ringard cette masse pâteuse pour la réunir ; on dit alors que le fer prend nature. Quand on juge qu'il y a assez de métal fondu , on retire la gueuse , on augmente tout à la fois la
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chaleur et le vent, afin de rendre la matière plus fluide, puis, avec des ringards, des ouvriers soulèvent la loupe pour l'exposer au vent du soufflet; c'est ce qu'on nomme avaler la loupe. Enfin, quand le fer semble assez affiné, on porte la loupe sous un marteau mû par une machine hydraulique , on la comprime ainsi fortement dans tous les sens, après quoi on la divise en lopins qu'on fait chauffer de nouveau avant de les forger en barres.
Le fer qu'on obtient par cette méthode est de très-bonne qualité, mais il en résulte un déchet très-considérable. Ainsi, de 100 kilogrammes de fonte on ne retire en moyenne que 75 kilogrammes de fer ductile.