AFFINAGE DE LA FONTE PAR LE PROCÉDÉ ANGLAIS
§ 707. On s'est proposé, en Angleterre, d'affiner la fonte par un procédé qui permit d'obtenir, dans le plus court espace de temps, la plus grande quantité de fer, et surtout de substituer, dans les procédés d'affinage , la houille au charbon de bois, perfectionnement indispensable dans un pays où le bois est rare et cher, tandis que la houille s'y rencontre en grande abondance. Mais ici se présente une difficulté; en effet, si Ton opère comme dans les hauts fourneaux, c'est-à-dire en disposant le combustible et le minerai par lits alternatifs, le sulfure de fer, qu'on rencontre souvent dans les houilles, donnerait naissance à la production d'un sulfure de fer qui, passant dans la fonte, nuirait à la qualité du fer. L'affinage par la méthode anglaise se divise en deux phases distinctes comme dans la méthode du petit foyer, dont la seconde a précisément pour objet de ramener le fer à l'état métallique en le débarrassant des matières qui le rendent impur, sans qu'il ait le contact du charbon au moyen de la flamme seule.
La première opération s'appelle {efinage, la seconde \epiuidUige, L'opération du fiuage a pour but de faire arriver la fonte liquéfiée par l'action de la chaleur dans un courant d'air. Les gouttelettes , se trouvant dans une atmosphère oxydante , perdent les matières que l'oxygène peut brûler, savoir le silicium et une partie du carbone. Gomme les fontes qu'on traite ainsi sont généralement obtenues dans les hauts fourneaux à coke, elles renferment une assez .forte proportion de ces matières. Les silicates qui prennent naissance dans cette opération 9e rassemblent en scories II. \f\ ♦
i58 DES FONTES.
dont la pesanteur spécifique est moindre que celle de la fonte , et qui, par conséquent, nagent au^lessus du métal fondu. Quand le combustible est affaissé et que la fonte est en pleine fusion , les tuyères donnent leur vent à la surface du bain métallique liquide, et projettent dehors une partie du laitier qui recouvre la surface. Le laitier obtenu dans le finage contient une plus forte proportion d oxyde métallique que celui des hauts fourneaux. Il renferme aussi des silicates qui proviennent du silicium qui était combiné avec le métal , et qui a été brûlé par le vent des soufflets. Lorsque Topération est terminée, l'ouvrier fait écouler le métal dans une rigole, où il s*étend sous forme de nappe; il le refroidit alors brusquement par des affusions d'eau froide : on obtient de la sorte une fonte blanche très-cassante, moulée sous forme de placpies, à laquelle on donne le nom ù^ fine-métaL
Par cette première opération , qu'on appelle \q finage y on enlève à la fonte la majeure partie de son silicium ; pour lui enlever son carbone , on la soumet à une nouvelle opération à lacpielle on donne le nom de pudtUage,
Le four à puddler est une sorte de fourneau à réverbère [fig. 181],
FIg. IHI.
dont la flamme est attirée du foyer par-dessus la sole où se fait le puddlage de la fonte jusqu'à la cheminée. Il se compose d'une grille ( fig, 18'jiel i83, Pi. f JJ) ou foyer A où l'on met le combustible.