‹ Leçons de chimie générale élémentaireChapitre 55 sur 267 · DES FONTES · texte numérisé non relu

DES FONTES

une porte £ permet à l'ouvrier de s'assurer si la combustion est assez active, d'apporter du combustible et de donner de l'air si l'on craint que la masse d'oxygène ne soit pas assez considérable dans le fourneau. Vient ensuite la sole B, dont le fond est en fonte et les doubles parois en pierres réfractaires. Il existe entre la sole et la grïtle une sorte de pont P qui empêche que la flamme ne soit immédiatement en contact avec la sole et la force de s'élever audessus. La couverture du fourneau G s'abaisse de la grille à la sole; elle est construite en briques réfractaires peu épaisses, parce que cette partie de l'appareil a souvent besoin de réparations qui exigent qu'on la démonte , aussi bien que la toiture en fonte qui recouvre cette paroi réfractaire. Au delà de la sole vient la cheminée C , qui eu est séparée par un second pont P'. La cheminée porte à son sommet un registre qui sert à régler le tirage; la cheminée ellemême s'élève à 9 ou 10 mètres au-dessus du sol. On commence par remplir de combustible la grille dont le fond est formé de matières excessivement réfractaires, et, pour activer le tirage, on ouvre le registre. La sole en fonte est recouverte de sable fin S ou de scories rendues moins fusibles que les scories ordinaires, et que l'on emploie porphyrisécs. Le fond de la sole est , de cette manière, parfaitement uni , on le charge de fine-métal , et quand l'opération est commencée, on ferme le registre et on laisse le puddlage se faire dans le temps convenable. Pour s'assurer que l'opération marche bien , l'ouvrier peut ouvrir une petite ouverture qui donne sur la sole. Quand il a besoin de travailler dans l'intérieur, il y rentre par la porte Q.

Le métal étant ainsi disposé sur la sole, on le voit bientôt rougir, puis blanchir sous l'action de la chaleur; il s'échappe de sa surface de petites flammes bleues provenant de l'oxyde de carbone. Le tirage est assez fort pour que la sole se trouve toujours dans une atmosphère oxydante et que la flamme non-seulement passe' dans la cheminée , mais encore sorte par sa partie supérieure. C'est même à ce dernier signe qu'on reconnaît quelquefois si l'opération marche bien. Dès que le fine-métal a pris un état demi-pulvérulent, demi-pàteux, l'ouvrier commence à travailler la fonte , à la puddler, comme on dit. Il retourne la masse de manière que toutes ses parties arrivent successivement au contact de l'oxyde de fer , qui brûle par son oxygène le carbone qui ren-

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dait encore le métal impur. C'est à la couleur seulement que l'ouvrier reconnaît si la matière a été suflSsamment brassée. Plus on prolongerait l'opération, plus le métal serait pur, mais aussi plus on en perdrait. Il faut donc arrêter le puddlage au moment où paraît la couleur du métal , moment qu'une grande habitude permet à l'ouvrier de saisir.

On roule alors avec un ringard une petite masse de métal , à laquelle s'agglutinent bientôt des parcelles métalliques moins considérables. Quand cette loupe a acquis une grosseur suflSsante, on la retire et on la porte sous le martinet, où on la frappe jusqu'à ce qu'elle ait pris la forme parallélipipédique. La petite quantité de scories qui restait dans la masse est exprimée par ces chocs réitérés. Quand le bloc de fer a été suffisamment battu, s'il est encore chaud, on le passe sous les cylindres préparateurs, puis sous les cylindres étireurs.

Dans le puddlage comme dans l'affinage au petit foyer, la conversion de la fonte en fer ductile s'effectue par l'action réciproque du carbure de fer et des silicates de fer très-basiques avec lesquels il est en contact.

Pour terminer l'histoire des produits d'arts obtenus au moyen du fer, nous dirons quelques mots des aciers.

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