ZINC
§ 739. La découverte du zinc remonte à une époque assez éloignée ; les anciens le faisaient entrer dans la composition de plusieurs alliages.
Ce métal n'existe pas à Tétat natif, on le rencontre soit combiné avec le soufre et il constitue alors le minéral connu sous le nom de blende, soit combiné à Tacide carbonique et il forme dans ce cas la calamine >
Le zinc du commerce n'est pas pur; il contient en proportion assez minime, il est vrai, mais d'une manière assez constante, du fer, du plomb, de l'arsenic, etc., dont on le débarrasse en lui faisant subir une ou plusieurs distillations. A cet effet, on opère de la manière suivante : On prend un creuset de terre , dont le fond percé d'un trou est muni d'un tube également en terre s'élevant dans l'intérieur du creuset, environ à la moitié. Ce tube traverse le fromage, la grille et le fond du fourneau, puis va se rendre audessus d'un vase contenant de l'eau. L'appareil ainsi disposé , le creuset contenant environ la moitié de son volume de zinc , on lute avec soin toutes les jointures et l'on élève la température
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jusqu'au rouge blanc. Le métal donne alors des vapeurs qui traversent le tube où elles se condensent en un liquide qui tombe goutte à goutte dans le vase destiné à le recevoir.
Ainsi distillé , le zinc contient encore du plomb que la distillation entraîne toujours, quoique ce métal soit moins volatil que lui. Aussi le meilleur moyen pour obtenir le zinc pur, consiste-t-il à réduire Toxyde par le carbone. On fait un mélange intime d'oxyde de zinc et de sucre que l'on soumet à la carbonisation dans un creuset. La matière charbonneuse est introduite dans un tube de porcelaine que l'on chauffe à une température convenable; si l'on a eu soin d'incliner légèrement le fourneau, le métal réduit se volatilise et vient se condenser dans la partie moins chaude du tube, et coule ensuite dans un vase plein d'eau disposé pdur le recueillir. Si le tube venait à s'obstruer, il faudrait détacher le métal avec une baguette de verre , ou mieux avec une tige de fer.
§ 740. Le zinc pur possède une couleur bleuâtre. Sa cassure est cristalline. Par un refroidissement lent , il cristallise en groupes de prismes à quatre pans. Cassant à la température ordinaire, il le devient bien davantage encore lorsqu'on le chauffe au-dessus de 200 degrés; il est alors tellement friable, qu'on peut facilement le réduire en poudre par l'action du pilon. Mais, chose remarquable à laquelle on n'eût certes pu s'attendre et d'où dérivent ses nombreuses applications, il jouit d'une très-grande malléabilité lorsqu'on le maintient entre 100 et i5o degrés.
Chauffé au contact de l'air, il brûle avec beaucoup d'éclat en répandant des fumées blanches , phénomène dû à ce que l'oxyde de zinc formé , qui est fixe , se dépose dans la flamme à la manière du noir de fumée dans la flamme de gaz de Téclairage , et porté à l'incandescence rayonne une vive lumière. La densité du zinc fondu est de 6,86; celle du zinc laminé est 7,t2ti. Il fond entre 45o et 5oo degrés, et distille à la chaleur blanche. Le poids de son équivalent est égal à 33.
Le zinc est un métal très-oxydable ; sa surface se ternit promptoment à l'air, mais la couche très-mince d'oxyde qui s'y dépose forme une sorte do vernis qui préserve le reste du métal de l'oxydation.
Le zinc décompose la vapeur d'eau au-dessus de 100 degrés, il se dissout dans la plupart dos acides avec dégagement d'hydrogène.