‹ Leçons de chimie générale élémentaireChapitre 80 sur 267 · CARBONATE ET HYDROGARBONATE DE ZINC · texte numérisé non relu

CARBONATE ET HYDROGARBONATE DE ZINC

§ 744. Le carbonate de zinc constitue le minéral connu sous le nom de calamine; c'est le minerai de zinc le plus important. Lorsqu'on verse une dissolution d'un carbonate alcalin dans une dissolution de sulfate de zinc , on obtient un précipité gélatineux qui n'est point du carbonate anhydre, mais bien de l'hydrocarbonate, qui a pour formule

faZnO, CO'-h3ZnO, HO).

§ 745. La plus grande partie du zinc consommé dans les arts s'extrait de la calamine; on en retire une bien moindre quantité de la blende.

La calamine est un carbonate de zinc accompagné d'ordinaire do silicate de zinc et d'oxyde de fer; elle renferme en outre une proportion plus ou moins considérable de gangue. On en distingue deux variétés, l'une blanche et l'autre rouge; la seconde est plus ferrugineuse que la première, mais son traitement est plus facile. La blende est un sulfure de zinc qui renferme du sulfure de fer et des gangues en proportions variables.

Quel que soit celui des deux minerais sur lequel on opère, il faut commencer par lui faire subir un grillage, c'est-à-dire une

calcination à l'air. Dans le cas de la blende , ce grillage a pour bu t de brûler les deux éléments du sulfure et de le ramener à Yétskt d'oxyde; dans le cas de la calamine, on élimine l'acide carbonique, on transforme ainsi le carbonate en oxyde , et par suite de ce dégagement gazeux on rend la matière plus friable , et par suite plus facile à pulvériser.

Une fois qu'on s'est procuré de l'oxyde de zinc par ce premier traitement, il suffit, pour en opérer la réduction, de le mêler intimement avec du charbon et de soumettre ce mélange à l'action d'une température élevée ; il se dégage ainsi de l'oxyde de carbone et des vapeurs de zinc qu'on peut condenser dans des appareils convenablement disposés.

Le principe de l'extraction du zinc est, comme on voit, des plus simples; quant aux procédés d'extraction employés dans les usines, ils se ramènent à deux principaux qu'on désigne sous les noms de \}rocédé& per asce/isum et per fiescensiwi ; nous allons les indiquer d'une manière sommaire.

§ 746. £n Belgique, où l'on suit la première méthode, on introduit le mélange dans des cylindres de terre fermés à un bout, de I mètre environ de longueur et o"*,! 5 de diamètre intérieur. On engage dans chacun de ces tubes (Jig. 187) un tuyau conique

Fl|t. 187.

en fonte de o'",4o de longueur qui fait fonction de récipient et dans lequel vient s'emboîter un autre tuyau conique en tôle de plus petite dimension, dont l'extrémité ne présente qu'une ouverture de o^joa. Le cylindre étant fortement chauffé, les matières réagissent l'une sur l'autre, l'oxyde de carbone se dégage dans l'atmosphère, et les vapeurs de zinc viennent se condenser dans les tuyaux coniques qui sortent du fourneau. On dispose quatre douzaines de ces appareils sur huit rangées dans le sens de la hauteur du four ; on accole souvent l'un à l'autre quatre de ces fours. A

laide de cette disposition, chaque opération fournit une assez forte proportion de métal.

En Silésio, le cylindre de terre se trouve remplacé par un moufle en semblable matière [Jig. 188) de i", 40 environ de long,

o",55 de haut et de o™,22 de large. La face antérieure do ces moufles est percée de deux ouvertures. L'ouverture inférieure, qui sert à retirer le résidu de la distillation, demeure- fermée -pendant l'opération; on se sert, à cet effet, d'un tampon d'argile qu'on lute exactement. Dans l'ouverture supérieure on engage un tube en terre coudé à angle droit et muni d'une ouverture par laquelle on peut introduire le mélange de charbon et de minerai. Cette ouverture est fermée, pendant la durée de la distillation, par un bouchon d'argile ; c'est par ce tuyau coudé que se dégagent les vapeurs do zinc qu'on recueille dans des condenseurs.

Dans les appareils que nous venons d'indiquer, les vapeurs de zinc sont forcées , en abandonnant la masse d'où elles se dégagent, de se volatiliser; de là le nom de procédés y^^r eiscensuni, par lesquels on les désigne.

En Ai^leterre, on suit une méthode toute différente. On introduit le mélange dans un creuset de terre dont le fond est percé d'un trou dans lequel vient s'engager un tuyau de fer [fig, 189), qui traverse un trou ménagé dans la sole du four et va déboucher à Textérieur. On bouche l'ouverture supérieure du tube avant le chargement au moyen d'un tampon de bois qui devient assez poreux

iga EXTRACTION DU ZINC,

en se carbonisant pour laisser passer la vapeur de zinc tout en retenant le minerai. Chacun de ces creusets est muni d'un couvercle qu'on lute avec de Targile de manière à former une fermeture très-exacte. Le zinc se condense dans le tube de fer et vient se rendre sous forme de gouttelettes dans un récipient plein d'eau disposé au-dessous.

Flf. 189.

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