‹ Leçons de chimie générale élémentaireChapitre 81 sur 267 · CARACTÈRES DES SELS DE ZINC · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DES SELS DE ZINC

§ 747. Les sels de zinc sont incolores quand les acides qui entrent dans leur composition ne sont pas colorés. Leurs dissolutions donnent avec la potasse, la soude et l'ammoniaque, des précipités blancs solubles dans un excès du réactif.

Les carbonates alcalins donnent des précipités blancs d'hydrocarbonate. Le prussiate de potasse donne également un précipité blanc de cyanoferrure de zinc.

L'hydrogène sulfuré est sans action sur les sels acides. Les hy-

CADMIUM. 193

dnisul£Eites donnent un précipité blanc caractéristique , insoluble dans un esLcès de réactif, mais que les acides azotique et chlorhydru^ue , même trè&-dilués, redissolvent avec la plus grande facilité. Dans la flamme intérieure du chalumeau les sels de zinc donnent arec le carbonate de soude un enduit jaune tant qu'il est chaud , mais qui devient blanc après le refroidissement. Humectés d'azotate •ip cobalt , ils donnent, lorsqu'on les chauffe au rouge , une matière verte,

CADMIUM.

§ 748. A côté du zinc vient se placer un métal qui l'accompagne presque constamment dans ses minerais, auquel on a donné le nom de cadmium. De même qu'on rencontre rarement du minerai de c^^Milt exempt de nickel et de minerais de fer exempts de manganèse, de même on trouve rarement des minerais de zinc dépounus de cadmium. Néanmoins, ce métal ne s'y rencontre d'ordinaire qu'en proportions très-faibles. Comme de ces deux métaux le cadmium est le plus volatil , il s'ensuit que dans le traitement métalhirgique du zinc ce métal se dégage le premier et vient brûler à Tair avec les premières portions de zinc distillé. Il se condense ainsi dans les récipients une poussière brunâtre qu'on désigne sous le nom de cadmie, renfermant environ 5 pour 100 d'oxyde de cadmium. En redistillant cette poussière avec du charbon et ménageant la température, on obtient du cadmium qui ne renferme que très-peu de zinc ; on l'en débarrasse par de nouvelles distillations.

Par ses propriétés physiques , le cadmium vient se placer entre le zinc et l'étain. Plus blanc que le premier, il l'est moins que le second. H jouit d'une assez grande ductilité et d'une grande malléabilité ; on peut l'étirer en fils très-fins et en faire des feuilles trèsminces. Sa densité est de 8,7.' Il fond au-dessous du rouge. Sa vapeur s'enflamme et brûle avec un vif éclat. La vivacité de la flamme s'explique par les mêmes raisons que nous avons données pour le zinc, § 740.

Il forme un oxyde brunâtre et un sulfure d'un beau jaune , ce qui le rapproche de l'étain; mais l'oxyde est soluble dans l'ammoniaque, et le sulfure est complètement insoluble dans les dissolutions de sulfures alcalins, ce qui le fait incliner vers le zinc.

§ 749. Les sels de cadmium sont incolores ; la plupart cristallisent avec facilité. La potasse et la soude font naître dans leurs dissolutions des précipités qu'un excès de réactif ne redissout pas. L'ammoniaque fait naître le môme précipité, mais un excès de réactif le redissout.

Les carbonates de potasse et de soude donnent un précipité de carbonate insoluble dans un excès de réactif et même dans un excès de carbonate d'ammoniaque. L'acide sulfhydrique et les sulfhydrates donnent un précipité jaune de sulfure insoluble dans un excès de réactif.

Ce métal sert, en quelque sorte, d'intermédiaire entre ceux qui vont suivre et qui sont tous précipités par l'acide sulfhydrique , et ceux qui le précèdent qui ne le sont pas.

§ 750. L'étain est un des métaux les plus anciennement connus ; on le rencontre dans la nature à l'état d'acide stannique associé d'ordinaire à l'arsenic, au cuivre, au zinc, etc.

L'étain du commerce , à l'exception de celui de Malacca , contient toujours de petites quantités de métaux étrangers; pour l'obtenir pur, on le traite par l'acide azotique ; l'étain passe à l'état d'acide stannique insoluble , tandis que les métaux étrangers se changent en azotates solubles. On lave l'acide stannique d'abord avec de l'acide chlorhydrique qui enlève les dernières traces des métaux étrangers , puis avec de l'eau pure pour le débarrasser de Tacido en excès; après quoi on le calcine avec du flux noir dans un creuset brasqué.

§ 751. L'étain pur est blanc argentin, il est très-malléable; on peut le réduire en feuilles très-minces par le battage. Il est doué d'une certaine odeur caractéristique qui rappelle celle du poisson gâté, surtout s'il a été chauffé et frotté entre les doigts.

Il fait entendre , lorsqu'on le ploie , un cri particulier qui lui a lait donner le nom de cri de l'étain. Ce phénomène tient à ce que les cristaux qui composent la masse exercent l'un sur l'autre un certain frottement qui détermine la production de ce bruit. Lorsque l'on courbe plusieurs fois une tige d'étain à la même place, il finit par s'échauffer d'une manière très-sensible à la main.

L'étain fond à 228 degrés; chauffé à la chaleur blanche, il ré-

pand de légères vapeurs; il cristallise par un refroidissement lent; on peut démontrer sa forme cristalline en attaquant par un mélange d'acide azotique et d'acide sulfurique étendu d'eau la surface lisse de Tétain fondu; les cristaux présentent l'aspect de l'eau congelée sur les vitres. On utilise cette propriété dans la fabrication du moiré métallique. On peut se procurer des cristaux trèsdiscernables en faisant refroidir lentement l'étain fondu et en décantant la partie non solidifiée; ce sont des prismes à base carrée. On peut f en changeant les conditions de la cristallisation , l'obtenir encore à l'état de cubes, forme incompatible avec la précédente.

Par voie galvanique , on l'obtient sous la forme de longs prismes brillants. Il suffit, pour cela, d'introduire dans un verre à pied une dissolution saturée de protochlorure d'étain sur laquelle on verse avec précaution de l'eau pure pour éviter leur mélange , et plongeant une lame d'étain dans la liqueur.

L'air est sans action sur l'étain à la température ordinaire; à la chaleur blanche, ce métal y brûle avec une flamme blanche en produisant de l'acide stannique.

L'acide chlorhydrique et l'acide sulfurique étendus attaquent l'étain en dégageant de l'hydrogène. L'acide sulfurique concentré et chaud l'attaque vivement avec dégagement d'acide sulfureux, il se forme du sulfate d'étain. L'acide azotique concentré forme de Tacide stannique , il se dégage du bioxyde d'azote qui se transforme à l'air en vapeurs rutilantes ; l'acide étendu se comporte d'une tout autre façon , on n'observe alors aucun dégagement gazeux; il se forme, dans cette circonstance, de l'azotate d'ammoniaque qui reste en dissolution dans la liqueur. La réaction peut s'exprimer au moyen de l'équation

a(AzO*, 4HO) + 3Sn= 3SnO'-|-2(AzO», AzH*0).

* Lorsqu'on le fait bouillir dans une dissolution de potasse caustique, il s'y dissout en produisant du stannate de potasse. L'étain forme avec l'oxygène doux combinaisons bien définies :

1**. Un protoxyde SnO;

a°. Un bioxyde ou acide stannique. SnO'.

igG BIOXYDE D'ÉTAIN.

Page 1