PROPRIÉTÉS DE L’OZONE
L’ozone est ramené par la chaleur à l’état d’oxygène. Cette transformation est très-rapide et complète à 250°. Elle a lieu déjà vers 100°, car l’oxygène ozoné perd son odeur quand on le mélange à de la vapeur d’eau bouillante en quantité suffisante.
L’ozone n’est pas soluble ou, du moins, il est peu soluble dans l’eau. Il n’est pas attaqué par l’acide sulfurique, ni par le chlorure de calcium. Il est détruit par les alcalis.
Les propriétés oxydantes de l’ozone sont beaucoup plus énergiques que celles de l’oxygène ordinaire. Il oxyde l’azote en présence des bases et forme de l’acide azotique. Au contact de l’eau il oxyde le chlore, le brome, l’iode, le phosphore , l’arsenic et la plupart des métaux. Le mercure et l’argent sont eux-mêmes attaqués ; l’oxyde produit avec ce dernier métal ne s’obtient pas directement, ce qui montre l’énergie de l’ozone : sa formule est Ag O2. Il oxyde l’acide sulfureux, l’acide arsénieux et tous les composés oxygénés inférieurs; il change les sels de protoxyde de fer et de manganèse en composés renfermant le peroxyde. 11 brûle les éléments de l’ammoniaque , de l’acide sufhydrique, et, en général , il oxyde les composés hydrogénés. C’est en raison de cette circonstance qu’il décolore l’indigo, le tournesol et la plupart des matières colorées, et qu’il attaque le plus grand nombre des substances organiques.
Il détruit même le liège et le caoutchouc, ce qui oblige à le préparer dans des appareils en verre, dont les diverses parties sont soudées, lorsqu’on tient à ne pas perdre d’ozone. Il oxyde le blanc d’œuf et les matières albuminoïdes.
Lorsqu’on agite de l’essence de térébenthine à la lumière, en présence de l’air, l’oxygène s’ozonise. L’ozone produit disparaît peu à peu et oxyde l’essence en la transformant en résine. De même, l’essence d’amandes amères , agitée au soleil en présence de l’air, donne naissance à de l’ozone, car cette matière bleuit la solution d’iodure de potassium amidonnée. Cet ozone transforme l’essence en un produit d’oxydation, l’acide benzoïque. Ces phénomènes sont analogues à celui que fournit le phosphore en présence de l’air humide. Ils tendent à montrer que les oxydations, qui se produisent à des