HISTORIQUE HE LA COMPOSITION DE L’EAU
L’eau était un des quatre éléments d’Aristote. Les anciens n’avaient pas en vue de représenter par ce mot la simplicité de la nature de l’eau, c’est au moyen âge qu’on a donné cette interprétation à la doctrine desquatre éléments. Lesanciens se proposaient seulement de peindre l’état des diverses substances en personnifiant les gaz par l’air, les liquides par l’eau, les solides par la terre, et les fluides impondérables par le feu.
Quoi qrf’il en soit, à la fin du dix-huitième siècle, Macquer écrivait : « Nous admettrons à présent, comme principes de tous les composés, les quatre éléments, le feu, l’air, l’eau et la terre. » Aussi, la découverte de la composition de l’eau n’at-elle été reconnue qu’après huit années de discussion (1776- 4784) entre les hommes les plus éminents : Cavendish, Watt, Lavoisier, Priestley, Monge, Laplace, etc.
Dès 1776, Macquer etSigaud Lafond en France, et Waltire en Angleterre, constatèrent que l’air inflammable (< hydrogène ) produit de l’eau en brûlant.
En 1781, Cavendish reprit ces expériences, en substituant à l’air, l’air déphlogistiqué [oxygène), et il reconnut qu’on obtient l’eau, mais il ne se rendit pas compte de sa formation.
Priestley répéta les mêmes expériences et n’en trouva pas davantage l’explication.
Le célèbre Watt suivait tous ces travaux avec le plus vif intérêt, et ce fut lui qui émit le premier l’idée de la composition de l’eau, dans une lettre qu’il écrivit à Priestley, le 26 avril
Cavendish, dans un second mémoire (1784), prouva d’une façon incontestable qu’en prenant des quantités convenables * d’air déphlogistiqué(oa:?/^è^) et d’air inflammable [hydrogène), on les transforme complètement en eau. Cependant, pas plus que Watt, il ne se. rendit un compte exact des rapports qui lient l’oxygène, l’hydrogène et l’eau, car il dit : « Il paraît cc naturel de penser que l’air déphlogistiqué [oxygène) est seu- « lemènt de l’eau privée de son phlogistique, et que l’air in- « flammable est de l’eau phlogistiquée ou même du pur phlo- « gistique, mais très-probablement le premier. »