RECHERCHE DU BIOXYDE D’HYDROGÈNE
liqueur prend une belle teinte bleue due à la formation d’un acide suroxygéné, l’acide perchromique, Cr2 0T. Cette réaction est très-fugitive , car presque aussitôt il se dégage de l’oxygène, et l’acide est réduit à l’état de sesquioxyde de chrome verdâtre.
Enfin l’eau oxygénée détruit l’ozone pour donner de l’eau et de l’oxygène ordinaire.
180. Hypothèses de Schœnbein sur les états de l’oxygène. — 1° L’ozone au contact de l’eau oxygénée détruit une quantité de cellê-ci, telle que l’oxygène qui en est chassé se trouve en volume égal à celui de l’ozone employé; 2° cet oxygène provenant de deux sources est à l’état ordinaire.
Schœnbein explique ce fait, ainsi que les actions réductrices du bioxyde d’hydrogène, en disant que l’oxygène existe à trois états. Deux d’entre eux sont actifs : le premier est l 'ozone, il le représente par le symbole 6- ; cette variété d’oxygène existe dans les oxydes d’argent, de plomb, de manganèse que ce chimiste nomme des ozonides. Le second est Vantozone, qu’il prétend exister dans certains bioxydes, et notamment dans le bioxyde de barium et dans le bioxyde d’hydrogènequ’il appelle des antozonides ; son symbole est€K
Ces deux sortes d’oxygène actif sont susceptibles de s’unir, en se neutralisant, et l’oxygène résultant de cette saturation est l’oxygène ordinaire1.
181. Recherche du bioxyde d’hydrogène. — Des traces de bioxyde d’hydrogène peuvent être reconnues par les moyens suivants :
1° On ajoute à la liqueur une goutte d’acide chromique ; il se forme de l’acide perchromique bleu. La teinte devient beaucoup plus manifeste si l’on verse dans la liqueur quek
1 Celte théorie nous paraît inconciliable avec ce fait, que le bioxyde de
barium, traité par l’acide sulfurique, fournit de l’ozone. D’après les idées de Schœnbein, ce gaz devrait être de l’antozone. Suivant Brodie, le deuxième équivalent d'oxygène de l’eau oxygénée se polarise au moment où le bioxyde est détruit, et il s’oriente en sens inverse de l’oxygène du corps sur lequel il agit, pour former par son union avec ce dernier de l’oxygène inactif.