THÉORIE DE L’AMMONIUM
Si Ton essaye de combiner l’ammoniaque à un oxacide anhydre, à l’acide sulfurique, par exemple, on obtient un composé Az H3, SO3 qui, semblable par cette formule au sulfate de potasse K O, S O3, n’en possède ni la forme cristalline, ni les autres propriétés, et ne jouit même pas des caractères des sulfates; on nomme ce corps le sulfamide, et les composés analogues des amides.
Au contraire, si l’on dirige du gaz ammoniac dans de l’acide sulfurique hydraté, on obtient un corps cristallisé comme le sulfate de potasse, isomorphe avec lui, et donnant avec le sulfate d’alumine, le sulfate de chrome, des sels doubles, nommés aluns d’ammoniaque, parfaitement isomorphes avec les aluns correspondants fournis par l’action du sulfate de potasse sur ces mêmes sulfates. Cependant, le sulfate de potasse, K O, S O3, est anhydre, et le sulfate d’ammoniaque, Az H3 HO, S O3, est hydraté. Si l’on adopte ces formules pour les sels ammoniacaux, les déductions remarquables de l’isomorphisme sont sans valeur, et il faut cesser d’admettre que les corps isomorphes possèdent une constitution correspondante.
Ces anomalies disparaîtraient si l’on écrivait la formule du sulfate d’ammoniaque Az H4 O, S O3, et celle de chlorhydrate d’ammoniaque Az H4 Cl; si l’on supposait, en résumé, que dans ces substances il y a un corps composé (Az H4) jouant le rôle d’un corps simple, du potassium K.
Ampère a proposé d’admettre cette hypothèse, et la théorie qui en résulte, développée par Berzélius, constitue la théorie de Y ammonium* nom donné au corps composé (Az H4).
On obtient alors pour des corps analogues des formules analogues
(K) Cl (AzH4)Cl
(K) O, S O3... (Az H4) O, S O3.