SOUFRE AMORPHE
et il se conserve indéfiniment vers 18° et au-dessous , c’està-dire dans les limites de températures auxquelles il se forme avec dégagement de'chaleur : au contraire, il se détruit spontanément entre 4 8° et 160°, c’est-à-dire dans les limites de températures auxquelles il se détruit avec dégagement de chaleur. La stabilité du soufre insoluble est donc corrélative au signe de la chaleur dégagée pendant la réaction.
288. Réflexions sur les divers états du soufre* — Par conséquent le soufre présente divers états isomériques qui se lient à des propriétés physiques différentes. Un seul de ces états est stable à la température ordinaire : c’est le soufre octaédrique dans lequel les autres se changent en dégageant une certaine quantité de chaleur, variable avec les variétés. Cependant, d’après MM. Troost et Hautefeuille, le soufre amorphe dégagerait moins de chaleur en brûlant que le soufre octaédrique; d’autre part, la densité decette variété serait 2,046. Ces deux faits, rapprochés l’un de l’autre, constitueraient une sorte d’anomalie, car il paraît résulter des recherches sur les corps isomères que la variété la plus dense est celle qui conserve le moins de chaleur : or, le soufre octaédrique, le soufre prismatique et le soufre mou suivent cette règle, qui est en défaut lorsqu’il s’agit du soufre amorphe, car la densité de cette dernière variété* 2,046, est inférieure à celle du soufre oclaédrique, 2,070. Il me paraît impossible de se prononcer sur ce point; il est probable, comme l’a fait observer M. Berthelot, que les mots soufre insoluble correspondent à des états très-divers de ce corps. Ainsi, on obtient du soufre insoluble dans l’action de l’eau sur le chlorure de soufre, et dans la décomposition des hyposulfites et des composés thioniques par les acides concentrés ; mais les propriétés physiques de ces variétés de soufre sont différentes; et si toutes sont changées rapidement en soufre crislallisable vers 413°, elles ne dégagent pas la meme quantité de chaleur dans cette transformation.
En résumé, les diverses variétés isomériques du soufre chauffées vers 115° se résolvent en soufre cristallisable. A