CONCENTRATION , PURIFICATION DE L’ACIDE SULFURIQUE
concentration. Ces appareils, en raison de leur prix élevé , des réparations qu’ils exigent, parce qu’ils se percent assez souvent, augmentent considérablement le prix de l’acide sulfurique ; d’où il résulte qu’on a tOOkilog. d’acide sulfurique anhydre, délayé dans l’eau de telle façon qu’il marque 50°, pour un prix beaucoup moindre que 400 kilog. d’acide sulfurique anhydre à l’état d’acide à 66°. Dans quelques usines ces alambics sont remplacés par des cuvettes en platine ou même par de grands cylindres en verre placés sous des hottes pour enlever les vapeurs.
311. Impuretés de cet acide. Purification* — Cet acide renferme souvent 3 pour 100 d’impuretés, qui sont : du sulfate de plomb, des vapeurs nitreuses, et de l’acide arsénique si l’on a employé les pyrites.
On reconnaît le sulfate de plomb en étendant d’eau l’acide sulfurique : ce sel se précipite. On l’enlève complètement par un courant de gaz sulfhydrique qui fournit du sulfure de plomb noir insoluble. S’il y a de l’arsenic, le sulfure est d’une teinte jaunâtre; on constate sa présence au moyen de l’appareil de Marsh.
On reconnaît les composés nitreux en introduisant dans l’acide un peu de sulfate de fer pilé qui prend une teinte rose ou brune. On se débarrassera des produits nitreux par une distillation avec un gramme ou deux de sulfated’ammoniaque qui se décompose, et qui réduit les composés nitreux à l’état d’azote et d’eau :
Az H3 HO, S O3 + Az O3 = 2 Az + S O3 4 H O.
Le plus souvent, on enlève l’arsenic en distillant l’acide avec du sulfure de barium qui forme du sulfate de baryte et du sulfure d’arsenic insolubles ; mais il est préférable d’agir de la façon suivante. On étend l’acide de deux fois son volume d’eau, et on y dirige un courant d’acide sulfhydrique pour changer l’arsenic et le plomb en sulfures. On laisse déposer ces sulfures pendant 10àt2heures, on décante l’acide, et on le distille en rejetant les premières portions distillées qui contiennent l’eau et l’acide sulfhydrique. La distil-
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jation de l’acide sulfurique présente une certaine difficulté, et même un certain danger, en raison de la grande densité de ce corps, de sa viscosité et de son adhérence pour le verre [fig. 148).
Quand on chauffe par le fond, la couche inférieure ne se vaporise qu’autant que les vapeurs ont acquis une tension notablement supérieure à celle de l’atmosphère. Une fois détachées, elles soulèvent brusquement le liquide qu’elles traversent; celui-ci retombe violemment sur le fond, et il en résulte des chocs qui peuvent causer la rupture de l’appareil et la projection du liquide corrosif et bouillant.
On évite ces soubresauts en distillant l’acide au moyen d’une grille circulaire. On place la cornue dans le compartiment du milieu, et le charbon allumé dans la partie annulaire extérieure; pour éviter le refroidissement, qui provient de l’air, on recouvre la cornue d’une enveloppe en tôle. Si l’on ne possède pas cet appareil, on peut distiller l’acide sulfurique sans danger dans une cornue d’un à deux litres, en plaçant dans l’acide quelques fils de platine ou quelques fragments de pierre ponce calcinée.
312. Propriétés physiques «le l’acide des arts.* — L’acide obtenu dans les chambres de plomb, et concentré par distillation, se nomme quelquefois l’acide normal , l’acide anglais. Il est incolore et il coule comme de l’huile ; sa densité est 1,843. Son point d’ébullition est à 325°. Son point de solidification se trouve à 34° au-dessous de 0°. Il ne répand pas de vapeurs à la température ordinaire.