CONSTITUTION DES ACIDES ET DES SELS
dans le premier cas : que l'acide chlorhydrique perd un équivalent d’hydrogène et que cet hydrogène est remplacé par du potassium,
H Cl + K O =t K Cl + H O.
tandis que, dans le second cas, on admet que l'acide sulfurique chasse l’eau et s’empare de la potasse,
S O3 HO + R O = K O, S O3 -f H O.
Il serait beaucoup plus simple de dire que dans le second cas, comme dans le premier, un équivalent de potassium a pris la place d’un équivalent d’hydrogène,
L’expérience n’apprend pas autre chose que cela. Cette explication, jointe à ce que nous avons dit plus haut sur la nécessité d’introduire un équivalent d’eau dans l’acide sulfurique pour en faire un acide dans le sens vrai de ce mot, montre donc que le chimiste unitaire, en représentant l’acide, dit mono%tfmte',parlaformuleHS O4, explique les phénomènes d’une façon plus générale et, en même temps, plus exacte que le chimiste qui, fidèle aux règles du dualisme, lui attribue la formule SO3 HO.
Remarques sur les sulfates s il n’y en a qu’une classe*
— L’acide sulfurique donne avec quelques bases, avec les alcalis surtout, deux classes de sels. Les premiers, appelés les sulfates neutres , renferment une quantité de base telle que le rapport de l’oxygène de l’acide à l’oxygène de la base est de 3: 4. Les seconds contiennent une portion d’acide sulfurique, double de la précédente, pour la même quantité de base proprement dite : on les appelle les bisulfates . Leur analyse montre qu’ils renferment un équivalent d’eau, de telle sorte que le bisulfate de potasse, par exemple, a pour formule , R OHO, 2S0 3, etque, si l’on tient compte de l’oxygène de l’eau, le rapport de l’oxygène est toujours de 3 : 1. Or, lorsqu’on chauffe ce sel, on ne parvient à en chasser l’eau qu’à une température très-élevée, bien supérieure à celle de
ACIDES MONOBASIQUES, BIBASIQüES. 375
100°. Celte eau entre donc dans sa constitution et, par suite, il n’est pas plus un bisulfate que le sulfate RO, SO3; car, s’il renferme deux fois plus d’acide que ce dernier, il renferme aussi deux fois plus de base : 1° un équivalent de base (potasse); 2° un équivalent de base (eau).
320. Acides monobasiques. Acides bibasiques. — Si l’on compare l’acide sulfurique à l’acideazotique, on voit de suite que ces deux acides se comportent d’une façon différente avec les bases.
L’acide azotique ne fournit avec une même base (la potasse) qu’un seul sel :
K O, Az O5.
L’acide sulfurique en donne deux :
Nous exprimerons cette différence, en disant que l’acide azotique est monobasique, et que l’acide sulfurique est biba signe.
Puisque l’acide sulfurique est bibasique, il serait logique de retracer cette propriété dans sa formule. RO, AzO5 est la formule rationnelle de l’azotate de potasse, parce que l’acide azotique est monobasique ; R O , S O3 n’est pas celle du sulfate de potasse, parce qu’elle ne rappelle paslabibasicité de l’acide sulfurique, et qu’elle conduit au contraire à le confondre avec l’acide azotique, au point de vue de sa basicité. Il conviendrait d’écrire la formule du sulfate neutre de potasse,
qui serait comparable à celle du bisulfate de potasse,
Ces sels diffèrent seulement par ce fait, que la moitié de la potasse du premier a été remplacée par de l’eau dans le second. Or les formules
ACIDES MONOBASIQUES, POLYBASIQUES.
peignent parfaitement cette différence.
La formule de l’acide sulfurique devient alors S2 O6 2 HO, celle de l’acide azotique étant Az05H0, et Y on voit à la seule inspection de ces formules que le premier de ces acides estbibasique, que le second est monobasique; c’est-à-dire que le premier est susceptible de fournir avec une même base deux classes de sels, tandis que le second n’eu donne qu’une seule.
Nous avons vu (304) que l’acide sulfurique résulte de Faction de l’eau sur le chlorure de sulfuryle. Il convient, d’après ce qui précède, de doubler la formule de ce chlorure :
Cl2