CONSTITUTION DES ACIDES
Lorsqu’on examine les propriétés des quatre hydrates d’acide sulfurique, on voit immédiatement qu’il y a une grande différence entre l’acide SO3 HO et les autres :
2° Ces derniers n’ont qu’une existence éphémère, et sont ramenés très-facilemënt à l’état d’acide sulfurique monobydraté ; celui-ci jouit au contraire d’une stabilité considérable et ne perd son eau qu’à la température du rouge. L'eau qui entre dans ce dernier composé est donc beaucoup plus fortement retenue que celle qui se trouve en plus dans les trois autres.
3° Quand on fait réagir une base sur un de ces hydrates , cette base s’unit à l’acide sulfurique, mais, quel que soit l’hydrate employé, un seul équivalent d’eau est remplacé par la base, vis-à-vis de SO3 et les autres sont éliminés sans substitution d’une quantité équivalente de base. Cette eau entre donc dans la molécule sulfurique à un autre état que les autres : c’est de l’eau qui joue le rôle de base, dans l’acide HO, S O3, au môme titre que la potasse joue le rôle de base dans le sulfate de potasse, KO, SO3 ; c’est de l’eau basique .
Un corps acide est hydrogéné. Remarques sur la théorie unitaire* — Avant les travaux de Davy, le rôle de l’hydrogène dans la formation des acides n’avait pas été remarqué, et l’on attribuait à l’oxygène le pouvoir acidifiant; témoin le nom à'oxijgène. Davy conclut de ses recherches sur le chlore et sur l’acide chlorhydrique : 1° qu’il y a des acides ne renfermant pas d’oxygène ; 2° que l’hydrogène est un élément nécessaire à un acide.
Ce fait est la base du système unitaire (25) , qui se prête , d’une façon bien plus simple que la théorie dualistique, à l’explication des réactions au moyen desquelles on forme les sels.
Quand on fait réagir un bydracide ou un oxacide sur une même base , on obtient , dans l’un et l’autre cas , des corps comparables, doués des mêmes propriétés. Ainsi, l’acide chlorhydrique et l’acide sulfurique donnent, en réagissant sur la potasse, des composés, le chlorure de sodium et le sulfate dépotasse, qui ontles mêmes caractères généraux, et cependant on explique ces réactions d’une façon différente. On dit,