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RECAPITULATION DES COMPOSÉS DU SOUFRE

Il résulte également de l’analyse de l’acide sulfhydrique (33o) et de celle du bisulfure d’hydrogène que :

1° L’équivalent de l’acide sulfhydrique est formé de

HS — 17.

2° L’équivalent du bisulfure d’hydrogène est formé de

Donc encore, en prenant 16 pour équivalent du soufre, la composition des deux combinaisons hydrogénées du soufre est représentée par les formules les plus simples possibles, HS, HS2.

Par conséquent, cette quantité vérifie la définition que nous avons donnée de l’équivalent des corps simples (63).

Outre ces considérations, il est une raison majeure qui détermine ce choix. L’acide sulfhydrique et les sulfures sont analogues à l’eau et aux oxydes, par conséquent on doit prendre pour équivalent du soufre le poids de ce corps qui remplace 8 d’oxygène : or 16 est précisément ce poids.

SÉLÉNIUM

Se == 39,75

Corps très-analogue au soufre.

341. Historique^ préparation. — Le sélénium se rencontre toujours avec le soufre. Quelquefois on les trouve ensemble h l’état natif, comme dans l’île de Lipari; le plus souvent on rencontre le sélénium à l’état de séléniure dispersé dans le sulfure correspondant. La découverte du sélénium, opérée en 1817 par Berzélius, en est une preuve; cet illustre chimiste remarqua qu’un dépôt rouge pulvérulent se formait dans les chambres de plomb des fabriques de Fahlun en Suède, où l’on fabriquait l’acide sulfurique à l’aide de la pyrite de fer. Ce dépôt essayé au chalumeau dégagea une odeur de radis altéré. Comme on attribuait par erreur cette odeur au tellure, il en conclut d’abord que le sulfure de fer contenait du tellure ; il profita de cette circonstance pour étudier ce corps, et il constata bientôt que la poudre rouge n’était pas du tellure, mais un corps nouveau, qui lui ressemble beaucoup et qu’il nomma sélénium (de oteX^wj, lune).

Il vit également que, lorsque le tellure dégage l’odeur infecte qu’on avait cru être un de ses caractères propres , cela tient simplement à ce que le sélénium accompagne le tellure.

Le soufre, le sélénium et le tellure se rencontrent donc dans les mêmes minerais.

On le retire aujourd’hui des dépôts des chambres de plomb par une fusion avec du carbonate de potasse additionné d’azotate, suivie d’un traitement par l’eau qui laisse les métaux à l’état de composés insolubles et 'qui dissout le séléniate et le sulfate alcalins formés dans la fusion.

La solution est bouillie avec de l’acide chlorhydrique qui transforme l’acide sélénique en acide sélénieux, évaporée, puis soumise à un courant longtemps prolongé de gaz sulfureux qui

SÉLÉNIUM

ramène l’acide sélénieuxà l’état de sélénium pulvérulent. Pour l’extraire des séléniures métalliques on les réduit en poudre fine et on les traite par l’acide chlorhydrique qui attaque les carbonates et divers oxydes métalliques. On lave le résidu, on le sèche et on le chauffe au rouge sombre avec son poids de flux noir. Les divers séléniures sont dans cette action transformés en séléniure de potassium qui, traité par l’eau bouillante, se dissout tandis que les métaux restent dans la matière insoluble (M. Wohler). La solution de séléniure abandonnée à l’air dépose peu à peu de petits cristaux de sélénium.

Propriétés physiques ; analogie avec le soufre* — Le

sélénium ressemble beaucoup au soufre, même par ses propriétés physiques. Il est susceptible d’affecter plusieurs états distincts; on en connaît deux principaux. Le sélénium .obtenu par l’acide sulfureux constitue une poudre rougeâtre, amorphe, insoluble dans le sulfure de carbone.

Quand on la chauffe elle se ramollit vers 100° et elle reste à cet état un certain temps après le refroidissement. Elle fond vers 250° et si on soumet le produit fondu à un refroidissement lent il donne une matière, non cristalline et d’un rouge si foncé qu’il paraît noir.

Lorsqu’on porte ce sélénium à 96°, sa température s’élève brusquement et arrive en peu d’instants à 217°, point où la fusion de cette variété a lieu. La matière a changé complètement d’état physique, car celle-ci est cristalline, bleuâtre, et elle offre l’éclat et la cassure d’un métal. Cette variété s’écrase sous le marteau, se laisse limer et prend un beau poli. Elle est soluble dans le sulfure de carbone, elle ne se ramollit pas vers 100°. Le sélénium obtenu par l’abandon à l’air du séléniure de potassium est à cet état.

Il y a donc deux variétés de sélénium, différant l’une de l’autre par la quantité de chaleur latente qu’elles contiennent, et susceptibles de se transformer l’une dans l’autre en gagnant ou en perdant de la chaleur.

On a annoncé aussi que le sélénium cristallise sous des formes incompatibles.

SÉLÉNIUM

Il entre en ébullition vers 700°. Sa vapeur est jaune et présente des variations de densité comme celle du soufre.

342. Propriétés chimiques s analogie avec le soufre. — Il brûle avec une flamme bleuâtre, en dégageant l’odeur fétide de chou pourri; on attribue cette odeur à un oxyde de sélénium mal défini, ou à un peu d’acide sélénhydrique parce que Todeur semble ne pas se produire dans l’air sec. Il se forme dans cette combustion de l’acide sélénieux, qu’on obtient mieux dans un courant d’oxygène ou par l’action de l’acide nitrique concentré. (Le soufre donne de l’acide sulfurique dans cette dernière circonstance). Cet acide sélénieux estsoiide, cristallisable, volatilvers300°.Ilest très-soluble dans l’eau surtout à chaud. Le zinc, le fer en présence des acides, l’acide sulfureux, l’hydrogène sulfuré le réduisent à l’état de sélénium.

11 existe un acide sélénique, Se O3, comparable à l’acide sulfurique, précipitable par les mêmes réactifs, donnant des sels isomorphes avec les siens. Il constitue un liquide très-dense, très-avide d’eau et très-acide. Pour l’obtenir, on oxyde le sélénium par le nitrate de potasse, et on traite le séléniate de potasse obtenu par l’azotate de plomb en présence de l’eau. II se forme un précipité de séléniate de plomb qui est lavé, mis en suspension dans l’eau et soumis à un courant d’hydrogène sulfuré : ce qui donne du sulfure de plomb insoluble et de l’acide sélénique dissous qu’on sépare et qu’on [évapore.

Il existe un acide sélénhydrique qui se forme avec le sélé niure de fer et l’acide sulfurique étendu, par une réaction semblable à celle qui donne l’acide sulfhydrique. Il possède les propriétés générales de l’acide sulfhydrique. Il est plus vénéneux que lui, et il a notammentune action énergique sur l’odorat qu’il paralyse momentanément. Il brûle en donnant, si l’air n’est pas en excès, un dépôt pulvérulent de sélénium. C’est un acide faible comme l’acide sulfhydrique, et il est formé par l’union de 2 volumes d’hydrogène et de 1 volume de sélénium avec une condensation d’un tiers; sa formule est H Se.

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