PROPRIÉTÉS DE L’ACIDE PERCHLORIQUE
Lorsqu’on évapore une solution étendue d’acide perchlorique on obtient une liqueur oléagineuse dont la densité est 1, 65. Si l’on continue à chauffer, la majeure partie se décompose en chlore, en oxygène, et en eau; une faible portion seulement distille et le produit de la distillation a une composition voisine de Cl O7 5 HO. La dissolution moyennement étendue de cet acide est très-stable. Elle rougit le tournesol sans le décolorer, elle dégage de l’hydrogène au contact du zinc. Elle n’est pas attaquée par la lumière, par les corps oxydables comme l’acide sulfureux, ni par les matières organiques.
382. Composition. — On la détermine exactement comme celle du chlorate de potasse (378). On trouve que la quantité d’oxygène de l’acide est sept fois plus grande que celle de la base, c’est-à-dire qu’elle est égale à 56 et que ces 56 sont unis à 35,5 de chlore. Gomme l’acide perchlorique est monobasique on en conclut que sa formule est Cl O7, et que son équivalent est 91,5.
383. Préparation. — Nous avons constaté la production de cet acide : 1° dans la décomposition incomplète du chlorate de potasse par la chaleur {préparation de ï oxygène) , 2° dans la destruction de l’acide chlorique parla chaleur (377).
3° Il se produit quand on électrolyse une solution aqueuse de chlore. Le chlore et l’oxygène se rencontrent à l’état naissant au pôle positif et s’unissent pour donner naissance à ce composé (M. Riche).
4° On l’obtient encore en versant de l’acide sulfurique sur du chlorate de potasse : le mélange brunit et dégage un gaz jaune verdâtre qui est l’acide hypochlorique.
La réaction est la suivante :
4 (S O3 H O) +3 (K. O, Cl O5) = 2 Cl 04 + RO, Cl 07 + 2 (KO H O, 2 S 03) + H2 O2.
Il faut faire l’opération dans un vase largement ouvert, comme une capsule en porcelaine, et chauffer légèrement au bainmarie, car l’acide hypochlorique est éminemment explosible. Les deux sels de potasse restent dans la capsule; on profite,
PRÉPARATION DE L’ACIDE PERCHLORTQüE.
pour séparer ces sels, de la solubilité très-faible du perchlorate de potasse.
Le perchlorate de potasse pur ne se colore nullement par l’acide sulfurique.
On peut traiter directement le perchlorate par l’acide sulfurique, et si l’on fait réagir, par exemple, une partie de perchlorate et quatre parties d’acide sulfurique concentré, on obtient de l’acide perchlorique monohydraté, c’est-à-dire aussi concentré que possible. Cette préparation n’est pas sans danger, car l’acide perchlorique à cet état n’est pas stable comme l’acide étendu, et il peut détoner si la température est trop élevée. D’autre part une grande partie de cet acide se détruit à la distillation; enfin il est à peu près impossible de l’obtenir tout à fait débarrassé d’acide sulfurique.
Il est rare qu’on ait besoin d’acide perchlorique monohydraté. Le plus souvent, on traite le perchlorate de potasse par l’acide hydrofluosilicique , on sépare l’hydrofluosilicate insoluble en filtrant la solution d’acide perchlorique et on la distille (fig. 172).
Fig. 172.)
RÉCAPITULATION
384. L’équivalent de l’oxygène en poids étant 8 (113), il était logique de représenter l’équivalent du chlore par 33,5, parce que c’est ce poids de chlore qui s’unit à 8 d’oxygène dans l’acide hypochloreux (1er degré d’oxydation du chlore).