‹ Leçons de chimieChapitre 342 sur 558 · BROME. IODE · texte numérisé non relu

BROME. IODE

L’étude détaillée du soufre et de ses combinaisons nous a pour ainsi dire dispensé de faire un long examen du sélénium, du tellure et de leurs composés, parce que ces corps sont les images fidèles des premiers. Il nous a suffi de décrire leurs propriélés physiques et les caractères de détail, car les traits généraux sont les mêmes.

Ce raisonnement s’applique beaucoup mieux encore, d’une part, au chlore, que nous venons d’examiner en détail,, et d’une autre , au brome et à l’iode , qu’il nous reste à faire connaître.

Le chlore est un type auquel se rattaehent d’une façon paraite le brome et l’iode; aussi le mieux eût-il été d’étudier ensemble le chlore, le brome , l’iode et leurs composés, qui sont tous correspondants. Le rôle considérable du chlore nous a contraint à examiner avec soin ses diverses propriétés. Il n’en est plus de même pour le brome et l’iode, qui sont moins importants, et, dans le but d’éviter des répétitions, nous allons en faire une commune étude.

Les propriétés du brome tiennent le milieu entre celles de ces deux corps.

401. JPréparation du brome avec les eaux mères des salines. — M. Balard retira, en 1826, le brome des eaux mères des salines de la Méditerranée. Ce corps était caché en proportions minimes parmi des quantités considérables de chlore. Comme toutes les propriétés chimiques qui auraient pu mettre sur la voie de son existence s’appliquent au chlore, il a fallu une très- grande sagacité et une extrême habileté pour déceler dans ce milieu l’existence de petites quantités d’un corps nouveau. M. Balard l’a isolé par la distillation de ces

EXTRACTION DE L’iODE.

eaux mères avec du bioxyde de manganèse et de l’acide sulfurique, et il l’a séparé par l’agitation du produit distillé avec de l’éther, qui dissout le brome seul. L’évaporation spontanée chassa Péther et laissa le brome.

402. découverte de l’iode. — L’iode a été découvert en 1811 , par un salpétrier de Paris, nommé Courtois , qui en remit un échantillon à Gay-Lussac. Ce savant en fit une étude approfondie dans un mémoire qui est resté comme un modèle dans les annales de la science.

403. Extraction de l’iode des soudes de varech. — On retire aujourd’hui ces deux corps de certaines plantes marines qu’on nomme varechs . On les calcine dans des fosses : la cendre se nomme la soude de varech. On lave cette soude avec de Peau pour en retirer par cristallisations successives à chaud et à froid les sulfates et les chlorures alcalins, et l’on obtient une dernière eau mère, dans laquelle se sont concentrés l’iode et le brome. C’est ce qu’on exprime d’ordinaire en disant : on retire l’iode et le brome des eaux mères des soudes de varech.

Nous ferons remarquer au sujet de cette origine un fait vraiment curieux : c’est la faculté d’élection remarquable dont jouissent 'les varechs. Il y a dans Peau de la mer 2 à 3 pour 100 de chlorure de sodium, et il ne s’y trouve que des traces d’iode, de brome et de potassium; or ces végétaux absorbent ces trois composés si rares, et ne prennent relativement qu’une faible proportion de chlore et de sodium.

Ces eaux mères contiennent, outre le bromure et Piodure, des chlorures, des carbonates, des sulfates et surtout des sulfures, des sulfites et des hyposulfites.

Si on les traitait par le bioxyde de manganèse et l’acide sulfurique, ces trois derniers composés dégageraient de l’acide sulfhydrique et de l’acide sulfureux, qui gêneraient la préparation. On se débarrasse de ceux-ci en faisant bouillir la liqueur avec un faible excès d’acide sulfurique. On laisse reposer la solution, on la décante et on fait passer dans la liqueur un courant de chlore. L’iode se précipite seul d’abord, mais si l’on employait un excès de chlore, le brome serait

PURIFICATION DE L’iODE.

précipité à son tour. Pour arriver à ne précipiter que l’iode, on fait un essai en petit, afin de déterminer la quantité de chlore nécessaire pour chasser l’iode, et on se guide sur cet essai. Il n’y a nullement à craindre que le chlore chasse du brome avant que l’iode soit totalement précipité, car le brome expulse lui-même l’iode des iodures, de telle sorte que si du brome était mis en liberté, il enlèverait immédiatement le métal à l’iode restant en dissolution et se redissoudrait.

L’iode brut obtenu par ce moyen est lavé et séché. Autrefois on le changeait en iodure alcalin, et on distillait cet iodure avec du bioxyde de manganèse et de l’acide sulfurique. On se contente aujourd’buit de le purifier par une sublimation effectuée dans des cornues en grès ( fig . 182). Les cornues

(Fig. 182.)

en grès BB sont placées dans une caisse en fonte A remplie de sable ; les vapeurs d’iode se condensent dans des récipients EE, qui portent un double fond G dans lequel l’eau entraînée s’égoutte. Chaque cornue contient 20 kilogrammes d’iode.

Si l’on avait à retirer l’iode d’un iodure pur, on l’extrairait comme le chlore , par la réaction de l’iodure sur un mélange de bioxyde de manganèse et d’acide sulfurique :

MnO* + MI-+- 2 (S O3, H O) = M O, S O3 -H Mq 0,S03 +H202 + I.

Cette industrie est très-barbare. L’incinération des fucus dans

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