LOI DES PROPORTIONS MULTIPLES
36. ïiorsque deux corps se combinent en plusienrs proportions, les poids de l’un de ces corps qui s’unissent à un même poids de l’autre sont entre eux comme des nombres simples. — Cette loi a été découverte en 1808 par Dalton.
Nous venons de voir que l’eau est formée de 12,50 d’hydrogène et de 100 d’oxygène. Ce corps n’est pas le seul oxyde d’hydrogène. On en connaît un deuxième : si l’on cherche la quantité d’oxygène qui est unie à 12,50 d’hydrogène dans ce nouveau composé, on trouve qu’elle est exactement de 200.
Le premier est le protoxyde d’hydrogène, le second est le bioxyde.
L’azote et l’oxygène se combinent en cinq proportions définies. Admettons, comme dans le cas précédent, que la combinaison la moins oxygénée contienne 100 d’oxygène en poids, nous trouverons que :
175 d’azote s’unissent à 100 d’oxygène, dans le protoxyde,
175 — — 2 X 100 — le bioxyde,
175 — 3 X 100 — . l’acide azoteux,
175 d’azote s’unissent à 4 X 100 d’oxygène dans l’acide hypoazotique, 175 — — 5X166 — l’acide azotique.
Donc les poids d’oxygène, qui s’unissent à un même poids d’azote, sont entre eux comme les nombres, 1, 2, 3,4, 5. Ces rapports sont rigoureusement vrais et non approximatifs.
37. matière n’est pas divisible à l’infini. — La loi des proportions multiples conduit à une conclusion importante : la matière n’est pas divisible à l’infini.
Soient deux corps A et B susceptibles de former plusieurs combinaisons. Supposons le problème résolu, c’est-à-dire que la matière n’est pas divisible à l’infini, et appelons a, b , les particules les plus petites dans lesquelles les corps A et B
42 LA MATIÈRE N’EST PAS DIVISIBLE A L’iNFINI.
soient suseptibles de se réduire, c’est-à-dire leurs atomes ( insécables ). Admettons que la première combinaison contienne un atome de A et un atome de B et que le poids du corps A reste invariable :
Cette combinaison sera représentée par a -f- b , une deuxième — — a-\-mb ,
une troisième — — a-\-nb,
une quatrième — — a-\~pb ,
m , n , p seront nécessairement des nombres entiers, car s’ils étaient représentés par des fractions, b serait divisible. Or nous sommes partis de celte supposition qu'il ne l’était pas; donc les autres combinaisons de A et B contiendront des quantités de B qui seront des multiples par des nombres en: tiers de la quantité de B qui est contenue dans la première. Ce qui revient à dire qu’en admettant que la matière n’est pas divisible à l’infini et que chaque corps est formé d’atomes, on est conduit à la loi des proportions multiples, qui est vérifiée par l’expérience. Supposons, au contraire, que la matière soit divisible à l’infini, et que la première combinaison de deux corps A et B renferme a du premier et b du second ; les autres contiendront le poids a du corps A uni à des quantités quelconques de B qui ne seront pas nécessairement des multiples de b par un nombre simple, et nous serons conduits à cette conclusion que a s’unira à des poids b , c , d qui n’auront entre eux aucun rapport simple. Or ce fait est démenti par l’analyse des milliers de combinaisons qu’on connaît aujourd’hui.
Il est d’ailleurs difficile de s’expliquer la compressibilité des corps si on ne les considère pas comme formés de parcelles tenues à distance les unes des autres, et même à des distances considérables eu égard à leurs dimensions (39).