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PRÉPARATION DE L’ACIDE IODHYDRIQUE

ACIDE IODYDRIQUE.

Acides énergiques analogues à l’acide chlorhydrique.

Nous réunissons l’étude de ces deux acides parce qu’ils se préparent de la même manière et que leurs propriétés sont tout à fait semblables et analogues à celles de l’acide chlorhydrique.

421. Préparation. — Le brome et l’hydrogène et, à plus forte raison, l’iode et l’hydrogène ne s’unissent pas directement comme le chlore et l’hydrogène. Cette combinaison s’opère en présence des corps poreux, tels que la mousse de platine et le charbon platiné, et ce moyen peut servir à préparer facilement l’acide iodhydrique.

On place du charbon platiné dans un tube en verre vert à la partie antérieure duquel on a introduit un peu d’iode, et l’on fait arriver un courant d’hydrogène. Quand l’appareil est plein d’hydrogène on porte le charbon au rouge et on chauffe légèrement l’iode. Il se dégage, à l’autre extrémité du tube, de l’hydrogène contenant de l’acide iodhydrique, car il fume abondamment. On peut séparer ce dernier gaz en le recueillant dans de l’eau (M. Corenwiender).

Si l’on remplace l’iode par le brome, l’action est tellement brusque au contact du charbon platiné qu’elle s’accompagne le plus souvent d’une détonation (M. Balard).

Lorsqu’on fait arriver du brome et de l’hydrogène humides dans un ballon au milieu duquel jaillissent des étincelles électriques, on obtient de l’acide bromhydrique (M. Riche).

422. Mode ordinaire de préparation. — On ne peut pas employer le procédé général qui nous a servi à préparer l’acide

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sulfhydrique et l’acide chlorhydrique, c’est-à-dire traiter les bromures et les iodures métalliques par l’acide sulfurique, parce que les acides bromhydrique et iodhydrique, étant fort peu stables, cèdent leur hydrogène à un équivalent d’oxygène de l’acide sulfurique pour former de l’acide sulfureux et du brome ou de l’iode. Les égalités suivantes expriment cette double réaction :

Na Br + S O3 H O = Na O, S O3 + H Br,

H Br + S O3 H O = S O2 2 H O + Br.

A la rigueur, on pourrait préparer ces acides en substituant à l’acidesulfurique un acide plusstable que lui, l’acide phosphorique , mais l’attaque est lente et difficile à régulariser. On les obtient beaucoup plus aisément en décomposant par l’eau le bromure et l’iodure de phosphore : la réaction est la suivante :

Ph Br3 + 3 H O = Ph O3 + 3 H Br,

Ph I3 + 3 H O = Ph O3 + 3 H I.

Cette opération présentait une grande difficulté et même un certain danger avant la découverte du phosphore rouge, parce que l’iode et surtout le brome réagissent avec violence sur le phosphore ordinaire. L’appareil à gaz bromhydrique se composait d’un tube trois fois recourbé auquel on adaptait un tube à gaz [fig. 184).

Le brome était placé dans la courbure A ; ce brome chauffé distillait dans la courbure B, qui contenait de petits fragments de phosphore disséminés dans des morceaux de verre légèrement humectés. Aujourd’hui , rien n’est plus com-

ACIDES BROMHYDRIQUE ET IODHYDRIQUE.

mode que cette préparation, si Ton substitue, comme Ta proposé M. Personne, le phosphore rouge au phosphore ordinaire.

L’appareil se compose d’une cornue en verre d’un demilitre à un litre. Cette cornue est munie d’un tube abducteur portant un renflement et d’une tubulure fermée par un bouchon à l’émeri s’il s’agit de l’acide iodhydrique.

Quand on prépare l'acide bromhydrique , on dispose dans cette tubulure un tube à entonnoir à pointe effilée [fig. 185).

On place dans la cornue 20 à 30 grammes de phosphore rouge ; on les délaye dans un peu d’eau, et l’on fait arriver peu à peu du brome : il se forme du bromure de phosphore Ph Br3 que l’eau détruit à l’instant même. L’acide bromhydrique ne se dégage pas aussitôt, parce qu’il commence par saturer l’eau de la cornue ; c’est pourquoi l’on ne doit mettre qu’une petite quantité de ce liquide.

On chauffe légèrement : il se produit un gaz très-fumant qu’on recueille dans des flacons secs et pleins d’air, parce qu’il attaque le mercure au bout de peu de temps; ou bien on le dirige dans de l’eau , si l’on n’a besoin que d’une solution. Comme cet acide est très-soluble, l’eau remonte de

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