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CARACTÈRES DES TROIS HYDRATES

platine, les deux autres hydrates, ou plus simplement le phosphate d’ammoniaque du commerce jusqu’à ce que ce seh cesse de dégager des fumées. L’acide obtenu constitue une masse incolore, semblable à du verre fondu que Ton coule dans un vase de platine.

Cette matière se solidifie en un verre parfaitement transparent, et l’on peut, avant que la solidification soit complète , en tirer des fils très-fins, semblables à des fils de verre ordinaire. Il faut se hâter de l’enfermer, car elle absorde rapidement l’humidité de l’air et se transforme en acide pyrophosphorique, puis en acide ordinaire.

Quand on veut obtenir simplement une dissolution de cet acide, on dissout dans l’eau l’acide phosphorique anhydre. Cette liqueur ne tarde pas à fixer un, puis deux équivalents d’eau.

Cet hydrate chasse, sous l’influence de la chaleur, l’acide azotique, l’acide chlorhydrique, l’acide sulfurique lui-même, de leurs combinaisons salines, parce qu’il est indécomposable par la chaleur.

459. Caractères cle ces trois hydrates. — Ces trois hydrates possèdent une acidité considérable. On les distingue par les caractères suivants :

L’acide métaphosphorique dissous coagule l’albumine et précipite en blanc le chlorure de barium.

Les deux autres ne précipitent ni le chlorure de barium ni l’albumine.

On distingue ces deux derniers en versant de l’azotate d’argent dans leur solution préalablement saturée par une base. L’acide phosphorique ordinaire fournit un précipité jaune, et l’acide pyrophosphorique un précipité blanc. L’acide métaphosphorique saturé donne aussi un précipité blanc avec les sels d’argent.

On transforme les métaphosphates et les pyrophosphates en phosphates ordinaires en fondant ces sels avec du carbonate de soude.

La plupart des phosphates métalliques sont insolubles dam l’eau; on les rend solubles en les fondant avec du carbonate

COMPOSITION DE i/ACIDE PHOSPHORIQUE. 521

de soude ou avec du cyanure de potassium. Tous, sauf les phosphates de bismuth et de peroxyde de fer, sont solubles dans les acides.

Si Ton ajoute de l’azotate de bismuth à la solution d’un phosphate dans l’eau acidulée par l’acide azotique, il se produit un précipité blanc de phosphate de bismuth.

Lorsqu’on verse du molybdate d’ammoniaque dans la solution d’un phosphate, il se forme un précipité de phospho-molybdate d’ammoniaque insoluble dans l’eau et dans les acides.

La meilleure manière de doser l’acide phosphorique consiste à le précipiter à l’état de phosphate ammoniaco-magnésien. A cet effet, on verse dans la solution acide de l’ammoniaque en excès, puis on y ajoute du sulfate de magnésie et l’on agite. L’acide phosphorique se précipite en totalité avec le temps, si l’on a rendu la liqueur ammoniacale. Pour doser l’acide phosphorique dans un phosphate dissous sans le concours d’un acide, il faut commencer par ajouter à la liqueur du chlorhydrate d’ammoniaque avant d’y verser l’ammoniaque et le sel de magnésie. On jette le précipité sur un filtre après un repos de vingt-quatre heures, parce que ce précipité ne se forme qu’à la longue, puis on lave le filtre avec de l’eau rendue légèrement ammoniacale.

460. Composition de l’acide phosphorique anhydre et de ses hydrates. — Schrotter a déterminé la composition de l’acide phosphorique anhydre en faisant passer un courant d’oxygène sec sur un poids connu de phosphore rouge.

31 de phosphore absorbent 40 d’oxygène, c’est-à-dire 5 équivalents, pour faire 71 d’acide phosphorique : donc la formule la plus simple de cet acide est Ph O5 = 71.

On dose l’eau dans les hydrates d’acide phosphorique par le procédé indiqué au sujet de l’acide azotique (238).

Si l’on rapporte leur composition à Ph O5 = 71, on trouve

que:

l’acide métaphosphorique a pour formule Ph O5 H O =80

» pyrophosphorique » » Ph 05,2 H O =8)

» phosphorique ordinaire » « Ph O5, 3 H O =98

ÉQUIVALENT PE i/ACIDE PHOSPHORIQUE.

Telles sont les formules les plussimples de ces acides : nous allons montrer que ce sont aussi celles qu’il est rationnel d’adopter.

Équivalent de ces acides. — La capacité de saturation de ces trois acides vérifie ces formules et les équivalents précédents; en effet :

1° L’expérience montre que 47 de potasse sont unis à 71 d’acide phosphorique dans les métaphosphates, et que cet acide est monobasique : donc il y a dans les métaphosphates 5 fois plus d’oxygène à l’acide qu’à la base. La formule de ces sels est M O, Ph O5 et celle de l’hydrate métaphosphorique est H O, Ph 0:>.

2° L’acide pyrophosphorique étant bibasique, son équivalent est la quantité qui sature 2 X 47 de potasse, 2 X 31 de soude, c’est-à-dire la quantité debase renfermant 16 d’oxygène (55). Or l’expérience montre que c’est 71 d’acide pyrophosrique Ph O5 qui jouit de cette propriété : donc le rapport de l’oxygène de l’acide à l’oxygène de la base est de 5 : 2 dans les pyrophosphates, et par conséquent :

la formule des pyrophosphates est 2 M O, Ph O5

et celle de l’hydrate pyrophosphorique doit être 2 II O, Ph O5^

3° Pareillement, l’acide phosphorique ordinaire étant tribasique, son équivalent est la quantité qui sature 3 X 47 de potasse, 3 4- 31 de soude, c’est-à-dire la proportion de base renfermant 24 d’oxygène. Or l’expérience montre que 71 d’acide phosphorique jouissent de cette propriété : donc le rapport de l’oxygène de l’acide à l’oxvgène de la base est de 5 : 3 dans les phosphates ordinaires, et par conséquent :

la formule des phosphates est 3 M O, Ph O5

et celle de l’hydrate phosphorique doit être 3 H O, Ph O5.

Ainsi, en admettant la formule PhO5 pour l’acide anhydre, on se rend compte de la génération des trois hydrates qu’il forme et de leur basicité.

ACIDE PHOSPHOREUX

ACIDE PHOSPHOREUX

Ph 03 = 55

Ph = 56,36.... 31

Ph O3 =100,00.... ~55

Rôle chimique. C’est un agent réducteur.

461. Lorsqu'au lieu d’enflammer le phosphore dans Pair en excès, on chauffe ce corps dans un tube de verre effilé, de façon que l’air s’y trouve en quantité insuffisante pour former

de l’acide phosphorique, on obtient des flocons blancs, qui se subliment dans la partie supérieure du tube (fig. 197). Ces flocons volatilsconstituent l’acide phosphoreux, dont on n’obtient que de très-faibles quantités et qui est mal connu. Ils prennent feu, et se transforment en acide phospborique dès que Pair intervient pour une plus forte proportion.

La volatilité de ce corps et sa facile oxydabilité le distinguent immédiatement de l’acide phosphorique anhydre.

On le prépare facilement en combinaison avec l’eau au moyen du trichlorure Ph Cl3. Ce chlorure est un liquide plus lourd que l’eau, et décomposable par elle; il se précipite d’abord au fond, et la réaction se déclare presque aussitôt, surtout si l’on agite :

Ph Cl3 + 6 H O = Ph O3, 3 H O + 3 H Cl.

L’excès d’eau employée dissout les deux acides formés. On chauffe la liqueur à une température de 50° ou 60°, jusqu’à ce qu’elle acquière une consistance sirupeuse, et l’on termine l’évaporation dans le vide. On obtient une masse cristalline.

ACIDE PHOSPHOREUX

qui est l’hydrate Ph O3, 3H O. Si l’on cherche à le concentrer davantage, il se détruit et fournit de l’acide phosphorique qui reste dans la liqueur, et de l’hydrogène phosphore, Ph H3 contenant de petites quantités d’hydrogène,

462. Propriété caractéristique. — La propriété caractéristique de cet acide est son avidité pour l’oxygène. Il réduit l’acide sulfurique et l’acide sulfureux, car si l’on chauffe une solution de ces deux acides, il se forme de l’acide phosphorique et un dépôt laiteux de soufre.

Quand on traite par une base cet hydrate Ph O3, 3 H O, il perd un ou deux équivalents d’eau et le troisième n’est pas déplacé, de sorte que c’est un acide bibasique dont la formule est Ph O4 H, 2 HO. (M. Wurtz).

Donc les phosphites ont pour formule :

2 M O, Ph 0< H (M 0 H 0), Ph O* H

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