FABRICATION DU SULFURE DE CARBONE
Quand le charbon est porté au rouge, on jette de temps en temps du soufre en petits fragments dans le tube, et on le referme aussitôt.
Le soufre fond, se vaporise, réagit sur le charbon, et forme du sulfure de carbone en vapeurs qui, refroidi dans rallonge et dans le flacon, se condense au fond de l’eau sous forme d’un liquide insoluble, très-dense, coloré en jaune par un excès de soufre.
Une petite portion de sulfure s’échappe en vapeurs avec de l’acide sulfhydrique, de l’oxyde de carbone et des carbures d’hydrogène, et du soufre se condense dans l’allonge.
On sépare le sulfure au moyen d’une pipette, ou mieux en jetant l’eau et le sulfure dans un entonnoir dont le goulot est bouché avec le doigt. Quand les deux liquides sont séparés, on fait écouler le liquide inférieur, on le sèche sur du chlorure de calcium fondu, et on le distille au bain-marie pour séparer le soufre.
618. 2° Procédé ind^ptriel. — On fabrique aujourd’hui ce corps sur une grande échelle. L’appareil suivant, dû à M. Gérard, en fournit 200 kilogrammes par jour (fig. 253).
G? cylindre en fonte rempli de braise.
A, ouverture par laquelle on introduit le charbon.
B, ouverture par laquelle on jette le soufre quand la cornue est chaude.
D, vase où se condense le soufre entraîné.
E, réfrigérant entouré d’eau froide, composé de trois cylindres superposés.
Le sulfure de carbone ne s’écoule pas d’une façon continue dans la bonbonne F. Lorsqu’on le recueille, on ferme un obturateur placé en G, parce que l’air, en rentrant dans les parties chaudes de l’appareil, occasionnerait des détonations.
Le sulfure de carbone a été proposé pour enlever la matière grasse qui est sur la toison des moutons et celle qui est dans le§ graines oléagineuses, pour dissoudre les résines, le phosphore ordinaire, le soufre, le caoutchouc, etc. Quand le sulfure a produit l’effet utile on le distille, et théoriquement il sert indéfiniment. On l’utilise surtout pour séparer le phos-