PRÉPARATION DE L ACIDE CYANHYDRIQUE
jaune, 7 parties d’acide sulfurique concentré et 14 parties d’eau.
La cornue où l’on met ce mélange est inclinée de façon que la vapeur d’eau entraînée dans le col retombe sans cesse dans le vase. L’acide cyanhydrique passe dans un flacon, puis dans un tube en U renfermant du chlorure de calcium, plongés dans un bain d’eau à 30°. On le condense dans un tube entouré d’un mélange réfrigérant de glace et de sel.
642. Acide aqueux . La préparation de l’acide cyanhydrique aqueux se fait, dans les pharmacies, en distillant 18 parties de cyanure jaune, 9 parties d’acide sulfurique et 15 parties d’eau.
On étend l’acide sulfurique avec l’eau, et quand il est froid, on le verse dans une cornue tubulée qu’on place sur un bain de sable; on y introduit le cyanure en poudre, et l’on mêle avec un agitateur en verre , puis on adapte à la cornue une allonge et un récipient au moyen de bons bouchons. Après 10 à 12 heures on distille doucement, en ayant soin d’entourer le récipient de glace; on recueille la majeure partie du liquide ( Pessina ) ( fig . 266).
ring. 266.)
Usages. — L’acide cyanhydrique médicinal est formé, en poids, de 1 partie d’acide pur et de 9 parties d’eau. On l’a
COMPOSÉS DU CYANOGÈNE.
conseillé surtout pour la guérison des affections nerveuses.
643. Autres composés du cyanogène. Le cyanogène forme avec l’oxygène trois composés polymériques :
l’acide cyanique ... Cy O, H O,
la cyamélide Cya O, Ha 0%
l’acide cyanurique . Cy 3 O3 , H3 O3.
On prépare ce dernier en décomposant à une température peu élevée Yurée , matière qu’on trouve dans l’urine, et que l’on reproduit artificiellement en traitant du cyanate de potasse par du sulfate d’ammoniaque : on obtient par une double décomposition du sulfate de potasse et du cyanate d’ammoniaque, Az H4 O, C2 Az 0, substance qui se transforme isomériquement en urée G2 O2 Az2 H4 qu’on sépare du sulfate de potasse au moyen de l’alcool qui la dissout.
L’urée chauffée donne de l’ammoniaque qui distille et un résidu d’acide cyanurique, corps d’une extrême stabilité, car pourle purifier, on le dissout dans l’acide sulfurique concentré auquel on ajoute quelques gouttes d’acide azotique, puis on le précipite par l’eau. Il forme des prismes obliques à base rhombe qui s’effleurissent àl’air en perdant de l’eau pour donner l’acide cyanurique, Gy3 O3 HO, acide qui donne avec les bases des sels dont la formule générale est,
2 MO, Gy3 O4 H.
Get acide chauffé fortement se détruit en donnant 3 équivalents d’acide cyanique.
L’acide cyanique est un liquide qui n’a de stabilité qu’au dessous de 0°, et qui répand des vapeurs produisant le larmoiement avec une extrême intensité.
Au contact de l’eau il se détruit avec effervescence pour donner de l’acide carbonique et du carbonate d’ammoniaque. Il se détruit pareillement en présence des acides dilués. Il s’unit aux bases et donne des sels qu’on obtient par l’action du cyanogène sur les alcalis et qui se décomposent facilement en présence de l’eau :
K O G2 Az O + 2 H2 O2 == Az H3 -f K O H O, C2 OL
COMPOSÉS DU CYANOGÈNE.
Il s’échauffe spontanément à l’air, et se transforme isomériquement en cyamélide, Cy2 O2, H2 O2, corps solide, sans odeur ni saveur, et non acide, lequel porté à une température plus élevée, régénère l’acide cyanique.
La cyamélide se forme encore lorsqu’on traite les cyanates parles acides concentrés.
Le cyanogène forme avec le chlore deux chlorures isomériques.
Cy Cl,
Cy3 Cl3
Le premier est un gaz incolore provoquant les larmes avec énergie, très-vénéneux. Il se liquéfie à — 12° et fond à — 15°. Il se dissout dans l’eau, dans l’alcool et dans l’éther. Sa solution aqueuse s’altère en réagissant comme le cyanogène, l’acide cyanhydrique, l’acide cyanique sur 2 molécules d’eau :
C2 Az Cl + 2 H* O2 = Az H4 CI + C’ 04.
Les alcalis hâtent cette décomposition.
Ce chlorure s’obtient par l’action du chlore sur une solution de cyanure de mercure ou d’acide [cyanhydrique refroidi, suivie d’une distillation : le gaz est desséché dans du chlorure de calcium, puis condensé dans un mélange réfrigérant.
Ce chlorure bien pur se conserve à l’état liquéfié sans modification, tandis que, s’il renferme un peu de chlore, il se transforme dans le second chlorure Cy3 Cl3, qu’on prépare directement en exposant au soleil’un vase rempli de chlore sec dans lequel on fait tomber de l’acide cyanhydrique liquide.
C’est un solide, en cristaux prismatiques, fusibles à 140°, volatils à 490°.
Il est décomposable par l’eau bouillante en acide cyanurique et en acide chlorhydrique.
Le chlorure Cy Cl, est formé de volumes égaux de chlore et de cyanogène unis sans condensation : sa densité de vapeur est 2,\2. Celle du chlorure solide est, 6,38; c’est ce qui revient à dire qu’il renferme trois fois plus de chlore et de cyanogène sous le même volume.
COMPOSÉS DU CYANOGÈNE.
On connaît le bromure, Br Cy et l’iodurel Gy correspondant au chlorure dont on vient de traiter. L’iodure forme de longues aiguillesblanches qu’on obtient en chauffant légèrement, ou même en abandonnant à lui-même un mélange de 2 équivalents d’iode et de 1 équivalent de cyanure de mercure. L’expérience donne un très-beau résultat en disposant le mélange dans une soucoupe placée sur une plaque de verre dépoli, recouverte d’une cloche : il reste dans la soucoupe de l’iodure rouge de mercure, et il se sublime de magnifiques aiguilles transparentes et incolores d’iodure de cyanogène.