‹ Leçons de chimieChapitre 79 sur 558 · LUMIÈRE, CHOC SUR LES CORPS · texte numérisé non relu

LUMIÈRE, CHOC SUR LES CORPS

de citer, car la chaleur rouge combine l’oxygène et l’hydrogène et détruit le gaz ammoniac.

Le courant électrique est l’agent de décomposition par excellence. C’est à l’aide de cet agent que Davy est parvenu à retirer le potassium et le sodium de la potasse et de la soude, et c’est sur la décomposition des sels d’or, d’argent et de cuivre par la pile que sont fondés les arts, si répandus aujourd’hui, de la dorure, de l’argenture et de la galvanoplastie.

104. 5° Iiumière. — La lumière agit comme la chaleur et l’étincelle électrique, mais avec une intensité beaucoup moindre.

Un rayon de soleil combine avec explosion le chlore et l’hydrogène. Il détruit, au contraire, le chlorure, le bromure, l’iodure d’argent, déposés sur la feuille de papier du photographe, et laisse un résidu noir d’argent métallique.

105. 6° Compression. Choc. — La compression, le choc, favorisent souvent la destruction des corps. Le choc du fer sur le fulminate de mercure qui est introduit dans une capsule suffit pour le décomposer .

D’autres fois ils favorisent la combinaison. Quand on comprime brusquement un mélange d’oxygène et d’hydrogène, ces deux gaz se combinent, comme lorsqu’on les chauffe ou qu’on y fait passer une étincelle électrique.

Ces actions ne sont dues encore qu’à la chaleur dégagée par suite de la violence du choc, car Aimé a fait descendre dans la Méditerranée un mélange d’hydrogène et d’oxygène à une profondeur telle qu’il était soumis à une pression de plusieurs centaines d’atmosphères, et il a retrouvé ces gaz tout à fait intacts. Comme la compression était très-lente, la chaleur, résultant de cette compression, se dissipait dans l’eau au furet à mesure de sa production, et n’était pas suffisante pour porter le mélange à la température nécessaire à la combinaison.

106. 7° Force catalytique. — Tous ces faits se comprennent, s’analysent avec facilité : il n’en est plus de même des suivants.

FORGE CATALYTIQUE. 93

Il est une substance qu’on nomme l’eau oxygénée. Quand on y fait tomber du platine en poudre, elle perd la moitié de l’oxygène qu’elle contient, et le platine, sans lequel la décomposition n’aurait pas lieu, n’en prend pas une trace.

Le chlorate de potasse dégage, par l’action de la chaleur, tout l’oxygène qu’il contient, et la température nécessaire est assez élevée. Il suffit d’ajouter au chlorate de potasse un peu d’oxyde de cuivre pour que la décomposition ait lieu à une température beaucoup plus basse ; or l’oxyde de cuivre ne se décompose pas par la chaleur et n’absorbe pas trace de l’oxygène dégagé. Sans lui, cependant, le dégagement d’oxygène n’aurait pas lieu.

Quand on place du platine à l’état très-poreux, qu’on nomme la mousse ou Y éponge de platine, dans un mélange d’oxygène et d’hydrogène, ces deux gaz se combinent avec une vive détonation et l’on retrouve, après l’expérience, la quantité précise de platine qu’on avait employée.

Cette dernière réaction est susceptible d’être interprétée. L’expérience montre que les corps poreux condensent les gaz et que la mousse de platine, en particulier, est susceptible d’absorber dans ses pores d’énormes quantités d’oxygène et d'hydrogène. Cette condensation dégage une chaleur suffisante pour opérer la combinaison des deux gaz ; et ce qui montre que la chaleur est bien la cause déterminant le phénomène, c’est que la détonation du mélange d’oxygène et d’hydrogène n’a lieu que lorsque la mousse de platine a été portée au rouge.

Cette explication ne peut être admise pour les deux premières réactions, et jusqu’à ce jour on n’a pu en trouver une qui soit satisfaisante. On dit alors que le platine, l’oxyde de cuivre exercent une action de présence , et l’on rapporte ces faits à une force inconnue , nommée par Berzélius force catalytique (qui ne s’analyse pas). Ce nom ne nous éclaire en rien sur la nature des phénomènes, il s’emploie seulement danslebut de faciliter l’exposition des faits.

107. 8° État naissant. — On a remarqué que certains corps, qui ne s’unissent pas dans les conditions ordinaires, se com-

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