‹ Leçons de chimieChapitre 87 sur 558 · COMBUSTION EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

COMBUSTION EN GÉNÉRAL

l’air, et le sang prend une teinte vermeille. Ce sang, dit sang artériel, retourne au cœur, puis dans les diverses parties du corps où il éprouve l’action comburante de l’oxygène qu’il a dissous et où il se recharge d’acide carbonique.

On rend manifeste le dégagement d’acide carbonique en insufflant de l’air sortant des poumons, dans de l’eau de chaux, par le moyen d’un tube de verre. La liqueur se trouble aussitôt et déposebientôtun abondant précipitéde carbonate de chaux.

Un homme de moyenne taille brûle environ 12 grammes de carbone à l’heure. Ces 12 grammes exigent 32 grammes ou 22 litres 4 d’oxygène, ce qui fait 537 litres par 24 heures.

114. Combustion en général. — L’oxygène n’est pas le seul corps qui fasse brûler les autres.

Les autres métalloïdes et surtout le chlore, le soufre, partagent avec lui cette propriété et donnent des chlorures, des sulfures, dans les conditions où l’oxygène fournit des oxydes. On a étendu le sens du mot combustion, et on l’a rendu, pour ainsi dire, synonyme du mot combinaison , cependant on s’en sert d’ordinaire dans l’acception restreinte d'oxydation .

Nous distinguerons, en conséquence, les corps comburants, qui font brûler les autres, et les corps combustibles, qui brûlent en présence des premiers. Il n’y a pas de distinction tranchée entre ces .deux classes de corps, ce n’est qu’une propriété relative; tel corps est combustible par rapport à un second, et comburant par rapport à un troisième. Le chlore et l’oxygène sont les comburants par excellence, le brcrme, le soufre, viennent après : combustibles vis-à-vis de l’oxygène et du chlore, ils sont comburants vis-à-vis des autres.

Les métalloïdes suivent, de sorte que les métalloïdes (éléments éltctro- négatifs) sont comburants, et que les métaux (éléments électro-positifs^ sont combustibles L

Néanmoins il est important de comprendre que ces deux expressions, combustibles, comburants sont tout à fait conventionnelles et ont pour but d’expliquer la combustion telle qu’on la réalise d’ordinaire. Si c’est du charbon, du coke,

1 Voir, à l’article Combustion, de plus amples détails sur ce sujet.

ÉQUIVALENTS UE lY)XYGÈNE. PRÉPARATION. 103

c’est-à-dire un corps solide, il est en repos et devient incandescent, tandis que Poxygèneou Pair forment alentour un bain étendu, agité, qui n’est pas porté au rouge. S’il s’agit d’une flamme gazeuse, le composé hydrogéné et carboné forme, au sortir de la mèche ou du bec, un jet fin, qui est brillant tandis que l’oxygène ou 'Pair produisent une nappe qui est entraînée par le courant sans devenir lumineuse. Donc, dans ces deux cas, c’est le carbone et l’hydrogène qui, étant rouges, paraissent brûler : de là le nom de combustibles, sous lequel on les désigne. On peut produire une apparence inverse en faisant arriver par un tube effilé de l’oxygène dans une atmosphère hydrogénée ou carburée, et alors c’est l’oxygène qui paraît brûler. Il est clair que dans l’un et l’autre cas il se forme les mêmes combinaisons chimiques accompagnées de chaleur et de lumière et, par suite, il est sans portée de discuter au fond si c’est Poxygène ou bien Phydrogène et le carbone qui représentent le comburant et le combustible.

115. Équiralent de l’oxygène. — L’équivalent de Poxygène est représenté par 8, parce que c’est la quantité d’oxygène qui s’unit à 1 d’hydrogène, pour former Peau ou protoxyde d’hydrogène.

Il a été déterminé par divers moyens, et notamment par la synthèse de Peau au moyen de l’oxyde de cuivre.

PRÉPARATION DE L’OXYGÈNE

Il existe un grand nombre de combinaisons oxygénées qui peuvent abandonner la totalité ou une grande partie de Poxygène qu’elles contiennent.

On emploie presque exclusivement aujourd’hui un minéral assez commun, le bioxyde de manganèse, et une substance artificielle, le chlorate de potasse.

On retire Poxygène du bioxyde de manganèse par deux procédés distincts. '

116. Oxygène par la calcination du bioxyde de manganèse. — On réduit le bioxyde en poudre dans un mortier

104 PRÉPARATION DE l/OXYGENE.

métallique, et on en remplit aux § une cornue en grès. On essuie le col avec du papier brouillard, on y adapte un bouchon traversé à frottement par un tube deux fois recourbé, et on place la cornue dans un fourneau à réverbère, où on la consolide au moyen d’un fil de fer [fig. 32).

Le fourneau à réverbère est composé de trois parties. La partie inférieure, le fourneau proprement dit, est divisée par la grille en deux compartiments, le cendrier en bas, le foyer en haut. La partie médiane est le laboratoire ; c’est là que se passe le travail, car la panse de la cornue s’y trouve suspendue. Le col de là cornue passe dans une ouverture circulaire, ménagée *à moitié dans le laboratoire, et à moitié dans la troisième partie du fourneau nommée le réverbère ou le dôme .

Le tube abducteur se rend dans une cuve à eau, c’est-àdire, dans un grand vase en bois doublé de plomb, où l’on peut remplir commodément les flacons en les retournant dans la masse d’eau considérable que contient ce vase.

Le tube abducteur arrive, sous une planchette maintenue

PRÉPARATION DE L’OXYGÈNE

par des attaches, dans les couches d'eau supérieures. Des entailles ont été faites sur les côtés, pour que le tube abducteur puisse passer au-dessous de la planchette , qui est évidée, comme le tôt que nous allons décrire, et percée d'un trou par lequel le gaz se dégage. On recueille celui-ci dans des flacons ordinaires ou dans des tubes en verre cylindriques, fermés par un bout qu’on nomme des éprouvettes . Ces vases sont remplis d’eau.

Quand on ne prépare que de petites quantités de gaz, on remplace la cuve par une capsule en verre ou par une terrine.

La partie recourbée qui termine le tube ab- (Fig. 33.) ducteur pénètre par une ouverture latérale dans une petite capsule en terre, qu’on nomme un têt à * gaz ( fig . 33); le gaz s’échappe par une seconde ouverture ménagée sur le têt. L’éprouvette se place sur le têt.

On n’entoure pas la cornue de charbons rouges, car elle se briserait. On place sur la grille quelques charbons allumés, et on remplît le fourneau de charbons froids qui, s’allumant de proche en proche, échauffent la cornue avec lenteur.

Aussitôt que la température s’élève, l’air contenu dans l’appareil se dilate, et il s’en échappe des bulles à travers l’eau de la terrine; si ce dégagement n’a pas lieu, c’est que l’appareil ferme mal, et il faut immédiatement chercher le point où la fuite existe et la fermer, sans quoi tout l’oxygène s’échapperait par cette ouverture. Elle est, d’ordinaire, entre le bouchon et le col de la cornue, ou entre le bouchon et le tube abducteur. Le dégagement commence dès que la cornue est portée au rouge. On laisse perdre environ les deux premiers litres de gaz, parce qu’ils sont presque exclusivement formés de l’air qui remplissait l’appareil, et on recueille ensuite.

L’oxygène est d’abord trouble, parce qu’il est mêlé d’une certaine quantité de vapeur d’eau qui se condense, sous forme de brouillard, avant de disparaître dans l’eau du vase. On ajoute, par le dôme delà cornue, des charbons

Page 1