Mort à dix heures du matin
Autopsie. — Vingt-quatre heures après la mort. La vessie est remplie de liquide ammoniacal, épais et louche. On enlève ensemble la vessie, la prostate, la verge et le rectum par la division de la symphyse pubienne. Puis le canal de l'urèthre étant fendu sur la partie médiane, on constate que la prostate est fortement hypertrophiée. Le lobe médian fait une saillie anguleuse à l'embouchure du canal. Les deux lobes latéraux ont chacun le volume d'un œuf. Le verumontanum n'est pas très marqué. L'embouchure des canaux déférents est peu apparente. La surface interne de la vessie, presque normale, est seulement un peu décolorée.
Le rein gauche est altéré. Sa surface externe est noirâtre et entremêlée de points grisâtres, mous au toucher. A la coupe, le tissu est ramolli. On trouve disséminés dans la substance corticale de petits abcès. Le pus se fait jour dans les calices et les bassinets. En résumé pyélonéphrite du rein gauche.
Le rein droit ne présente pas de traces de suppuration. On y trouve simplement, disséminés dans la substance corticale, de petits points grisâtres qui ressemblent à des tubercules.
Thorax. — Les deux poumons sont retenus par des adhérences à la paroi thoracique au niveaude leurs sommets. On y trouve des tuberculescrétacés sans excavation avec un tissu pulmonaire indu ré et noirâtre tout autour. Pas de congestion pulmonaire. Le foie ramolli. Il n'y a rien sur la rate. Le cœur paraît sain en dehors de quelques plaques athéromateuses disséminées sur l'endocarde. De même la surface interne de l'aorte est parsemée de plaques jaunes, dont quelquesunes calcaires. Le grand sinus de l'aorte est très développé.
CCCXXUI. — Bétrécîssement inflammatoire. Dilatation progrès-
I- — Perrin (Eugène), trente-quatre ans, cuisinier, entre le 29 mars
lie Saint-Augustin I. Homme assez cbétif mais n'ayant jamais
^En !857, une blennorrhagie qui a duré deux ansel pour laquelle il ait aucun traitement. Trois ans après il éprouva une sorte de :t uriner. Le jet beaucoup plus mince était projeté moins Pas de douleur pendant la miction, mais quelques demandas et souvent une sensation de cuisson au bout du méat. Cinq six mois après le début, il éprouvait des douleurs dans les reins *jui quelquefois s'irradiaient dans tout l'abdomen. Il habitait alors >îmes et se rendit à l'hôpital de cette ville. Pendant son séjour calbétérisme en commençant par le n° 4, et Ton arriva progressive- Client à introduire le n° 12.
Le jet d'urine était devenu plus fort, et cette sensation de cuisson, de même que le prurit que le malade ressentait au bout de la verge, if aient disparu.
Cette presque guérison dura sept mois, mais le malade négligea de se sonder comme on le lui avait prescrit, et bientôt il éprouvait une nouvelle difficulté pour pisser.
I que le jet devenait de plus en plus filiforme, il entre à l'hôpital de Lille, où il habitait h cette époque.
La première sonde qu'on introduisit fut le n*5f et on parvint peu à peu à passer le n° 13.
Se sentant mieux, le malade demanda sa sortie et pendant près d'une année se sonda chez lui.
Jàlfttl il y a trois ans, la miction a été presque normale ; puis à cette époque, sans avoir fait d'excès d'aucune sorte, sans avoir travaillé outre mesure, il ressentit dans les lombes de violentes douleurs qui revenaient presque tous les deux jours; en mPme temps, iî était obligé défaire quelques efforts pour évacuer le liquide qui n'allait pas h plus de 13 centimètres au delà des pieds. Un prurit insupportable au bout de la verge, et un senti m eut de brûlure pendant le passage de l'urine, mais surtout après. Jusqu'à la fin de mars de cette année, il n'a pas suivi de traitement, -
La première fois, on emploie la sonde n° 5 qui ne s*engage pas à plus de lu centimètres du méat. Retirée, on introduit la sonde o04,
eto
ORGANES GÉMTO-UaiNAlRES.
qu'on finit par faire franchir, après de lentes tentatives, dans le ritrécUsement qui siège à 10 à iS centimètres du méat. Jamais II sang dans les urines, qui à la vue paraissent normales. DQatsIm progressive pendant 3 semaines; on commence par le n*4, atoa arrive au n° 42.
Obs. CCCXXIV. — Rétrécissement inflammatoire. Dilatation progmm. — Lansquenet (Auguste), trente-six ans, tabletier, entre le S j 1878, salle Saint-Augustin, il.
Uja trois ans, blennorrhagie qui n'est traitée que six : après le début par des injections de vin aromatique. Treis i après, guérison complète. Quatre mois plus tard, chancre* dont on voit aujourd'hui la cicatrice un peu à droite du Ma è | la verge. Entre à l'hôpital du Midi (service de M. le D* Plaques muqueuses dans la gorge, aux commissures à l'anus* Croûtes dans les cheveux et chute de par places. Guérison après un traitement mois. H y a un an, le malade, qui jusqu'alors avait- très i ressentit pendant son travail un pressant besoin de miction, 4fc- j ci, fut longue, difficile, douloureuse, le jet très petit. Ivii préoccupait pas de son état lorsqu'il y a deux mois le jetdttidè plus en plus faible. Biais la douleur et ce sentiment de cuiasoafrij éprouvait auparavant avaient disparu.
3 janvier. — On introduit successivement les sondes n**&4t | 6, 7, qui glissent facilement le long du canal. La sonde n* 8 i duite alors est arrêtée au niveau de la portion membraneuse; tôt- 1 tefois, après quelques minutes, on parvient à franchir le rétréci*- 1 sèment. Bain.
4. — Les n" 9, 10, franchissent facilement; le n° il franchit éph- 1 ment, mais est un peu serré. Le malade n'urine plus gouttai! goutte, mais le jet tombe à 2 centimètres à peine des pieds, i de brûlure après qu'on retire la sonde qu'il garde deux heures. ~| Bain.
5. — On passe le n° 12. Le jet d'urine est lancé un peu plus lois»*! le malade a besoin de faire très peu d'efforts.
6. — Sonde n° 13 passe, mais elle est tellement serrée qu'on intoH duit de nouveau le n° 12. Le jet d'urine est le même.
7* — Le n° 13 ne peut franchir le rétrécissement. — Bain.
8. — Le malade, menacé de perdre son travail, demande sa sorf>| et promet de venir de temps en temps se faire sonder.
Obs. CCGXXV. — Rétrécissement inflammatoire. Dilatation pro/r*\ sive. Urétkrolomie interne. Guérison. Nouveaux accidents au éoafil quatre ans. Dilatation progressive. Pneumonie intercurrente. Mort. 1*1 tier (Isidore), soixante-huit ans, entre le 2 janvier 4878, salle Su*! Augustin, 70.
ORÊTHRE.
tigle de naissance, cet homme chante dans les cafés et les rues; très souvent, A l'âge de vingt ans, chaude-pisse qui a duré
jûs. Dans le courant de 18T£, premières difficultés pour uriner m disparaissent après quelques jours. Deux mois environ après, il
soir de copieuses libations (trois litres de vin blanc) et fut surfcile lendemain de ne pouvoir uriner* Un médecin le sonda» et retira te grande quantité d'urine. Pendant quinze jours, la miction se Knme d'habitude, puis nouvelles difficultés, jet d'urine 1res joce et sensation de cuisson le long du canal. Cathétérisme. Dila- ■fam pendant une huitaine de jours* En 1874 uréthrolomie in. ariu\ — Guérison jusqu'au mois de septembre de cette année. Hde boisson surtout en juillet et août. La miction redevient âBcile ; jet d'urine petit et faible. Pas de traitement. Le malade continue à s'enivrer fréquemment. Depuis huit jours, l'urine ne sort -routte à goutte, mais sans douleurs.
Le £ janvier, entre à l'hôpital. A la visite du lendemain, on fait (éoétrer une bougie n° 9 qui passe sans difficultés, de même les i** il, 12, 13. Le n° 14 est arrêté h 'à centimètres du méat, et après quelques tâtonnements finit par franchir le rétrécissement. Nouvel bstacle au niveau du bulbe qu'on parvient également à vaincre. En
rit la bougie, on voit au méat un écoulement de quelques outtes de sang mélangé d'urine. On introduit une sonde de même :alibre qn'ora lusse h demeure pendant deux heures. — Bain.
Ajanvur, — On ne peut faire pénétrer un numéro plus élevé, — rata.
— Le n°43 s'engage, mais est très serré. Urines jaunes très fontroubles. fétides.
— Même numéro. — Bain,
— Le n° 45 ne peut plus franchir le rétrécissement* Hier dans >irée il a éprouvé des douleurs cuisantes en urinant; un peu de &sme. On introduit la sonde n° 14.
— Même état.
— Le n° 15 pénètre» mais est très serré ; les douleurs cuisantes jours précédents sont moindres, l'urine est aussi plus claire.