PRÉFACE
Nous publions aujourd'hui le troisième volume de dos Cliniques. Le plan que nous avons établi dès le début n'a été en rien modifié, les raisons que nous exposions à cette époque, déjà éloignée, n'ayant pas changé. La science progresse chaque jour, les idées se modifient en se perfectionnant, mais le cadre dans lequel elles sont renfermées n'a pas à subir de modifications lorsqu'il a été sérieusement établi, et qu'il a reçu la sanction du monde médical, du public savant. Nos efforts ont été jusqu'ici largement récompensés par l'accueil bienveillant qui a été fait à nos travaux tant en France qu'à l'étranger, et c'est avec confiance que nous présentons la troisième série de ce travail entrepris il y a huit ans, et que nous continuerons tant que nos fotxes nous permettront la pratique d'un art aux développements et aux progrès duquel nous avons consacré notre existence.
La partie purement didactique doit occuper dans toute œuvre chirurgicale une place importante : des faits que l'on observe, on est en droit de tirer des conclusions qui seront d'autant plus justes et indiscutables qu'elles seront basées sur un plus grand nombre d'observations, qu'elles seront appuyées sur l'examen d'un plus grand nombre de malades. La chirurgie
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ne peut s'accommoder d'hypothèses, et le but de tous ceux qui s'en occupent doit être de la dégager de V inconnu : les théories, en pareille matière, sont bonnes pour les philosophes, mais le praticien a autre chose à faire : établir un bon diagnostic, appliquer un bon traitement, voilà avant tout ce qu'il demande.
C'est à ces deux besoins que nous avons toujours cherché à répondre par la publication des leçons que nous faisons à l'hôpital Saint-Louis. Quelques-unes des plus importantes, celles dans lesquelles nous avons traité des points actuellement en discussion dans la science, ou d'une invention marquant une étape nouvelle, sont reproduites in extenso en tête du volume. Nos auditeurs habituels trouveront résumées dans le corps de l'ouvrage, précédant les observations, les considérations que nous avons énoncées sur chaque malade qui leur a été présenté.
Mais à côté de cette partie qui représente d'une façon spéciale l'enseignement que nous donnons, s'en trouve une autre non moins importante puisqu'elle est, à proprement parler, la base de la première, c'est celle qui contient les observations recueillies dans le service pendant les deux années comprises dans chacun de nos volumes.
Lorsqu'en 1874 nous entreprîmes cette œuvre considérable de rassembler et de livrer à l'impression l'histoire de chaque malade passant dans nos salles, plus d'un, parmi nos confrères, trouva l'essai hasardeux, jugeant que c'était là un travail qu'il serait impossible de poursuivre longtemps, et qui d'ailleurs sortait trop des habitudes actuelles de notre littérature médicale. Assurément, ce n'est pas sans avoir surmonté bien des difficultés que nous sommes arrivé au résultat que nous atteignons aujourd'hui, mais l'utilité pratique qui est attachée à cette publication nous a constamment soutenu
el encouragé à continuer les sacrifices que nous nous imposions pour mener à Lieu une tâche aussi ardue.
Et, certes, nous avons droit maintenant, jetant un regard en arrière, d'être fier du chemin déjà parcouru.
trois volumes de Cliniques, comprenant les cinq années 1874, 1875, 1876, 1877 el 1878, renferment plus de quinze cents observations, la statistique complète des opérations pratiquées à l'hôpital, la relation de quatre cent cinquante opérations de gastrotomie, etc.
:is avons voulu faire plus encore, cependant* Estimant file la meilleure description, l'observation la mieux rédigée I, malgré tout, inférieure h la vue de la lésion que Ion voulait décrire, nous avons fait reproduire par un artiste dont l'éloge n'est plus à faire, la plupart des pièces intéressantes qui ont passé sous nos yeux, de sorte que, dans notre muparticulier qui contient actuellement riz cent* pièces moulées et coloriées, sont conservés les cas pathologiques qui ont présenté un intérêt quelconque au point de vue chirurgical* • !à ce que nous avons fait et continuons à faire, n'ayant qu'un but, servir de notre mieux les intérêts de la science. Jusqu'à présent, nous pouvons espérer y avoir réussi, à en
» juger par le nombre toujours croissant des auditeurs qui ♦eut à nos leçons du samedi, et surtout, par l'extension rapide et continue de certains procédés opératoires qui nous sont propres et dont la malveillance ne cherche même plus
■ à nous retirer l'honneur de l'invention. te, pour tous ces travaux, el sans compter les encouragements venant du dehors, nous avons trouvé chez ceux qui sont attachés de plus près h notre pratique une intelligence et un dévouement qui n'ont certainement pas été sans résultat sur l'excellente statistique que nous allons publier, est avec plaisir que nous rappelons ici les noms de nos