D. — OPÉRATIONS PRATIQUÉES SUR LES OS
Obs. XX. — 29 mai 1879. — Jeune fille] de douze ans, nerveuse. Évidement d'une portion du tibia pour carie centrale. L'anesthésie survient en 30 secondes. L'opération dure 17 minutes. Vomissements. Légère contracture au début. Très peu d'agitation. Pupilles contractées. Sang rutilant. Pouls = 140. Respiration = 40. Les suites de l'opération sont bonnes.
Obs. XXI. — 19 juin 1879. — Homme de vingt-deux ans. Extraction de séquestres du fémur. Incision de 20 centimètres faite avec le thermo-cautère. L'anesthésie est obtenue en 30 secondes. L'opération dure 17 minutes. Pupilles contractées. Avant le sommeil, respiration =42; pendant : respiration = 20. Rêves. Réveil en 2 minutes. Suites bonnes.
E. — NÉVROTOM1E.
Obs. XXII. — 3 avril 1879. —Assisté de MM. Rottenstein, P. Regnard, Laffont, R. Blanchard, Lutaud et A. Brochin, nous opérons sous l'une des cloches de l'établissement de M. Fontaine. Il s'agit d'un homme de quarante-sept ans, souffrant horriblement depuis plus d'un an d'une névralgie du nerf sous-orbi taire qui était restée rebelle à tous les moyens employés pour la combattre. Nous avions
intentionnellement choisi un malade souffrant beaucoup, une opération très douloureuse et devant être pratiquée sur la face. Le masque employé la première fois a dû être remplacé par un gros tube en caoutchouc durci qu'on introduit dans la bouche pendant qu'on pince le nez pour empêcher l'air de pénétrer dans les voies respiratoires. Malgré la mauvaise disposition des appareils, qui a été cause que le malade s'est réveillé quelques secondes pendant l'opération, le résultat est bon. On fait une surpression de 0m,17 de mercure. L'opération, qui consiste à mettre à nu le nerf sous-orbitaire pour en réséquer le plus possible, dure 12 minutes, pendant lesquelles le malade ne se réveille que quelques secondes : tout le reste du temps, il est profondément anesthésié. Son pouisest monté à 136, mais il est aussitôt redescendu à 96. La respiration, pendant un temps très court, est devenue très précipitée. Aussitôt l'opération achevée, le malade se réveille, déclare n'avoir rien senti et ne plus sentir du tout l'atroce douleur dont il souffrait depuis plus d'un an ! Il se lève et n'éprouve aucune espèce de malaise. Il a été employé pendant cette opération environ 200 litres du mélange gazeux, mais il en a été perdu une certaine quantité.