PAR INSTRUMENTS TRANCHANTS
dant son travail ce boucher se frappa la caisse d'un coup de couteau; l'instrument était dirigé de haut en bas avec une certaine force. L'artère et la veine fémorale furent coupées. Heureusement que pendant quatre heures consécutives on fit de la compression digitale ; au bout de ce temps j'appliquai de fortes pinces sur les vaisseaux divisés et laguérison eut lieu très vite et sans accidents. Le malade de l'observation actuelle s'était coupé en rencontrant un couteau placé sur une table et dont le tranchant faisait saillie au delà du bord, la plaie était moins profonde et l'hémorrhagie s'était arrêtée spontanément quand il entra à l'hôpital.
A. — cou
Obs. I. — Coup de couteau (Régions sterno-mastoïdienne et sus-claviculaire du côté gauche). Section complète de la jugulaire externe. Section partielle de la carotide. Hémorragies veineuses répétées. Pincement. Plaies de Vaisselle et de la main. Phlegmon circonscrit de raisselle. Guérison. — Gaspar Louis, dix-neuf ans, terrassier, entre le ii décembre 1876, salle Sainte-Marthe, 3. Il aurait été attaqué la nuit dernière par deux hommes qui, dit-il, lui ont porté plusieurs coups de couteau. Des gardiens de la paix le ramassèrent évanoui, et après un premier pansement, ramenèrent à l'hôpital.
A la visite on constate sur la partie latérale gauche du cou deux plaies profondes à bords nettement tranchés, superposées et séparées par un pont de peau large d'un demi- centimètre. Elles sont obliques et s'étendent sur une longueur de 9 centimètres, de l'angle du maxillaire inférieur vers le sternum en longeant le bord antérieur du sterno-mastoïdien. En écartant les lèvres des plaies, on aperçoit des caillots sanguins qui sont soulevés par chaque battement artériel.
On les enlève avec soin, en appliquant des pinces hémostatiques sur les vaisseaux divisés, au fur et à mesure qu'on les rencontre. 11 est alors facile de constater la profondeur. Les organes sectionnés de dehors en dedans sont la peau, le peaucier, la veine jugulaire externe, l'aponévrose cervicale superficielle, la veine jugulaire antérieure, les muscles omoplato-hyoïdien et cleïdo-hyoïdien près de leurs insertions supérieures. L'os hyoïde semble avoir arrêté l'instrument. Au fond de la plaie on voit battre l'artère carotide externe dont la tunique adventice est coupée.
Un nombre considérable de petits vaisseaux ont été lésés. Sept
pinces hémostatiques sont appliquées dans ce premier examen et suffisent pour arrêter toute hémorragie.
Le malade porte deux autres plaies produites par le même instrument, Tune superficielle, n'intéressant que la peau et le tissu cellulaire, sur la face dorsale de la main gauche, à la racine de l'index ; la seconde sur la paroi postérieure du creux axillaire gauche. Celle-ci, longue de 2 centimètres, intéresse le bord inférieur du grand dorsal.
Le malade a perdu une grande quantité de sang, il est considérablement affaibli. Pendant les deux premiers jours on fait un pansement simple avec de la charpie imbibée d'eau alcoolisée sur les diverses plaies.
13 décembre. — On enlève les pinces hémostatiques. Les bords de la plaie cervicale sont réunies par cinq points de suture métallique.
14. — La plaie axillaire devient le point de départ d'un phlegmon circonscrit, passage d'un drain au moyen du trocart courbe. Cataplasmes.
17. — On retire les points de suture pour les remplacer par des bandelettes de tarlatane collodionnées. Pansement simple, charpie alcoolisée. Traitement interne tonique et reconstituant.
25. — On ôte les bandelettes, la plaie est réunie ; pas de suppuration. Pansement simple.
{"janvier. — 11 reste encore sur les bords de la plaie une ligne de bourgeons charnus en pleine végétation. Le malade sort guéri le 15 janvier 1877.