PLAIES ET CONTUSIONS
§Ier PLAIES PAR INSTRUMENTS TRANCHANTS
Cinq observations. — Dans les deux volumes précédents, les objets vulnérants avaient été le plus souvent des fragments de verre (vitres ou bouteilles). Cette fois-ci nous avons eu à soigner trois fois des coups de couteau. Dans deux cas, ils avaient été donnés dans des rixes et des attaques nocturnes : il y eut des plaies du cou et de la poitrine ; dans le troisième, la cuisse fut coupée assez profondément à la suite d'un accident ; nous allons y revenir.
La plaie du cou de l'observation I intéressait la peau, le peaucier, la jugulaire externe, l'aponévrose cervicale superficielle, la jugulaire antérieure, le muscle omoplatohyoïdien, et la portion claviculaire du sterno-cléido-mastoïdien. Immédiatement après le coup, une hémorrhagie abondante s'était déclarée ; le blessé était affaibli et anémié, lors de son entrée dans la salle. Aussitôt après que nous eûmes nettoyé la plaie et enlevé les caillots, de nouvelles hémorrhagie s se produisirent, nous les arrêtâmes immédiatement par l'application de sept à huit pinces hémostatiques. La plaie du cou guérit sans autre accident; mais une autre que le même individu avait reçue dans l'aisselle donna lieu
à un phlegmon circonscrit. Le précédent volume (Clin. 1876) renferme l'histoire d'une autre plaie de la région postérieure du cou (Obs. II, p. 364) que Ton pourra comparer à celle-ci.
L'obs. II est relative à une autre plaie de la paroi thoracique par coup de couteau ; rien à noter sauf une perte de connaissance après l'accident.
En somme nous trouvons dans nos travaux publiés depuis 1875, la relation de 6 plaies de poitrine par coups de couteau, 3 à la suite de tentatives de meurtre, deux consécutives à des suicides et une à un accident. Deux fois la plaie a pénétré jusque dans la cavité pleurale et intéressé le poumon (Clin, de 1875, obs. IV, p. 186. — Clin, de 1876, obs. III, p. 364). Dans le second de ces cas il s'agissait d'une blessure volontaire ; un seul cas a été mortel par suite d'accidents pleuraux tardifs (Clin, de 1875, obs. V, p. 187).
Parmi nos autres faits, celui de l'obs. V mérite une mention particulière. Il est relatif à une plaie de l'index faite par une scie circulaire ; le tendon du fléchisseur avait été coupé. Nous fîmes l'occlusion et nous soutînmes le doigt par une atelle dorsale, la plaie guérit sans accidents ; malheureusement il y eut une ankylose des deux dernières phalanges et nous dûmes les amputer sur la demande du malade parce que le doigt immobilisé en partie lui était plus nuisible qu'utile pour son travail. C'est là un fait des plus propres à montrer la gravité des plaies des doigts par scies. Trois cas rapportés dans nos volumes ont présenté des accidents graves; une première fois, le blessé fut enlevé par le tétanos (Clin, de 1875, obs. XII, p. 190); une deuxième nous eûmes encore un tétanos et nous fûmes obligés d'amputer à cause de lui l'auriculaire tout entier (Clin, de 1876, obs. XIII, p. 369). Dans le cas actuel, il n'y a point eu d'accidents immédiats, mais nous avons dû nous résigner à sacrifier tardivement deux phalanges ankylosées.
Un mot seulement sur l'obs. Yl. La plaie de la cuisse avait été faite par un couteau de boucher. C'est la deuxième que je vois depuis quatre ans dans des conditions à peu près analogues. La première fut de beaucoup la plus grave. Pen-