‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 2)Chapitre 59 sur 272 · OC · texte numérisé non relu

OC

embres

t Frontal .*♦. . , ,.., i

) Maxillaire inférieur , . ■ . . , , 2

; Vertèbres- . , , . , 4

\ Clavicule 3

i Sternum , .,..,,.. 1

f Côtes , P . . , 5

Humérus . 8

Cubitus et radius 2

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inférieur. / Tibia et péroné ..... . 15

Tibia........ 3

Péroné r, 8

supérieur.

Tolal.

Ou peut voir que le total général de 1874 h 1879, comprend 2S4 cas, La plus grande partie est relative aux membres (197 cas), et dans ce nombre les fractures surtout fréquentes ont été celles des deux os de la jambe : elles forment m peu plus du cinquième de la totalité {—), puisj viennent celle* du péroné (40), celles du fémur (30), et enfin celles de l'humérus (28).

fan allons voir successivement les points intéressants relatifs il chacun de ces os :

Non* avons peu de chose à dire sur les fractures du maxillaire, de la clavicule et des côtes.

L'observation LIV, portant pour litre fracture du sternum, est intéressante h plusieurs points de vue. La malade accouchée depuis quatre mois, avait eu pendant la période puerpérale des accidents psychiques dont la nature est mal déterminée. Depuis ce moment, elle a toujours eu des idées de suicide ; retirée par sa famille de la Salpôtrière, elle essaya d'abord de s'asphyxier; quelques jours après, elle sauta par la fenêtre d'un cinquième étage. Apportée presque aussitôt à l'hôpital, elle succomba dans la journée. 11 n'y avait ni frac-

250 MALADIES DBS OS.

ture du crâne, ni fracture des os des membres; aucune ecchymose ne pouvait indiquer la place exacte sur laquelle le eorps avait porté au moment de la chute. A l'autopsie on trouva entre les deux feuillets de l'arachnoïde et à la surface du cerveau une nappe de sang étalé ; la plèvre droite contenait un épanchement sanguin accompagné d'ecchymoses sous-pleurales.

Dans la cavité abdominale, autre épanchement entre la face postérieure du rein droit et la paroi correspondante, le sang avait fusé jusque dans le bassin. De plus le corps de la première vertèbre lombaire était brisé transversalement et le foyer de la fracture communiquait avec l'épanchetaent post-rénal.

Pour les fractures de l'humérus nous employons un appareil que nous avons mentionné déjà dans nos leçons antérieures et composé : 1° d'une atelle plâtrée fixée sur le moignon de l'épaule du côté de la fracture en haut et maintenant l'avantbras fléchi à angle droit sur le bras; 2° d'une autre atelle, plâtrée également, constituant une sorte de ceinture thoracique qui maintient le bras rapproché du tronc ; 3" enfin une troisième atelle en écharpe va du coude à l'épaule du côté opposé où elle est fixée ; elle assure et complète l'action des deux autres. De cette manière, les fragments sont parfaitement immobilisés et si la réduction a été bien faite, il ne reste ni saillie, ni déformation.

Dans une autre fracture de l'humérus droit produite par la courroie d'une machine dans laquelle le bras avait été pris, et compliquée de plaies multiples dont une communiquait avec le foyer, nous fûmes assez heureux pour conserver le membre en nous servant de l'appareil décrit dans notre volume de Cliniques de 1876, page 697 (obs. LXV1I). Dans un seul cas, nous dûmes faire l'amputation à la suite du broiement du bras sous la roue d'un omnibus.

Parmi les fractures du fémur, nous noterons les observations LXXX1I et LXXXIII; un des individus en question avait une hémiplégie ancienne, l'immobilisation et le séjour au lit amenèrent des escharres de décubitus, et la mort eut

lieu par marasme. Chez le malade de l'observation LXXXIII, paraplégique depuis longtemps, la fracture ne se consolida point.

Signalons enfin l'observation C. Le malade qui était rhumatisant se fait une fracture de jambe. Deux jours plut tard, survient une attaque de rhumatisme articulaire aigu. Ce fait doit être porté à l'actif de la 'théorie défendue énergiquement en France, depuis quelques années, par Verneuil et ses élèves, et d'après laquelle chez un individu en puissance de diathèse un traumatisme peut éveiller une manifestation aiguë.

A. FlOHTAL.

Obs. XLVII. — Fracture de la table externe du frontal. Plaie. — Débuchot Alexandre, trente-cinq ans, camionneur, entre le 22 janvier 1877 salle Saint- Augustin, 7t.

Intempérance habituelle. Au niveau de la bosse frontale droite, plaie étoilée d'une étendue de trois centimètres. En ce point il y a une fracture sans déplacement de la table externe de l'os. Ecchymose de la joue droite, gonflement des paupières du môme côté ; difficulté de les entrouvrir, rien du côté de la vision. Plaie irrégulière du menton. Contusion du bras droit dans sa partie moyenne et interne. Compresses d'eau alcoolisée sur les plaies.

26 janvier. — On rapproche les bords des plaies avec des bandelettes de tarlatane collodionnées.

7 février. — Le malade complètement guéri quitte le service.

B. Maxillaire inférieur.

Obs. XLV111. — Fracture incomplète de la branche montante du maxillaire inférieur gauche et de son rebord alvéolaire. — Rochy Eugène, vingt-cinq ans, journalier, entre le 25 mai 1877, salle Saint-Augustin,?.

En montant un sac de blé, il est tombé de la hauteur de trente échelons, de l'échelle où il était, sur l'angle d'un bateau. C'est la partie inférieure de la face qui a porté. Sur le milieu de la lèvre inférieure et du menton, on remarque une plaie étoilée, intéressant la peau et le tissu cellulaire jusqu'à l'aponévrose ; en un des points elle comprend toute l'épaisseur de la lèvre inférieure et arrive jusque sur les gencives; déformation de la bouche et de la partie inférieure dela face, par suite d'une tuméfaction considérable le long des branches

du maxillaire inférieur, mais cette tuméfaction est surtout considérable du côté gauche. Les dents inférieures ont conservé leur niveau, excepté les deux incisives gauches, la canine et la petite molaire du môme côté qui sont mobiles. La mâchoire est fracturée au niveau du rebord alvéolaire, il y a une saillie en avant du fragment. Au palper, les douleurs sont très fortes au niveau des condyles, on trouve une mobilité anormale de la branche montante gauche ; du côté droit rien de semblable.

En dedans de la lèvre supérieure, sur la ligne médiane, très forte ecchymose; l'alvéole de la première incisive gauche et celle delà canine sont fracturées. La douleur et le gonflement ne permettant pas de pousser loin l'exploration ; nous attendons quelques jours pour nous assurer si la branche montante gauche du maxillaire est fracturée. Compresses d'eau fraîche; injection d'eau vineuse dans la cavité buccale; six jours après, il n'ya plus de doute sur la fracture. Appareil plâtré.

Le malade sort guéri le 27 juin.

Obs. XL1X. — Fracture du corps du maxil/aire inférieur. Plaie du menton. — Porrein Jacques, vingt-six ans, bijoutier, entre le 28 octobre 1877, salle Sainte-Marthe, 25.

Poussé par un individu, il est tombé de sa hauteur sur le trottoir ; le menton a porté dans la chute.

A son entrée dans le service, déformation présentée par la partie inférieure de la face, déjetée en avant et en dehors du côté gauche ; la bouche est entrouverte et les dents supérieures et inférieures ne sont plus sur la môme rangée. Le malade éprouve une vive douleur dans les mouvements très limités qu'il fait pour ouvrir la bouche.

Les index introduits dans la cavité buccale constatent une fracture verticale avec peu de déplacement et correspondant à une ligne que l'on abaisserait perpendiculairement de la dent canine au bord inférieur de la branche horizontale de l'os. Le fragment le plus antérieur remonte en haut, tandis que le postérieur est porté légèrement en bas en avant et en dehors. La douleur est exagérée par les mouvements imprimés au maxillaire et par la pression qu'on exerce au niveau du point fracturé. Le malade avait probablement les dents serrées au moment de l'accident, car la deuxième molaire supérieure du côté droit, la canine inférieure du môme côté, les deux secondes molaires inférieure et supérieure du côté gauche sont brisées un peu au-dessus de la couronne. Sous le menton existe une plaie de cinq à six centimètres légèrement curviligne à bords régu- 'iers, qui intéresse la peau, le tissu cellulaire et l'aponévrose. Gonflement peu marqué du menton et de la partie gauche de la lèvre inférieure. Pansement avec l'eau alcoolisée. Alimcnls semi-liquides.

itoi àlUndra que la plaie soit en vote do guérison pour a cliquer un

inmik

i§ j{mt*ia\ «- Le gonllemcnt a disparu depuis plusieurs jours* La plaie nu lardera pas à être cicatrisée- Le malade ouvre plus facilement la bouche. Appareil plâtré en forme de fronde. II. - Le malade est envoyé à Vincennes,

C, COLOTTNB VERTÉBRALE.

BU. L. — Fracture de la lame de la première vertèbre dorsale, Plaie mtut£ et cuir chevelu. — Gremichios Alphonse, quarante ans, fondeurs citai, entre le 18 fév 117, salle Saint-Augustin, 3.

Tombé d'un premier étage I 1 s, étant ivre; ne peut donner inciro renseignement.

Haieeotttuse, transversale , de quatre centimètres, à la région pariétale gauche. Les bords sont renversés vers le fond et recouverts de caillot» agglutinés avec les cheveux.

Lmgeel réunion des bords de la plaie par deux points do suture, aprèàitoîr rasé le pourtour. Application de compresses d'eau froide, Doifairvive, exaspérant par la pression et les mouvements, au ni- HU delà première vertèbre dorsale ; léger enfoncement à gaucho M i'apopbyac épineuse. En pressant avec 1" index, on sent un peu do rrfpitotion ïtu niveau de la lame vertébrale gauche ; pas de troubles runclwfinds: sensibilité normale; pas d'ecchymoses. Repos absolu,

su/corier. — Un remplace les points de suture par deux bandelettes collodionnées ; la plaie est presque réunie; mômes symptômes qu'au débat du côté de la première vertèbre dorsale.

f* mars. — Guérison de la plaie de tête.

M— Les douleurs de la région dorsale ont complètement disparu. Plus de crépitation au niveau de la lame vertébrale, mais renfoncement persiste. Le malade quitte le service.

D. Clavicule.

Obs. LI. — Fracture oblique de la clavicule droite à l'union du tiers aterne avec les deux tiers internes. — Sénéchal Prosper, cinquantecinq ans, étameur, entre le 4 juillet 1877, salie Sainte -Marthe, 7. La teille, chute de la hauteur de trois marches sur le moignon do l'épaule droite.

Tête légèrement inclinée à droite ; le bras droit est maintenu contre le tronc par la main du côté opposé. Légère ecchymose au niveau des deux tiers externes de la clavicule. Pas de déformation do l'épaule. Saillie sous-cutanée, peu accentuée, à l'union du tiers externe avec les deux tiers internes de la clavicule. Au môme niveau,

crépitation sanguine, douleur vive à la pression, mobilité anormale. Le fragment interne est élevé et fait saillie en haut et en avant, la fragment externe est profondément déprimé. La crépitation osseuse n'a lieu qu'en abaissant le fragment interne. La fracture est un peu oblique de haut en bas et de dehors en dedans. Impuissance du membre à cause des douleurs. Pas de complication.

Réduction en appuyant sur la saillie du fragment interne et en écartant en dehors le moignon de l'épaule. Coussin sous l'aisselle. Appareil plâtré se composant de deux larges bandes plâtrées: l'une passant sous le coude et maintenant le membre fixé contre le tronc à la manière de l'écharpe de Mayor ; l'autre soutenant le coude par sa partie médiane et remontant par ses deux chefs l'un en avant, l'autre en arrière, pour se croiser sur l'épaule malade et aller se re- |j joindre sous l'aisselle opposée. Dix jours après l'application de l'ap- îj pareil, le malade part pour Vincennes, il revient le 1" avril. On enlève l'appareil. Consolidation parfaite, légère saillie du cal.

Obs. LU. — Fracture directe de la clavicule gauche à C union du tiers interne avec les deux tiers externes. — Râteau François, cinquante-cinq ans, mécanicien, entre le 26 novembre 4877, salle Sainte-Marthe, 31. En passant dans la rue, une planche d'échafaudage lui tombe sur l'épaule de la hauteur d'un premier étage. Il a ressenti immédiatement une violente douleur et n'a pu se servir de son bras gauche.

Ecchymose occupant tout le creux sus-claviculaire. Le malade porte la tête penchée du côté de son bras gauche qu'il soutient avec la main droite. Saillie anormale au niveau de la partie moyenne de la clavicule. Le moignon de l'épaule paraît abaissé et un peu rapproché de la ligne médiane. Impuissance du membre supérieur correspondant. En promenant le doigt sur la clavicule, on provoque une violente douleur quand on arrive à l'union du tiers interne avec les deux tiers externes ; en ce même point on rencontre une saillie, puis une dépression y faisant suite, en allant de dedans en hehors. A ce niveau aussi existe de la crépitation quand on fait exécuter au membre des mouvements.

La fracture est oblique de haut en bas et de dehors en dedans. Le fragment interne est porté en haut, le fragment externe en bas et un peu en avant.

27 septembre. — Réduction en attirant en dehors et en élevant un peu le moignon de l'épaule. Appareil consistant en une large bande plâtrée soutenant l'avant-bras plié à angle droit sur le bras, à la manière d'une écharpe de Mayor. Les deux chefs viennent se réunir sur l'épaule et maintiennent les fragments au moyen d'un bouchon do ouate qu'ils compriment: le point d'appui est pris sur le coude. L'épaule est maintenue un peu écartée du tronc à l'aide d'un

FM€TUREg. 255

i «a coin placé dan* ruisselle. Une seconde bande également autour du tronc, tient le bras fixé contre la paroi

— lie malade Réprouve aucune douleur; il peut mar- ! dans les salles.

M déerwérr, — Môme état : quitte le service avec son appareil. 91. — D nràent à la consultation.

I/appaml est enlevé, lia consolidation osseuse est définitive ; le cal

> d'un petit «tf de pigeon.

Oh. LDI. mm Fracture directe de la clavicule droite à runion du tien i M dm tien moyen. —Benoit Adelmard, entre le 3! déc. 1878. \ Saint-Augustin, 80. En soutenant, appuyé sur l'épaule, un tomehargé de sable, pendant qu'un de ses camarades plaçait la s, la force lui a manqué et le brancard est retombé lourt sur la partie externe de la clavicule.

i de toute cette partie externe, gonflement sur une étantes 2 centimètres au-dessus et de 5 au-dessous. Saillie anormale péi li clavicule. En appuyant le doigt, sur cette saillie qui répond à , tiers externe avec le tiers moyen, on provoque une vive r.Oa constate aussi une mobilité anormale et de la crépitation.!* fracture est transversale avec issue du fragment externe en mit, mtk le déplacement n'est pas considérable ; quand on porte bkas m arrière en même temps que l'épaule, on l'exagère un peu. fraisât plusieurs jours, on maintient le bras immobile à l'aide fus écharpe et l'on applique des compresses d'eau blanche à Feadroitde la fracture pour diminuer le gonflement.

iî janvier. — Le malade refuse de se laisser appliquer un appareil et exige sa sortie.

E. Sternum.

0k. U V. — Chute d'un 4* étage. Fracture du sternum . Diastasis du 2e cartûage costal gauche. Fractures du 2° cartilage droit et de ia lro vertèbre lombaire. Hémorragie méningée sans fracture du crâne. Vaste hémorragie intra-abdommale. Mort dans le coma. — Bossuge Jeanne, trente sas, porteuse de pain, entre le 2 mars 1877, salle Sainte-Marthe, 42. Cette malade, accouchée depuis quatre mois, a eu des accidents cérébraux à la suite (folie puerpérale).

Ole a séjourné à la Salpôtrière, d'où elle a été retirée non guérie par sa famille. Tourmentée par des idées de suicide, elle a essayé de s'asphyxier par le charbon et s'est jetée ensuite par la fenêtre d'un quatrième étage.

Satan. 10 heurts. — Apportée sans connaissance à l'hôpital.

Les pupilles sont légèrement dilatées, et les paupières fermées.

11 existe une petite ecchymose sur le cuir chevelu et une excoriation] de la peau du front à droite. Pas d'écoulement par l'oreille ni par le j nez. On ne trouve pas de fracture des membres, mais une fracture dij sternum à l'union des deux premières pièces. Elle meurt dans Je j coma à une heure de l'après-midi.

Autopsie (quarante-huit heures après la mort), le 4 mars.

Sous le cuir chevelu, on trouve une ecchymose en nappe occupant en grande partie la moitié antérieure du crâne. Pas de fracturedelt voûte. Le cerveau n'est pas contus ; il présente seulement à sa surface^ entre les deux feuillets de l'arachnoïde et sur sa face supérieure, om nappe do sang étalé. Pas de foyer hémorragique dans la substance cérébrale. Pas de fracture de la base du crâne.

Poitrine. — La fracture du sternum est transversale et siège an niveau du deuxième cartilage costal, lly a diastasis du cartilage coitftl gauche correspondant au niveau de l'articulation chondro-sternale. Le fragment inférieur du sternum fait saillie en haut et en avant. Le périoste n'est pas divisé en arrière. 11 y a aussi fracture en rare du 7" cartilage costal du cùté droit.

Dans la plèvre droite, on trouve un épanchement sanguin peu abondant et une ecchymose sous-pleurale à la partie supérieure du mOme cùté.

Abdomen. — Dans la cavité abdominale existe un large épanchement sanguin entre la face postérieure du rein droit et la paroi abdominale correspondante. L'épanchemcnt a fusé jusque dans le petit bassin. Fracture de la colonne vertébrale sans déplacement au niveau de la première vertèbre lombaire, Le corps do la vertèbre est divisé transversalement et le foyer de la fracture communique avec le foyer sanguin situé en arrière du rein droit. Tous les viscères sont intacts. Les ovaires sont encore volumineux; sur l'ovaire droit se trouve un petit kyste naissant de la grosseur d'un pois. Pas de fracture du sacrum ni des os iliaques. A la surface du corps il n'y a aucune ecchymose qui puisse indiquer exactement l'endroit de la chute.

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