‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 2)Chapitre 60 sur 272 · F. CÔTES · texte numérisé non relu

F. CÔTES

Uns. LV. — Fracture de la deuxième côte droite à un centimètre de son articulation sternale. Subluxation sterno-claviculaire. — Tambiui Auguste, quarante et un ans, entre le 27 mai 1877, salle Saint- Augustin, 3.

Un cboulement s'est produit dans une tranchée où il travaillait et Ta atteint à la partie supérieure du thorax. Un peu de rougeur de la peau, une légère contusion au niveau de l'articulation sterno-claviculaire s'étendent un peu au-dessus et au-dessous. Peu de douleur.

FÏUCTUKES. 257

si ce n'est dans l'élévation du bras du côté correspondant. Crépitation au niveau de l'articulation sterno-claviculaire droite et de la deuxième côte avec le sternum, surtout quand on fait tousser le malade ou qu'on imprime au bras des mouvements d'arrière en avant ; mobilité anormale, un peu de douleur à la pression. Fracture sans déplacement de la deuxième côte à son extrémité inférieure. Subluxation de l'extrémité externe de la clavicule du même côté en haut. Le bras est immobilisé dans une écharpe.

30 mai. — Le malade ne souffrant plus demande à sortir.

A juin. — Il peut reprendre son travail.

Obs. LVI. — Fracture verticale de la septième côte. — Gaillard (Antoine), trente-huit ans, charbonnier, entre le 21 janvier 1877, salle Sainte-Marthe, 10. Aidait à descendre du vin dans une cavet et se trouvait dans l'escalier au-dessous de la pièce qu'il dirigeait, pendant qu'un autre la laissait glisser. Les cordes ont manqué et la pièce a roulé sur le malade.

A son entrée : plaie contuse de la face dorsale de la main droite et des trois premiers doigts intéressant toute l'épaisseur des parties molles. Ecchymose de tout le côté droit du thorax ; douleur très vive immédiatement au-dessous du mamelon droit, s'exaspérant par la pression, les mouvements respiratoires et les efforts de toux. Mobilité anormale et crépitation faciles à constater, au niveau de la septième côte. Pas de déformation; pas de crachements de sang, pas d'emphysème. Respiration entrecoupée et précipitée. Application de dix sangsues loco dolent i. Bandage de corps en diachylon ; soulagement immédiat.

2 février. — Il sort avec son bandage qu'il enlève dix jours plus tard.

Obs. LVII. Fracture de la septième, de la huitième et de ta neuvième côtes droites. — Metternich (Angèle), quarante-neuf ans, chapelière, entre le 7 janvier 1878, salie Sainte-Marthe, 50.

Hier, un fiacre l'a renversée et lui a passé sur la partie inférieure et antérieure du thorax.

A son entrée: dyspnée, toux, pas de crachement de sang; douleur aiguë en un point correspondant aux septième, huitième et neuvième côtes gauches. Ligne jaunâtre laissée par la roue de la voiture; légère tuméfaction de la partie atteinte. Au niveau du point douloureux, saillie produite par un fragment oblique en bas et en avant. C'est la huitième côte qui est fracturée. En plaçant l'oreille en ce point, on perçoit nettement la crépitation ; de plus, en appliquant la main, on constate deux autres fractures de la septième et de la neuvième côtes. De ces fractures, celle de la septième côte répond à son tiers antérieur, tandis que celles de la huitième et de la neuvième côtes répondent à leur partie moyenne. On n'obtient que de la

crépitation. Rien du côté des organes thoraciques; dyspnée peu prononcée. T = 38. P = 98. Immobilisation des côtes au moyen d'nn . large bandage en diachylon fortement serré. \

La malade porte en outre sur la partie médiane de la face dorsale ^ de la main droite, une petite plaie linéaire superficielle que Ton pana 1 avec de la charpie imbibée d'eau alcoolisée maintenue par une bande.

8 janvier. — Respiration plus facile. Fièvre. Peu d'appétit. Soif vive. T = 37.— P = 92.

10. — Respiration encore gênée. Plus de fièvre. Appétit retenu. La soif persiste. T. = 37, 7. P. = 70.

42. — La malade se trouve très bien. La respiration est normale. Aucune douleur aux points fracturés, si ce n'est quand elle tousse.

Part pour le Vésinel le 18 février.

• Obs. LVIII . Fracture de la neuvième côte gauche à l'union des deux tiers antérieurs avec le tiers postérieur. Emphysème généralisé consécutif \ Scarifications. Guérison. — Bouvet (Charles), trente ans, journalier, entre le 24 mai 1877, salle Sainte-Marthe, 41. Renversé par une voiture, il a reçu un coup de tôle du cheval sur l'épaule droite et a été entraîné quelques pas.

Ecchymose prononcée occupant tout le côté gauche depuis Taisselle jusqu'à la hanche. Douleurs très vives dans toute la région, plus intenses au niveau de la neuvième côte. Emphysème de la face, des joues et des paupières. Les oreilles, le nez, le front et le menton ont gardé leur aspect normal. Le cou, le thorax et l'abdomen sont tuméfiés; la peau est distendue, mais sans changement de couleur ni de température. Le scrotum et les deux tiers supérieurs des cuisses sont également distendus par l'emphysème ; les téguments du scrotum surtout le sont au point qu'ils sont transparents et réductibles à la pression ; mais, aussitôt qu'on la cesse, le gonflement revient brusquement. Les bras et les mains sont beaucoup moins déformés. (Voy. la figure dans le tome II de notre Traité des tumeurs de V abdomen et du bassin, Art. Scrotum). Dans toutes les régions où existe ce gonllement, il y a de la crépitation et de la sonorité gazeuses. L'air infiltré dans les mailles du tissu cellulaire soulève la peau qui à la pression rend un craquement et une crépitation qui se reproduisent à volonté. Dyspnée, céphalalgie; à l'auscultation, on entend un peu de crépitation provenant surtout des parois thoraciques.

Il n'est pas possible de dire s'il y a une fracture de côte à cause de la crépitation gazeuse que l'on entend partout. Au niveau de la neuvième côte , on sent cependant un enfoncement. Le malade crache un peu de sang. Le pouls est plein, égal et bat 440. —

55 m*i. — Même éluL Hémoptysics pou abondante*. Pas de (lèvre.

P^llû. On fait sur le thorax 60 mouchetures avec lu pointe d'un

tiistuari et 20 environ sur le scrotum. L'air Réchappe sous forme

de bulle* par toutes ces piqûres. Le scrotum se vide par la près-

don, mats se remplit immédiatement. Pas de complications du

ctoè ik-* organes thoraeiques. Dyspnée moindre* Dysurie, cathé-

•ne,

Sk — P = 110. T = 37-, 6. Mémo étal. Le malade souffre moins,

nrmptômes \esicaux cessent.

îî.— Pas de crachements de sang. L'emphysème est moins con-

sdrrahlc. La partie supérieure des cuisses est revenue à son état

Ml.

SR, — L emphysème dimi eroenL La face et les parois

raciquev sont légèrement 3 ^* comme flétries. La douleur

pKiiste au niveau des dern es côtes et surtout de la neuvième.

Dnpnée presque disparue.

K, - Le scrotum et les parois thnraciques ont diminué de

D& ?== 100, 30, ~ La Taee a repris son aspect normal t le scrotum aussi; la parai thoracique seule présente encore un peu d'emphysème. Crépi talion engsse caractéristique sur ta neuvième côte à l'union des àm tfm antérieurs avec le tiers postérieur. Enfoncement du fragment postérieur au même niveau. Bandage de corps.

f" jwiV. — Plus de traces d'emphysème. Depuis que le malade port* son bandage, il souffre moins pendant les mouvements respiratoire* et se lève tous les jours, tt— Sort de l'hôpital.

28. — 11 quitte son appareil. Plus de douleurs. Consolidation parfaite.

Obs, UX. Contusion de t épaule . Fracture de la dixième côte gauche . — Baudouin (Marius), soixante- treize ans, graveur sur pierre, entre le iva«nl 1878, salle Saint-Augustin, 73.

En montant sur une chaise, celle-ci a basculé et il est tombé sur le côté gauche. Aussitôt après, il a éprouvé de la dyspnée et à la partie inférieure du thorax du même côté une douleur forte surtout quand il respirait. Pas de déformation au niveau du point douloureux; teinte jaunâtre de la peau. En promenant les doigts en cet endroit, on exagère les douleurs sans provoquer de crépitation, mais, en faisant fortement tousser le malade, on parvient à sentir une fine crépitation.

L'épaule a violemment porté sur le sol et elle est le siège d'une douleur tellement vive que le malade ne peut faire aucun mouvement spontané. On remarque sur le moignon de l'épaule une large ecchymose qui le couvre tout entier et qui s'étend tuf peu *sur le bras et du

côté de l'omoplate. Pas de luxation ni de fracture. Le malade se plaint en outre de douleurs dans la région lombaire. Ventouses scarifiées en cet endroit. Large bandage de corps fortement serré pour immobiliser la côte. Compresses d'eau blancbc sur l'épaule. Guérison rapide. Sort le 27 avril 1878.

G. Humérus.

Obs. LX. — Fracture par pénétration de la tête de l'humérus droit. Ptrtt de connaissance. — Romeney (Henri), quarante-neuf ans, entre le icr janvier 1877, salle Saint-Augustin, 73.

La veille, à la suite d'un étourdissement, il est tombé d'une échelle de la hauteur de 2 mètres sur le pavé : dans la chute, c'est l'épaule droite qui a surtout porté. Perte de connaissance pendant une demi-heure. Revenu à lui, il lui est impossible de se servir de son bras. A son entrée, tuméfaction très prononcée de l'épaule et principale* ment de la région deltoïdienne : l'épanchement de sang est manifeste. A la partie externe et supérieure, on voit une ecchymose de peu d'étendue. L'axe du membre supérieur est porté en dedans; pas d'applatissementau-dessousdel'acromion. Impossibilité des mouvements de la part du malade qui soutient son bras demi-fléchi et rapproché du corps avec la main du côté opposé. Douleur très vive à la pression, pas de fluctuation : le muscle deltoïde semble néanmoins soulevé. Les mouvements de rotation produisent à la partie antérieure de l'articulation une crépitation 1res douce. En explorant le côté interne de la jointure, on constate que la tôte et le col de l'humérus sont à leur place. 11 s'agit d'une fracture par écrasement et par pénétration du col chirurgical et du col anatomique avec peu de déplacement. Dans les mouvements d'adduction et d'abduction on obtient une crépitation osseuse légère.

Nous attendons quelques jours pour mettre le membre dans un appareil inamovible à cause de l'abondance de l'épanchement sanguin ; nous nous contentons de le maintenir dans une écharpe et de faire appliquer sur l'épaule des compresses d'eau blanche.

5 janvier. — Le malade souffre peu; le gonflement a diminué.

9. — Le gonflement a presque entièrement disparu; nous mettons un coussin dans l'aisselle et nous plaçons sur le bras demi-fléchi une gouttière plâtrée qui remonte au-dessus de l'épaule. Une autre bande plâtrée le rapproche du tronc.

40. — Le malade ne souffre plus; appétit et sommeil excellents.

41 février. — Nous enlevons l'appareil; la consolidation est parfaite.

46. — Guérison sans raccourcissement. Les mouvements spontanés sont encore difficiles. Le malade reprend ses travaux.

Obs. LXI. — Fracture indirecte du col chirurgical de r humérus gauche. Perte de connaissance après V accident. — Joli vet (Jean), soixante-six ans, journalier, entre le 24 janvier 1877, salie Sainte-Marthe, 9.

Il y a deux jours, il tenait de la main gauche la rampe d'an tramway et se préparait à monter, quand la voiture se mit brusquement en marche, exerçant ainsi une violente traction sur le bras ; il tomba sur le moignon de l'épaule gauche et perdit connaissance.

A son entrée : contusion et ecchymose de toute la partie supérieure et externe du bras gauche. Gonflement uniforme s'étendant depuis l'épaule jusqu'à quatre travers de doigt au-dessus du coude. Épanchement sanguin sous-deltoïdien rendant plus accusé le creux correspondant à l'insertion du deltoïde et du brachial antérieur. Bras appliqué contre le tronc. Douleurs vives s'exaspérant par les mouvements provoqués; impuissance du membre. Crépitation au niveau du col chirurgical de l'humérus, surtout sensible dans le mouvement de rotation. Les mouvements imprimés au corps de l'humérus ne se transmettent pas à la tête. Fracture transversale au niveau du col chirurgical ; le fragment inférieur fait saillie dans l'aisselle, tandis que le fragment supérieur proémine au dehors, au niveau de la partie moyenne du deltoïde. Réduction en fixant le moignon de l'épaule el en faisant l'extension sur le coude. Coussin dans le creux de l'aisselle ; écharpe de Mayor.

4 février. — Attelle plâtrée maintenant l'avant-bras fléchi à angle droit sur le bras et remontant jusqu'au moignon de l'épaule qu'elle embrasse. Autre attelle plâtrée en ceinture maintenant le membre fixé contre le tronc, tandis qu'une troisième bande passée sous le coude et l'avant-bras remonte en écharpe sur l'épaule saine où elle prend appui.

2 mars. — Nous ôtons l'appareil, consolidation presque complète. Appareil silicate. Le malade quitte le service le quinzième jour. Plus tard il revient dans la salle, et nous enlevons l'appareil ; consolidation parfaite ; un peu de roideur dans les mouvements de l'épaule.

Obs. LX1I. — Fracture indirecte, un peu oblique de haut en bas et de dedans en dehors, à l'union du tiers supérieur avec le tiers moyen (//. gauche). Lefèvre (Clotilde), soixante ans, marchande de jouets, entre le 5 septembre 1877, salle Sainte -Marthe, 31. La veille, elle est tombée sur le coude gauche un peu écarté du tronc.

A son entrée : gonflement uniforme du bras gauche depuis l'épaule jusqu'à deux travers de doigt au-dessus de l'articulation du coude. Le deltoïde est soulevé par l'épanchement, ce qui rend plus accentuée la dépression située au niveau de son insertion humérale. Pas d'ecchymose apparente. Déformation du bras au niveau du point

d'insertion du deltoïde, consistant en un soulèvement de la partie située au-dessus , tandis que la partie sous-jacente est attirée en dedans.

Douleurs à la pression dans toute la partie qui correspond aoi deux tiers supérieurs du bras. Si, saisissant d'une main l'extrémité supérieure du membre et de l'autre la partie inférieure, on imprime à l'humérus des mouvements de latéralité, on constate une mobilité anormale et de la crépitation au niveau de l'insertion deltoîdienne. La fracture siège entre celte insertion et celle des muscles de la coulisse bicipitale. Le fragment supérieur a été légèrement attiré en dehors par le deltoïde; le fragment inférieur est porté en dedans. La fracture est un peu oblique de haut en bas et de dedans en dehors. Impuissance du membre. Pas d'anesthésie cutanée. Raccourcisse- ^ ment de 1 centimètre. j

Extension faite sur l'extrémité inférieure de l'humérus; contreextension obtenue en croisant les mains sous l'aisselle ; coaptation facile. Gouttière plâtrée embrassant l'avant-bras fléchi à angle droit sur le bras et remontant sur l'épaule à la surface de laquelle elle prend appui; autre bande plâtrée qui, partant de l'épaule gauche, descend en écharpe sur la partie postérieure de la poitrine, passe sous l'aisselle droite et remonte jusqu'à son point de départ. Une bande roulée sert à maintenir les attelles et le membre appliqué contre le Ironc.

Au bout de trente jours l'appareil plâtré est enlevé. Cal osseux peu volumineux; pas de raccourcissement; appareil silicate. La malade sort le 5 septembre et peut reprendre ses travaux le 16.

Obs. LXII1. — Fracture directe à quatre travers de doigt au-dessus du coude. — Guénot (Louis), cinquante ans, forgeron, entre le 19 février 1877, salle Sainte-Marthe, 11. Il y a quarante-huit heures, dans un violent mouvement du membre supérieur droit en arrière, la main étant chargée de 10 kilog. la partie inférieure du bras vint heurter le bord d'une table. Le poids tomba brusquement et les mouvements de l'avant-bras devinrent impossibles.

A son entrée : gonflement général de tout le bras, depuis la tête de l'humérus jusqu'au coude ; veines sous-cutanées plus apparentes qu'à l'état normal; pas d'ecchymose, sinon à quatre travers de doigt audessus du coude ; là se trouve un épanchement sanguin transversal. Pas de déformation apparente; crépitation sanguine au-dessous de la couche musculaire. Crépitation osseuse et mobilité anormale à quatre travers de doigt au-dessus du coude. Douleurs vives occasionnées par les mouvements provoques ; impuissance du membre.

Réduction facile en fixant le moignon de l'épaule et en exerçant une traction légère sur le coude. Le membre est maintenu pendant cinq jours dans une gouttière en lil de fer. Cataplasmes.

25 février. — Appareil plâtré composé d'une gouttière postérieure embrassant tout le membre et remontant jusqu'à l'épaule où elle est maintenue par deux bandes plâtrées qui croisent le thorax en avant et en arrière pour aller se réunir dans l'aisselle du côté opposé. Bras fixé au tronc par des tours de bande circulaires. Consolidation sans raccourcissement,

24 mars. — Le malade part pour Vincennes avec un appareil silicate. Quinze jours après, son appareil est retiré ; il reprend ses travaux.

Obs. LXIV. — Fracture de Vèpitrochlée. — Déjardin (Jules), dix-huit ans, emballeur, entre le 3 janvier 1877, salle Saint-Augustin, 8. Le matija même il a eu le bras gauche pris sous une pile de caisses chargées de cylindres en verre et a fait de grands efforts pour se dégager. Une heure après l'accident il a senti une tumeur du volume d'une mandarine à deux travers de doigt au-dessous de l'olécrânc ; impossibilité de continuer son travail.

A la visite nous trouvons le membre dans la demi-flexion, gonflé depuis le tiers inférieur du bras jusqu'au tiers moyen de l'avantbras. Ce gonflement est surtout considérable sur les côtés du coude. Les muscles épitrochléens et épicondyliens sont soulevés par un épancbement. L'olécrâne est facile à sentir ainsi que l'épitrochlée: l'épicondyle est moins reconnaissable au doigt ; cependant on distingue les trois saillies sur la môme ligne. Pas de changement de coloration de la peau. Au niveau de l'épitrochlée, ecchymose linéaire de 4 centimètres de longueur sur 4 de largeur. Mouvements volontaires de flexion et de pronation possibles, mais douloureux; mouvements d'extension faciles. Au toucher, pas de crépitation, pas de mobilité anormale. Cependant à cause de l'ecchymose et de la douleur vive au niveau de l'épitrochlée, nous soupçonnons que cette épiphyse est le siège d'une fracture sans déplacement. Le membre est placé dans une gouttière, immobilisé et recouvert de compresses d'eau blanche.

$ janvier. — Le gonflement diminue et permet de mieux explorer les surfaces osseuses. La douleur à la pression existe encore au niveau de l'épitrochlée.

8. — Le gonflement et l'ecchymose persistent; la douleur est moins vive; les mouvements de flexion et de pronation sont plus faciles et moins douloureux.

11. — Le point douloureux a disparu, l'ecchymose et le gonflement ont diminué, les mouvements do flexion sont presque normaux. Le malade se lève, le bras soutenu dans une écharpe.

22 janvier. — Sort guéri.

Obs. LXV. — Fracture compliquée de plaie de l'humérus droit à Vuninn du tiers moyen et du tiers inférieur. — Alain (Edmond), vingt ans,

fleuri sic, entre le 27 mai 1877, salle Saint-Augustin, 8. La veille de soi entrée, le bras a élé pris par la roue d'une machine qui, après avoir saisi la manche de la chemise, a tordu et fracturé l'humérus au lien inférieur.

*A son entrée: contusions multiples de Tavant-bras, du bras et de l'épaule. Deux plaies sur le bras, Tune à la partie moyenne de II face externe, de la grandeur d'une pièce de deux francs, l'autre plu petite à la partie supérieure de la face interne, au niveau du bord iaférieur du grand pectoral. L'humérus est fracturé à l'union de son tiers moyen avec son tiers inférieur. La plaie inférieure communique avec le foyer de la fracture. Les muscles du bras sont broyés. Oq sent profondément une crépitation sanguine. Sur la peau, excoriations multiples. Toute la surface du bras est transformée en une vaste ecchymose. Sur l'épaule, le gonflement s'étend en avant jusqu'au sternum, en haut jusqu'à la racine du cou, en arrière jusqu'au railieo du dos. Là aussi ecchymoses et excoriations, mais pas de fracture de l'omoplate. Fièvre, langue sale. T = 39°.

Nous plaçons le malade dans notre gouttière en fil métallique garnie simplement de coussins d'ouate enveloppés de taffetas gommé. Ces coussins permettront le lavage des plaies et l'écoulement des liquides dans un vase placé au-dessous de la gouttière (4). Les plaies sont seulement recouvertes de compresses d'eau blanche renouvelées plusieurs fois par jour.

29 mai. — Suintement séro-sanguinolent par les deux plaies du bras. Les bords sont un peu gonflés. T= 38°,9.

30. — Pas de complication. Le suintement des plaies a légèrement diminué. T = 38°.2.

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