‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 2)Chapitre 61 sur 272 · État général excellent. T · texte numérisé non relu

État général excellent. T

itr juin. — La plaie de la partie inférieure du bras tend à se fermer. Il n'y a plus de lièvre. Nous continuons les compresses d'eau blanche.

8. — Les bords de la plaie supérieure sont rouges et gonflés. Un peu de pus s'est accumulé dans le fond. Incision de 3 centimètres pour vider le foyer. Le gonflement général du membre a presque disparu. La plaie inférieure est sèche, rosée et lisse à sa surface. On dirait qu'il ne s'y forme pas de bourgeons charnus. Elle est un peu plus large qu'une pièce de deux francs. Sur les bords on voit apparaître une pellicule presque transparente.

15. — Tandis que la plaie supérieure, après avoir suppuré, se couvre de bourgeons charnus et se cicatrise, la plaie inférieure reste sèche et sans croûte.

2(>. — La plaie supérieure est fermée; l'inférieure est réduite des

;i) Voir Cliniques de IS?iï,p. 007. Description et figures.

deux tiers : la cicatrice s'est faite de la circonférence vers le centre. Le malade est laissé dans sa gouttière.

2 juillet. — Les deux plaies sont complètement cicatrisées : celle de la partie inférieure du bras d'à jamais donné de pus.

45. — La fracture est consolidée, mais le blessé a le coude ankylosé à angle obtus et beaucoup de raideur dans l'articulation de l'épaule. Sort le 2 août.

Deux mois plus tard l'ankylose a disparu et il peut reprendre ses travaux.

Obs. LXVI. — Fracture du bras gauche à la partie moyenne. Décollement étendu de la région sacrée. Fracture de la coltmne vertébrale. Hémorrkagie intra-rachidienne. Mort. Autopsie. — Broca (Joséphine), dixsept ans, fruitière, entre le 21 février 1877, salle Sainte-Marthe, 45.

Le 21 février, à quatre heures, elle est tombée du cinquième étage dans une cour. *

Vaste plaie de la région sacrée, avec hémorrhagie en nappe. Dénudation de tout le sacrum dont les fragments sont détachés sur les côtés. Large décollement dans tous les sens. En haut l'aponévrose Iombo-sacrée est à découvert; sur les côtés le doigt arrive difficilement aux limites du décollement.

A droite, toute la face postéro-inférieure du grand ligament sacrosciatique est à nu, le muscle grand fessier est soulevé, les branches de l'artère fessière sont probablement divisées; mais le sang ne s'écoule pas en jet. Avec le doigt on peut sentir le muscle pyramidal et tout le pourtour de la grande échancrure sciatique. Le décollement se poursuit encore plus en avant entre le grand et le moyen fessier.

A gauche, le décollement a une étendue moitié moindre. Les deux cornes du sacrum sont à nu et intactes. L'anus est béant ; mais, en introduisant le doigt, on ne constate aucune déchirure du rectum.

Au niveau du périnée une plaie contuse qui n'empiète pas sur la vulve.

Fracture de l'humérus gauche, à sa partie moyenne. Petite plaie située à la partie postérieure et interne du bras communiquant avec le foyer de la fracture. Celle-ci est dentelée, oblique de haut en bas, d'avant en arrière, et dedans en dehors. Le fragment supérieur fait saillie en arrière et en dehors, 1 inférieur fait saillie en haut et en dedans.

Forte saillie des apophyses épineuses des deux ou trois dernières vertèbres dorsales. Pas de crépitation si l'on cherche à les repousser. Saillie et mobilité anormale de l'extrémité externe de la clavicule gauche qui est luxée.

Le pied gauche est tourné un peu en dedans. Les malléoles sont intactes et dans leurs rapports normaux, mais l'astragale est repoussée

en avant. On sent très bien cet os au-devant du cou-de-pied. En arrière ; le tendon d'Achille paraît rétracté et le calcanéum se rapprocta du ligament postérieur de l'articulation. Luxation de l'astragale er avant.

Agitation ; incapacité de nous donner les détails de la chute; extrémités froides; cyanose des mains ; pouls petit. Nous avons beaucoup de peine à réchauffer les extrémités. Les pupilles sont léger* ment dilatées. Mort à six heures du soir.

Autopsie. — Quarante heures après la mort.

Fracture de la colonne vertébrale au niveau de la troisième ver* tèbre lombaire. Tout le rachis est mobile en cet endroit. Déchirait1 du ligament jaune correspondant. Léger épanchement de sang péri- -j néphrétique provenant du foyer de la vertèbre fracturée. Le grand . ligament vertébral commun antérieur fait saillie au même niveau. U , fracture siège à la partie supérieure du corps de la vertèbre; elleasi un peu oblique de droite à gauche. Sang dans le canal rachidieo. Li moelle et les nerfs de la queue de cheval sont contus et entourés de caillots. Pas de fracture du bassin en dehors des esquilles du sacrum détachées pendant la vie. Rien de spécial à noter sur la fracture de l'humérus. Large épanchement sanguin autour du foyer. Les muscles et le tissu cellulaire sont triturés. La plaie cutanée communique avec le foyer. La direction des fragments est bien celle qu'on a reconnue pendant la vie. Le ligament capsulaire de l'articulation acromioclaviculaire est divisé, ainsi que les ligaments coraco-claviculaires, mais ceux-ci le sont incomplètement. L'extrémité externe de la clavicule fait saillie sur la face supérieure de l'acromion.

Obs. LXV1I. — Broiement du bras. Amputation. Ostéo-my élite tardiot de la portion d'os restante. Gufrison. — Guziger (Gaston), treize ans, entre le 6 août 1877, salle Sainte-Marthe, 30. Le jour même, il a été renversé par un omnibus dont une roue lui a passé sur le bras gauche. A l'hôpital, nous constatons un broiement complet des deux tiers supérieurs de l'avant-bras gauche, du coude et du quart inférieur du bras. Les os sont mis à nu à travers des lambeaux de chair.

7 août. — Amputation circulaire de la partie moyenne du bras Réunion par sutures métalliques à anses séparées, superficielles c profondes, des deux tiers supérieurs de la plaie dont les bords son rapprochés dans le sens latéral. Nous laissons deux pinces hémosta tiques pendant vingt-quatre heures sur les gros vaisseaux, et nou plaçons un tube élastique fenôtré pour faciliter l'écoulement des 1; quides de la plaie à la partie déclive. Pansement alcoolisé.

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