‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 2)Chapitre 73 sur 272 · Le malade sort guéri · texte numérisé non relu

Le malade sort guéri

Obs. XCI. — Fracture oblique. (Jambe gauche.)— Jarcin, trente et un ans, aplatisseur de corne, entre le 7 mars 1877, salle Saint-Augustin, 11 .

Assis sur un banc, les jambes écartées, la pointe du pied droit appuyée sur le sol, il a élé renversé par un voisin placé à sa droite. Dans la chute le pied droit a porté à faux sur son bord externe; il n*a pu se relever.

Gonflement général du pied et de la jambe ; ecchymose interne et antérieure remontant au genou et jusque dans le creux poplité, surtout prononcée à la face interne. Pied porté en dehors. Pas de douleur spontanée ; à trois travers de doigt au-dessus de l'articulation tibio-larsienne, au côté interne, le tibia est fracturé obliquement en bas et en avant, le fragment inférieur proémine en dedans el un peu en avant.

Les mouvements d'adduction provoquent une crépitation très accusée au-dessus de la fracture du tibia et une mobilité anormale du péroné au-dessus de la précédente. L'abduction montre que le péroné est fracturé à sa partie moyenne. La flexion et l'extension donnent une crépitation du tibia seulement. La pression ne provoque pas de douleur locale bien marquée ; le pied retombe en dehors quand on cesse de le soutenir. Raccourcissement de 2 centimètres. Réduction. Gouttière plâtrée, embrassant la face plantaire du pied, les faces postérieures et latérales delà jambe et remontant jusqu'au genou.

15 avril. — Consolidation sans raccourcissement.

Obs. XCII. — Fracture transversale. {Jambe gauche.) — Bitouzet (Jacques), quarante-sept ans, argenteur, entre le 15 décembre 1877, salle Sainte-Marthe, 16. Il a glissé, en marchant rapidement, et l'extrémité inférieure de la jambe gauche s'est engagée sous le bord inférieur d'une, cuve élevée de 20 centimètres au-dessus du sol. Dans un brusque mouvement qu'il lit en avant pour éviter la chute, sa jambe se fractura au point de contact avec la cuve. Le malade tomba et ne put se relever.

Douze heures après l'accident nous constatons : une légère contusion de la peau à l'union du tiers inférieur avec le tiers moyen de la jambe gauche. Pas de déformation ni de déviation du membre. Épanchement au niveau de la face antérieure du tibia étendu de l'articulation tibio-tarsienne à quatre travers de doigt au-dessous du genou. Le malade ne peut soulever le pied. Tous les mouvements spontanés sont impossibles ; les mouvements provoqués sont très douloureux. Mobilité anormale et crépitation. Fracture transversale et sans déplacement des deux os, à l'union du tiers inférieur avec le tiers moyen.

Gouttière plâtrée munie d'un étrier remontant au tiers moyen de la

cuisse et maintenue par des bandes plâtrées appliquées circulairement.

25 janvier. — L'appareil est enlevé. Consolidation complète sans raccourcissement. Sort avec un appareil silicate.

Il revient quinze jours après. L'appareil silicate est enlevé dans un bain. Le malade peut marcher sans douleur ; il n'accuse qu'un peu de raideur dans le genou et l'articulation tibio-tarsienne.

Obs. XCIII. — Fr. bi-malléolaire (jambe gauche). Rupture du ligament latéral interne avec subluxation du pied en dehors. — Mathieu, soixantequatre ans, peintre, entre le 30 septembre 1879, salle Sainte-Marthe, 10. En marchant il a glissé sur le pied gauche qui s'est trouvé fixé entre un pavé et la saillie du trottoir : à ce moment il est tombé sur le côté gauche. Il éprouva aussitôt de violentes douleurs et ne put se relever.

Épanchement ecchymotique étendu de la racine des orteils à deux travers de doigt au-dessus des malléoles, plus prononcé autour de l'articulation tibio-tarsienne et de la face dorsale du pied. Petite plaie superficielle et transversale au-dessus de la malléole externe. Pied légèrement tourné en dehors : le bord externe et la pointe regardent un peu en haut. La malléole interne est plus saillante qu'à l'état normal; l'externe est déprimée.

Pas de coup de hache. La pression au-dessus de la malléole interne et suivant le trajet des ligaments est très douloureuse, de môme que sur la malléole externe. H y a un peu de diastasis. Si, saisissant le pied avec la main gauche et la jambe de la main droite au niveau des malléoles, on imprime au pied des mouvements d'adduction et d'abduction, on sent une légère crépitation et une mobilité anormale immédiatement au-dessus de la malléole interne : mômes symptômes du côté du péroné au niveau du col de la malléole externe. La crépitation et la mobilité anormale sont plus sensibles pour le tibia dans les mouvements d'adduction, et pour le péroné dans l'abduction. Impuissance du membre. Pendant huit jours, gouttière en fils de fer. Compresses d'eau blanche.

7 octobre. — La tuméfaction a disparu. Réduction facile en ramenant simplement le pied en dedans par une légère traction. Application d'un appareil plâtré composé d'une gouttière postérieure avec étrier et remontant au tiers moyen de la cuisse. Quelques bandelettes de diachylon maintiennent la gouttière. Pas de fièvre, pas de complications. État général satisfaisant.

9 novembre. — On enlève l'appareil. Consolidation osseuse. Les mouvements de l'articulation sont encore très douloureux. Appareil silicate embrassant le pied fléchi à angle droit sur la jambe et remontant au-dessus du genou.

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