‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 2)Chapitre 74 sur 272 · Consolidation parfaite · texte numérisé non relu

Consolidation parfaite

Obs. XCIV. — Fr. oblique de l'extrémité inférieure du tibia et transversale de l'extrémité du péroné (jambe droite). — Vermeil (Charles), trente- sept ans, tourneur en cuivre, entre le 27 mai 1877, salle Saint- Augustin, 79. La veille il a été renversé par un individu ; il ne sait comment il est tombé. Tuméfaction diffuse de la racine des orteils à l'épine du tibia, plus prononcée au-dessus du cou-de-pied : en ce point elle forme un bourrelet cylindrique. Ecchymose cutanée et sous cutanée à trois travers de doigt au-dessus de l'articulation tibio-tarsienne, s'étendant latéralement derrière les malléoles. Le pied est dans la rotation en dedans ; ses mouvements sont impossibles; peu de douleurs spontanées. Le toucher permet de constater au tiers inférieur du tibia une fracture oblique de haut en bas et de dehors en dedans avec saillie du fragment inférieur en dehors. En ce point les douleurs sont très vives à la pression; la malléole externe est très douloureuse, mais par la pression on découvre, à trois travers de doigt au-dessus d'elle, un peu au-dessous de la fracture tibiale, une autre fracture transversale. Raccourcissement de 2 centimètres. Gouttière métallique. Compresses alcoolisées.

l*r juin. — Appareil plâtré.

10 juillet. — Appareil silicate. Consolidation incomplète.

27. — État parfait, sans raccourcissement. Le malade marche avec des béquilles et sort le 31.

Obs. XCV. — Fr. oblique de la partie moyenne du tibia droit. Fr. mal* Molaire oblique du sommet de la malléole péronière de ce côté avec issue du fragment supérieur à travers li peau chez un alcoolique; ostéo- arthrite ; appareil plâtré. Contre- ouverture. Guérison lente. — Verlet (Charles), quarante et un ans, gantier, entre le 11 mai 1877, salle Saint-Augustin, 5. Alcoolique, débilité par les excès. Il a été renversé la veille étant en état d'ivresse, et il ne peut donner d'autres renseignements. A son entrée, il est encore ivre et n'accuse pas de douleur. Pied dans la rotation en dehors, gonflement étendu des orteils au genou ; teinte ecchymotiqueà la partie médiane et antérieure de la jambe. Impuissance du membre; par le toucher on découvre à la partie moyenne du tibia une fracture oblique de haut en bas et d'arrière en avant. Le fragment supérieur fait saillie sous la peau. Douleur, crépitation et mobilité anormale à ce niveau. Le péroné est fracturé au sommet de sa malléole ; son fragment supérieur fait saillie à travers la peau ; il est taillé obliquement de haut en bas et de dedans en dehors. La mensuration du membre donne 1 centimètre de raccourcissement. Réduction. Fermeture de la plaie avec des bandelettes de tarlatane collodionnées. Compresses alcoolisées.

17 mai. — Appareil plâtré, môme pansement.

30. — Abcès sous le périoste du fragment supérieur du péroié arthrite tibio -tarsienne. Ouverture par le bistouri. Cataplasmes. phlegmon de voisinage retarde la consolidation jusqu'au 3 A cette époque le malade sort guéri.

Obs. XCVI. — Fr. oblique (jambe droite). Perte de connaissance laccitlent. — Dupont, quarante-cinq ans, sellier, entre le 49 vier 1877, salle Saint-Augustin, 76.

En se disputant, il reçut un violent coup de pied sur la partie térieure de la jambe droite et tomba sans connaissance.

A son entrée, on voit à la partie antérieure et moyenne de h jambe un énorme gonflement et une ecchymose descendant j» qu'au cou-de-pied. Déchirure de la peau à la partie moyenne de h jambe. Courbure au même niveau, plus prononcée au côté intene; impuissance du membre; douleurs vives; état fébrile.

En promenant le doigt le long de la crête du tibia, on trouve k» partie moyenne une saillie qui surmonte une dépression correspoidant à une fracture oblique. Le fragment supérieur fait saillie» avant et en dedans, l'inférieur en arrière. A ce niveau douleur locale vive. En saisissant d'une main la partie supérieure de la jambe et de l'autre le pied au niveau de l'articulation tibio-tarsienne, oa perçoit une mobilité anormale et de la crépitation. Une seconde fracture est reconnue au même point sur le péroné. Raccourcissement de 2 centimètres et demi. Pansement par occlusion de la plaie avec le collodion. Compresses alcoolisées sur le reste de la jambe. Gouttière métallique.

29 janvier. — La plaie est guérie, le gonflement a disparu. Appareil plâtré.

3 mars. — Sort guéri sans raccourcissement. Obs. XCVII. — Fracture compliquée de plaie [jambe gauche). Perte de connaissance après l'accident. Extraction d'esquille. Gouttière imperméable. Appareil plâtré. — Sophoni (Lucet), soixante-cinq ans, journalier, entre le 2(> novembre 187G, salle Saint-Augustin, 77. Occupé avec un de ses camarades à décharger des moellons qu'ils faisaient glisser de la charrette sur le sol au moyen d'une planche, l'un de ces moellons lui est tombé sur le devant de la jambe. Perte de connaissance pendant une demi-heure.

A son entrée (le jour même de l'accident) la jambe est tuméfiée dans presque toute son étendue et plusieurs ecchymoses du diamètre d'une pièce de deux francs existent à la partie inférieure et interne. A la partie moyenne et antérieure les téguments, déchirés en lambeaux sur une étendue de 5 à 6 centimètres, laissent voir des parcelles <f os entre leurs bords.

Fluctuation très marquée à la face interne et inférieure de la jambe, épanchement sanguin considérable; décollement de la peau au ni-

veau de la plaie sur une étendue de 5 centimètres. La fracture des deux os est distante de la plaie de deux centimètres.

Gomme le malade souffre beaucoup, dès qu'on remue le membre, nous ne poussons pas plus loin une exploration qui reste inutile au diagnostic. La jambe est placée et maintenue immobile dans une gouttière garnie de coussins. Cataplasmes. Bouillons, potages.

27 novembre. — Douleurs vives. Appétit et sommeil nuls. T= 39°. P = 112.

28. — Le gonflement a encore augmenté, la suppuration est déjà abondante, peu de sommeil, pas d'appétit. T= 38°, 5. P = 102.

Jusqu'au 7 décembre, rien de particulier.

8 décembre. — Le malade ressent des élancements et a beaucoup souffert pendant la nuit. Il y a un commencement d'abcès à la partie interne ; cataplasmes.

11. Incision de 4 centimètres à la partie interne de la jambe à trois travers de doigt de la plaie. Écoulement' abondant de pus. Cataplasmes.

18. — Le gonflement diminue, la plaie commence à se cicatriser. On retire deux séquestres. Pansement à l'eau alcoolisée.

U janvier. — La tuméfaction a presque disparu. La plaie se ferme peu à peu : on sent des portions d'os nécrosées qui ne tarderont pas à s'éliminer.

24. — On retire un petit séquestre très mince, long de trois centimètres.

6 février. — On applique un appareil plâtré embrassant le pied et la jambe, mais ouvert à la partie antérieure de celle-ci pour permettre le pansement de la plaie.

30 mars. — On enlève un second séquestre d'environ 5 millimètres de long sur deux de large. Pansement à l'eau alcoolisée.

2 avril. — L'appareil plâtré est retiré ; la consolidation est parfaite. Pas d'amélioration du côté de la plaie.

17. — Un troisième séquestre, un peu plus volumineux que l'autre est enlevé .

8 juin. — Laguérison étant complète, le malade est envoyé à Vincennes.

Obs. XCVIII. — Fracture oblique (jambe droite), compliquée d'issue du tibia à travers la peau et d'emphysème sous-cutané. Perte de connaissance. Guérison. — Naudin, quarante-cinq ans, ébéniste, entre le 19 février 1877, salle Saint-Augustin, 6. La veille, il reçut un violent coup de pied sur le devant de la jambe, tomba, resta sans connaissance pendant vingt-cinq minutes et ne put se relever.

Emphysème de toute la jambe droite, ecchymose étendue du coude-pied jusqu'à l'épine du tibia. A la partie moyenne de la jambe, plaie contuse de la peau avec issue du tibia. Par cette plaie sortent

des bulles d'air provenant de l'emphysème. Douleurs très vives dans toute la jambe, mouvements difficiles. Pied tourné en dehors et abaissé en arrière. Le toucher reconnaît, à trois travers de doigt audessus de l'articulation tibio-tarsienne, une fracture du tibia oblique en bas et en dedans ; c'est le fragment supérieur qui fait saillie dans la plaie. Mobilité anormale et crépitation osseuse au niveau de la fracture. Le péroné est fracturé au même niveau. Crépitation emphysémateuse sous-cutanée dans toute la longueur de la jambe. Raccourcissement de 2 centimètres et demi. Réduction, pansement par occclusion collodionnée. Compresses alcoolisées. Gouttière métallique garnie de coussins imperméables.

28 février. — Sphacèle de la peau autour de la plaie sur une étendue de quatre centimètres. L'emphysème a beaucoup diminué; pansement alcoolisé.

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