Le malade étant guéri demande à retourner chez lui
On l'a revu un mois plus tard; il pouvait se livrer à ses travaux habituels.
D'après les caractères constatés au moment de l'entrée, il y avait eu fracture de l'étage moyen de la base du crâne. Le coma était le fait de commotion cérébrale plutôt que de la fracture elle-même.
Ces. CXCVIII. — F. des cartilages du nez. Commotion eérébrak; — Poirier (Adrien), journalier, vingt-six ans, entré dans le service le 27 avril 1874. Il est tombé sur la tête pendant qu'il s'exerçait sur un trapèze, et a aussitôt perdu connaissance. On lui a dit qu'il avait perdu du sang par le nez et par la bouche, mais non par les oreilles. Dans la journée qui a pré-
31 â MALADIES DES OS.
cédé son entrée à Thùpital, il a eu à il ifTérentes reprises des vomissements bilieux.
^28 avril. — Fièvre très-forte et insomnie. Ce malade est plongé dans un seini-eoma; néanmoins, Tœil est vil'. La pupille est normale, et se contracte bien sous l'influence de la lumière. Deux ecchymoses très-apparentes occupent Tan^le interne des deux yeux, et s*étenderit à la racine da nez qui est tuniéOé, lisse et très-sensible. Ces ecchymoses s'étendent sur le bord libre des deux paupières de chaque œil. Un peu de trouble de la vision. Violente céphalal^i^ie ayant son siège en avant, et principalement à droite. Pas d'écoulement par les oreilles ; pas de douleur par la pression au niveau de Tapophyse mastolde. On ne constate aucune déformation de la colonne vertébrale, iiinsi qu'aucun point douloureux sur toute son étendue. l\ = GO. Sensibilité (chaleur, contact, piqûre) abolie dans tout le membre inférieur droit ; sensibilité réflexe conservée.
Douze sangsues derrière les oreilles; écoulement sanguin entretenu pendant plusieurs heures.
29. Anorexie complète; l'assoupi ssemenl des jours précédents perûsle. Sensibilité revenue complètement à droite, en partie à gauche, si ce n'est au niveau du grand trochanter et sur la région postérieure de la cuisse dans son tiers supérieur. P. = 5i. Calomel à doses fractionnées.
P'>' mai. — Soufl*re toujours beaucoup de la tête; l'œdème despanpières a sensiblement diminué; pas de sommeil ni d'appétit; encore quelques vomissements. P. = 54.
3. Un peu d'amélioration. Ce malade répond mieux aux questions qai lui sont |)osées, et peut être tiré de son assoupissement.
5. Difficulté dans le mouvement des mâchoires. Pas de fracture dn maxillaire supérieur; mais on constate maintenant facilement une fractnre des deux os du nez eldes parois de l'orbite. En effet, si l'on vient à saisir avec une main les deux branches du maxillaire supérieur, et si de Tantre on fixe le crAne, on trouve une mobilité anormale considérable du mixillaire, comme s'il se déplaçait dans son ensemble; cependant, à la racine du nez et sous la jtaujûère, on ne trouve pas d'ecchymose. Un peu de sommeil; l'appétit revient. P. = 5 i. La température n*a pas dépassé 38*,2-
7. Le malade n'est pas encore guéri, mais son état s'est amélioré, V point qu'il veut retourner chez lui, malgré nos recommandations.
Ohs. CXCILIV. — Fracture double du maxillaire inférieur. CoMaftlftion. — .)ac([nemiii (lulmond), vingt-cinq ans, comptable, entre le 5 juillet 187 i. Il y a diMix jours, il a reçu un violent coup de poing sur la partie. antérieure et un peu à droite de la mâchoire inférieure. Ecchymose cmvrant la joue droite. Avant son entrée dans le service, hémorrhagie boecab abondante. Le sang, d'abord pur, se mêlait à la salive, puis il est sorti par riillitis. L;i donliMir qu'il a resseiilif sur-le-champ n*a fa» tardé à se dis-
siper, mais elle a été suivie d'un peu de somnolence. Il ne se réveillait que lorsque le sanp; pénétrait dans la gorge. Tuméfaction de la joue gauche. Ce malade ne peut tourner la lôte que tout d'une pièce. Il est aisé de reconnaître une première fracture verticale et sans déplacement siégeant entre la canine et la première incisive inférieure droite. Mobilité manifeste. Une autre fracture transversale et sans déplacement siège sur la branche montante gauche du maxillaire inférieur. Cette fracture se reconnaît à la mobilité que Ton peut imprimer à toute la partie gauche de la mâchoire.
On immobilise la mâchoire au moyen de bandes ordinaires, et on fait p.isser un fil métallique sur la canine et la première incisive qu'on Hxe ainsi solidement et que Ton rend solidaires Tune de Taulre.
Pas de fièvre. L'appétit est bon, mais la difficulté de prendre des aliments et de les mâcher fait prescrire une nourriture liquide.
10 juillet. La fracture paraît se consolider.
29. Le malîide peut prendre des aliments faciles à broyer. II prend même de la mie de pain.
V^ août. Sort guéri sur sa demande.
Obs. ce. — F. de la cUwicule. Corps de ros, — Bandeau (Jules), vingt-trois ans, charretier. Entré le 15 mars i87i. A été frappé hier par un limon de voiture sur la clavicule.
Ce malade îiccuse une douleur limitée juste au milieu de la clavicule. Elle s'exagère par les mouvements du bras. Fracture de cause directe, sans déplacement appréciable. On sent au tiers moyen une crépitation distincte. Dans les mouvements du bras correspondant le fragment interne chevauche sur le fragment externe et vient faire saillie sous la peau.
Coussin cunéiforme dans l'aisselle. Fragments maintenus en contact par une pelote de caoutchouc. Echarpe de Mîiyor. Consolidation complète au bout de trente jours. Reste une petite saillie au niveau du point fracturé.
Obs. CCI. — F. de la clavicule. Extrémité externe. — Chrétien (Léon), quarante-cinq ans, entré le 4 mai 187i. Ce malade a fait une chute sur le moignon <le l'épaule. A 2 centimètres i/2 de l'articulation acromio-claviculaire, ecchymose large comme une pièce de 2 fr. Douleurs à la pression au même point. Les mouvements du membre sont difliciles et très-douloureux. Le malade soutient le coude avec sa main du côté opposé et applique le membre contre le thorax en même temps (pi'il penche la tête du côté malade. La fracture est transversale et sans dé|)lacemenl. On perçoit cependant de la crépitation en faisant mouvoir le bras et surtout en portant l'omoplate en arrière.
Coussin placé sous l'aisselle , le bras étant maintenu dans une écharpe
314 MAUDIES DES OS.
de Mnyor. Le malade sort le 30 mai. Consolidation complète avec un cal
Irès-pcu voluini lieux.
Obs, CCIL— F, de la clavicule. Extrémité externe. — Flamant (Léon), menuisier, âgé de cinquante-quatre ans. Entre le 5 juillet 1874. Tombé d*une voiture en marche sur le moignon de l'épaule. Douleur peu marquée. Un [)eu de li^onflement de Tépaule gauche. Les mouvements de rarticulation scapulo-humérale sont très-douloureux. Bras rapproché du tronc, tdte inclinée du côté malade. La fracture est transversale, sans déplacement, et située à 2 centimètres de Tarticulation acromio-claviculaire. Mobilité et crépitation faciles à constater.
Coussin sous Taisselle. Bras plac^ dans une écharpe de Mayor.
Le malade part pour Vincennes le 14 août. La fracture est consolidée depuis dix jours avec un cal assez volumineux.
0ns. CCIII. — F. double de V humer UB. — Noël (Jeau), quarante-quatre ans,tablctier, entré le â avril 1875. Cet homme est tombé la veUle d^nne hauteur do quinze marches dans un escalier; il ne peut dire au juste de ({uelle façon le bras a touché Tarète des marches. A son entrée il prés^ite une vaste ecchymose s'étendant de Tacromion à la partie externe du bns ^^auche. Mouvements spontanés du bras perdus. On sent nettement OK première fracture située au-dessous du tiers moyen. Le fragment infémr fait saillie en avant et en dehors; crépitation facile à provoquer à œ niveau. Sur le même membre, on trouve une douleur lindtée immédiatement au-dessous de Tinsertion du deltoïde ; quoiqu'il n*y ait aucune sailfie nnonnale à cet endroit, on y détermine une fracture dont la crépitalÎM très-nette et parfaitement distincte de celle de la fracture inférieure dans les nioiivemenls de rotation. A cause du gonflement, on immobilise k membre par des compresses graduées maintenues par trois attelles ea bois, l'une antérieure, l'autre interne, l'autre externe,
Au bout de ({uatre jours, on place un appareil plâtré composé de den lon<(ucs atelles recouvrant le membre fracturé et Tépaule du même oOlL Treiite-cin(| jours |)lus tard on Tenlève et on constate une oonsofidilÎM parfaite sans déformation et sans position vicieuse du membre, Tonlebîik le malade fait passer difficilement les mains derrière le dos, et met net peine le bras dans la position horizontale.
Obs. CCIV. — F, double de riiutném^ gauche. — Pépin {AfiJktSjf trente-neuf ans, garçon de restaurant, entré à l'hôpital le 10 mai IflS» Ce malade est tombé la veille dans un escalier de la hauteur d*un éla|eà peu près. Dans cette chute, le bras gauche a porté pluneon fiiii ciÉbe * laréte des marches. A son entrée, malgré une tuméfaction ffftniidjln% on trouve une première fracture avec saillie du fragment inférieur en inri
et en dehors, siégeant à l'union du tiers moyen et du tiers supérieur. Crépitation évidente au même niveau. Une seconde fracture à deux travers de doigt au-dessus de l'articulation du coude, sans déplacement, mais avec une crépitation nettement perceptible. Tous les mouvements du membre sont perdus, et il y a une crépitation manifeste au niveau des deux foyers des fractures. Le jour même do l'entrée du malade, on applique un premier appareil formé de compresses graduées, maintenues par des attelles. Après la disparition du gonflement, on applique un appareil plàiré, après avoir réduit sans difficulté la fracture supérieure. Le malade put quitter l'hôpital au bout de vingt-cinq jours. Les deux fractures étaient complètement consolidées ; il ne restait plus qu'un peu de faiblesse et d'engourdissement du bras.
Peu de temps après l'entrée de ces malades à l'hôpital, nous eûmes l'occasion d'observer en ville deux cas tout à fait semblables.
Le docteur Blav..., tombé la veille dans un escalier de la hauteur de deux marches, s'était fait également une double fracture de l'humérus, l'une au niveau du col chirurgical, la seconde au-dessous de l'insertion du deltoïde. Les symptômes étaient exactement les mêmes que chez le premier malade, sauf Fecchymose qui, dans ce second cas, était parfaitement localisée au point où siégeait la fracture supérieure. Le traitement et les suites de l'opération furent les mêmes que dans l'observation ci-dessus.
Le second cas analogue s'est présenté chez madame Bl.., femme d'un confrère de province, dont nous ne croyons pas devoir ici rapporter l'observation. La double fracture avait été produite également par une chute dans un escalier. La guérison a été obtenue en cinquante jours. Nous rapportons maintenant plusieurs autres cas de fracture de l'humérus, dans lesquels des accidents analogues aux premiers ont produit des fractures simples siégeant à divers points de l'os.
Obs. CCV. — F. simple au col chirurgical de Vhumérus gauche, — Person (Nicolas), soixante-quatre ans, entré le 5 août 1874. Ce malade a fait hier une chute dans un escalier, et le moignon de l'épaule a porté sur les marches. Gonflement considérable du moignon de Tépaule et deseen-
(lant jusqu'à la partie moyenne du bras. Large ecchymose, longue de 5 centimètros, et occupant la partie supérieure de la face externe de Thuinérus. Crépitation facile à percevoir, lorsque la main gauche étant appliquée sur le moignon de Tépaule, on imprime avec la niain droite de légers mouvements de rotation au bras droit. Douleurs locales très-vives. (jonflement persistant pendant cinq à six jours ; au bout de ce temps Tavant-bras est fléclii à angle droit sur le bras, et immobilisé dans cette position au moyen d*un appareil silicate. Le malade sort guéri au bout de (|uarante-cinq jours.
Obs. (iCVI. — F, simple de rhumêrm yauclie. — Boudaud (Etienne), cinquante-quatre ans, couvreur, entré le 10 mai 1875. Est tombé hier d'une échelle d*une hauteur de 3 mètres environ. Tuméfaction occupait toute la partie moyenne du hras gauche. Saillie du fragment inférienrcB dedans, de telle sorte que les deux fragments forment un angle ouvert en dedans. Déformation très-ajipréciable. CrépitatÎGa facilement obtenue. iMouvements volontaires impossibles. Douleurs excessives pendant les mouvements imprimés au membre. Même traitement que chex le malade précédent. Olui-ci est très-indocilc, et fait des mouvements qui déplacent ses appareils. On est obligé de lui en appliquer deux nouveaux. D quille sur sa demande le service au bout de trente et un jours avec un appanfl silicate. Au niveau du loyer de la fracture se trouve un col volamineux, auquel on ne remédie pas, dans la crainte de produire une pseudartlmie.
0«s. C(iVU. — F, simple de riniméttis droit. — CouUecaux (HeuQ^ entré le ti mai 1871. A iait hier une chute sur le coude. Lafraciure siéfi un peu au-dessous de Tinserlion supérieure du brachial antérieur. Goatlement considérable an même niveau; pas de déplacement; mais crépita tion facile à percevoir. Douleur limitée au même point. ImmobîlisalÎM maintenue au moyen d*nn appareil plâtré. L'avant-bras replié i aa^ aigu sur le bras, (iuérison au bout de trente-cinq jours.
Ons. ce VIII. - F, simple de rhumtWs. — Hauperthuis (Gilbert), vingt-neuf ans, boulanger, en4ré le 7 janvier 1874. Est tombé hier de s hauteur sur le coude. (îontlement remontant jusqu'à cinq travers de dsfl au-dessus de Tarticulation du coude. Anneau eccbymotique d*anelai|Hr de i centimètres au même niveau. Pas de déplacement, mais crépilalin très-nelte et douleur limitée au même point. Compresses imbibées d*Mi blanche. Avant-hras replié à angle droit sur le bras; celui-ci appliquéctÉba le thorax, et immobilisé dans cette position par un appareil plâtré. LeMlade ((uitle le service guéri au bout de cinquante-deux jours.
Ohs. CdIX. — F. simple de riiumêrus (jauche. — Collel (Jli%ilii)L soixante-neuf ans, chiffonnier, entré le i(i mai 18t)5. Le malin, le
est tombé de sa hauteur, et dans sa chute, la partie supérieure du bras a porlé contre le bord d'un trottoir. A son entrée, ce malade présente une tuméfaction considérable de tout le moignon deFépaule. Au même niveau, on voit sur la face externe du bras une large ecchymose. Les deux fragments semblent former un angle très-obtus à sommet postérieur. Les mouvements que l'on imprime an bras se communiquent au fragment supérieur. En mesurant la longueur des deux bras, depuis la saillie de l'acromien jusqu'à Fépicondyle, on trouve un raccourcissement d'un demi-centimètre pour le bras gauche. Douleur limitée au point où siège l'ecchymose. Mouvements volontaires possibles, mais très-douloureux. On diagnostique une fracture de l'extrémité supérieure de Thumérus avec pénétration des fragments. Pendant deux jours, on applique des compresses résolutives, puis l'avant-bras est fléchi à angle aigu sur le bras; celui-ci est appliqué contre le thorax, et on immobilise le membre dans cette position avec un appareil plâtré. Le malade quitta le service au bout de vingt jours. On Ta revu depuis; la consolidation était complète, et il avait recouvré les mouvements du bras.
Obs. CCX. — F. par arrachement (k Vépilrochlée droite. — Decrette (François), trente-cinq ans, mécanicien entré à l'hôpital le 8 avril 1875. Est tombé la veille sur le coude, le corps porté en avant, l'avant-bras fléchi sur le bras. A son entrée, il est dans l'état suivant: Membre dans la demi-flexion. Gonflement à quatre travers de doigt au-dessus du pli du coude. Ecchymose localisée vers le sommet de l'épitrochlée. Épitrochlée mobile, séparée du reste de l'os par une petite dépression. Crépitation facile à percevoir. Douleur très-vive au niveau de l'ecchymose. Mouvements de flexion et d'extension très-pénibles. Pronation et supination possibles, mais très-douloureuses. Le membre fut placé dans la demiflexion, l'épitrochlée rapprochée du corps de l'os, le tout maintenu en place par un appareil plâtré. Le maladej quittii le service au bout de six jours iivecson appareil, mais il revint, et l'on put constater que la consolidation était complète le vingt-deuxième jour, époque où l'on enleva l'appareil.
Obs. CCXI. — F. simultanée des deux radius.— Ilumbert (François), quatorze ans, sans profession, entré le 8 mars 1875 pour une fracture des deux radius.
En faisant des exercices sur un trapèze, cet enfant a été projeté en avant d'une hauteur de 2 mètres environ. Il est tombé sur la paume des mains, et après l'accident on l'a immédiatement transporté à l'hôpital.
Pas de déformation à droite. A gauche, au contraire, déformation considérable. Douleur au niveau du poignet droit, exagérée notablement par la pression à environ un travers de doigt au-dessus du sommet de
Tapophyso styloïde. Dépression au nième niveau. Avant-bras cylindroîde mais rf ayant pas la déformation en dos de fourchette.
Du côté (gauche, cette déformation est telle que de prime abord on pense à une luxation du poignet en arrière.
De ce côté les sommets des apophyses stylo'ides du radius et du cubitus sont sur le même plan. Vers la face palmaire du poignet, on constate une saillie considérable produite probablement par le fragment supérieur; rependant le bord antérieur de cette surface est assez lisse, autant qu'on peut en juger avec le degré de tension de la peau et des parties molles.
Le poignet est à peu prés complètement arrondi. Vers la face dorsale on ne trouve rien ({ui ressemble à une surface larticulaire des os du carpe. Rien du côté du cubitus.
En raison de la rareté des luxations du poignet, de Télévation de l'apophyse styloïde du radius etja grande facilite de la réduction, on diagnostique une fracture de Textrémité inférieure du radius, peut-être un déco)» lemeiit épiphysaire.
Après réduction on applique un appareil de contention se compomt de deux attelles et de deux compresses graduées. A Textrémité inféricm de Tattelle palmaire une bande roulée, placée dans la main, est fixée i Taide de diachvlon.
Cette bande est destinée à combler la paume de la main et i tm basculer le poignet vers la face palmaire. L'attelle dorsale ne dépasse pf les os du c^irpe, et la compresse graduée est doublée au niveau des sailGa dorsale et palmaire suivant la méthode de Nélaton.
Vingt et un jours après Taccident, Tappareil est enlevé. On conilik alors ({ue la réduction est. parfaite. Il est impossible de distinguer i simple vue, cl môme après examen, Texistence d'une fracture antérieoiv des radius. Le malade ne souiïre pas et remue le poignet comme vnd l'accident.
Appareil analogue pour Tautro bras. On l'enleva en même tempo, il Ton put constater également une consolidation complète.
Obs. CCXIL — F, rnlivcUt* âe Fos iliaque droit, — Pascal (François^ di\-n<Mifaiis, entré le :2r)avrill87i. Est tombé de la hauteur d'un denxifav '] étagf, et dans sa chute, le côté droit du bassin a porté contre l'arête iTfl trottoir.
Il se plaint de vives douleurs dans la hanche et la cuisse droite. Dk i| large ecchymose occupe toute la hanche, s'étend jusque dans la répM fessière et le tiers supérieur de la cuisse du même côté. Les moavemenlidB la cuisse sont douh)m'eu\, mais le mendu'e à conservé sa position nomab» Il n'y a ni raccourcissement, ni abduction, ui rotation delapointedupifli Au niveau de Tépine iliaque antérieure et supérieure exiote un point pla douloureux que partout ailleurs, si Ton saisit Tos des iles avec une
placée de chaque côté de ce point et si on lui imprime des niouvenients, on détermine une mobilité anormale accompagnée de crépitation. La fracture est verticale sans déplacement, et ne détermine aucun désordre fonctionnel du côté des organes pelviens donnant à penser qu'un d'eux ait pu être lésé.
Repos et immobilisation.
Le malade sort guéri le 30 mai.
Obs. CCXIII. — F. iu fémur droit. Commotion cérébrale. Contusions nombreuses. Mort rapide. — Manson (Alfred), vingt-cinq ans, cantonnier, entré le 2:2 mars 1875. S'est jeté volontairement d'une fenêtre du deuxième étage dans la rue, huit heures environ avant qu'on ne l'apporte à riiôpitîil, et depuis lors n'a p.is recouvré sa connaissance. A son entrée, il est dans le coma. Intelligence absolument perdue; paupières supérieures abaissées. Pupilles dilatées et ne réagissant pas sous l'influence de la lumière. Il n'y aurait eu/ni au moment, ni depuis l'accident, aucun
j écoulement de sang par les oreilles, la bouche ou les narines. Pas d'ec-
" chyniose sous-conjonctivale.
Grosse bosse sanguine sans plaie des téguments à droite de la protubérance externe. P. = 50. Fracture du fémur droit vers le milieu avec léger déplacement du fragment supérieur en dedans. Contusions sur les régions scapulaire et fessière. — (Application d'un sachet de glace sur la tête.) Mort dans la nuit. (L'autopsie n'ayant pu être faite, on ne put constater 8*il avait succombé à une simple commotion cérébrale ou à une fracture concomitante de la base du crâne.)
Obs. CCXIV. — jP. de la rotule sans déplacement. — Humbert (Gustave),
▼iiigt-quatre ans, garçon boucherj entré le 11 février 1874. Pendant la
nuit, en descendant de voiture, il a glissé sur le marche-pied et malgré
les efforts qu'il a faits pour se retenir, il est tombé et n'a [Tu se relever.
. Quand on le releva, il ne put marcher.
^ A son entrée, ce malade présente un gonflement considérable de tout r- te genou droit avec épanchement. On constate une fracture transversale i- de la rotule. Les deux segments sont maintenus en place par de nom-* ^•breuses brides fibreuses, très-sensibles an toucher, mais qui n'empêchent ^nas la crépitation quand on déplace les fragments dans le sens transversal. OL jambe est placée dans une gouttière avec des compresses résolutives «ndant trois jours.
10 février. On place le mendnv sur un double plan incliné, et on rap- Toche les fragments à l'aide de petits coussinets en caoutchouc que l'on 16 à un appareil plâtré à l'aide de lanières élastiques. Mais le malade, dont l'état mental est assez mauvais pour avoir néces-
320 MALVDIES DES OS.
$ié son entrée à Bicôtre depuis f|iielque$ mois, est loin d*èlre docile. 11 remue conliuuelleineiit la janihe.
hlufin, le 0 mars, il sort sur sa demande: les fragments sont trës-rapprochés, et il peut marcher sans difficulté.
Obs. CCXV. -- F, (hi tibia compliquée de plaie. Arthrite mppuréeiu genou. Infection pumlente. Mort. — Bonnet (Emilie), trente-sept ans^ entrée le 27 avril 1874. Elle a reçu deux jours auparavant un coup d« pied de cheval au-dessous du genou, à trois travers de doigt au-dessous de l'articulation. Le coup a tracé un sillon profond en forme de fer i cbefii, intéressant les parties molles, et allant jusqu au tibia qui a été fracturé eo cet endroit et dépouillé de son périoste. On avait fait en ville une réunin immédiate. (4omnie toutes les parties molles qui environnent la plaie sont rouges, tuméfiées et douloureuses, on enlève les sutures, afin de poufoir, autimt que la chose est possible, combattre les accidents innammatoirei. On trouve alors une fêlure de la partie antérieure du tibia, paraissirt s'étendre assez loin sur le corps de Tos. Cataplasmes ; élévation (h membre.
i*"' mai. On constate une arthrite aiguë de Tarticulation fémoro-tibiale.
4. Kpanchemeut considérable avec tumeur assez volumineuse surk cùté externe de rarliculation. (largouillement et emphysème. On se décide à faire passer un drain dans larticulation, allant du côté interne m le côté externe, en passant sous la rotule. Il s'écoule du pus et du $sê^ La veille, la malade avait eu un frisson ayant duré cinq mintei; T. 3y,4.
8. T. 50,4. Anorexie complète. La plaie est blafarde, et il s*écoiibfV le drain un pus sanieux de mauvaise odeur.
10. T. 40,4. Même état; un peu de délire pendant la nuit. Le posiM vers la partie interne delà cuisse jusqu'au niveau de l'anneau du IraiaiiM adducteur.
Incision de la peau au niveau du vaste interne, débrideroent et piflP' d'un drain qui vient rejoindre Torifice de sortie du premier. On ■ marquait rien du C(Mé externe, ni en arrière, gr&ce à la résistanoe aponévroses de ces réîiions.
lUium ; sulfate de ((uinine, i gramme. Les frissons reviennent lièremeut.
13. 1\ =150. — T. 40%0. Etatj'énéral de plus en plus mauvais. U ladc ne répond plus aux (fuestions. Pace hippocratique ; langue neuse. Mort dans la soirée.
A Tautopsie, on trouva de nombreux abcès métastatiques ii^w» le
Obs. CCXVI. — F. compliquée de plaie, des deux os de la jambe. Large décollement de la peau au voisinage de la fracture. Érysipèle. Mort. — Dendiger (Georges), trente ans, entré le 43 novenibre 1873. Le matin même une pièce de vin a heurté violemment sa jambe gauche, et a fracturé les deux os à cinq travers de doigt au-deSsous de l'articulation fémorotibiale. Au niveau du foyer de la fracture, on voit une plaie assez profonde et de la largeur d'une pièce de 2 francs. Avec le doigt, on trouve au fond de cette plaie une pointe osseuse, probablement l'extrémité d'un fragment. En arrière, à la surface de la saillie du mollet, se voit une seconde plaie n'intéressant que la peau et le tissu sous-cutané; elle esta peu près de même diamètre que la première. On pratique l'occlusion de ces deux plaies au moyen d'un morceau de baudruche collodionnée.
La jambe est placée dans une gouttière en fil métallique, garnie dans toute sa longueur de coussinets d'ouate enveloppés dans du taffetas gommé. On peut ainsi faire des lavages sans soulever le membre, et sans souiller les pièces du pansement.
Pendant six jours, peu de douleurs, appétit et sommeil. Le pouls reste i 86.
19 septembre. Œdème autour de la plaie ; la peau devient rouge. Frisson de cinq minutes le soir.
20. Second frisson plus long que celui de la veille. Langue saburrale. Inappétence et insomnie. P = 90.
21. On çnlève la baudruche, et on trouve que la plaie est obturée par l un caillot dur et résistant. Large décollement de la peau sur toute la partie
antérieure et externe de la jambe.
22. Frisson, inappétence. Sulfate de quinine, 1 gramme; rhum, aSO grammes.
23. On passe un tube à drainage entre les deux plaies. Il s'écoule du :jius mélangé à du sang. Cataplasmes.