Mort à huit heures du matin
Autopsie faite vinjrt-^juatre heures après la mort. On incise d'abord ks téprumeiits autour de la plaie, puis, le crâne étant mis à nu pair les proeédéi ordinaires, on détache par un trait de scie la calotte crftnienne et oal'eilève.
L'i partie centrale de la plaie qui, pendant la vie, se distinguait par tm moindre relief et la moindre vijrueur des bourgeons charnus reste adht rente aux méninges ( i ).
La hotte osseuse est normale quoique assez épaisse. Ln perte de nbstaiice qui correspond à la rondelle osseuse enlevée est irrégulièreMri circulaire, à bords festonnés, et présente 6 à 7 cealiniètres de diaaèlR dans tons les sens. Ces bords érodés et amincis ont donné naissaaee i dt vigoureux bourgeons charnus qui ferment la partie périphérique de h plaie. Otte perte de substance est située presque entièrenient à droite d ne dépa>se la li^'ue médiane à gauche que d'un centimètre à peine.
l/iiicision de la dun^mère donne issue à une certaine quamlité de pii Olte membrane est. dans toute retendue qui correspond à In pean,tni^ formée en un ti<<u boni^^eonnant (|ui comprend au^i les antares utéaiÊffÊf et est étroit Muent appliqué sur la substance cérébrale. Ln enlevée, on trouve la plus }:rande partie de rhémisphère céréhnl Ail] reciuixerfpar du pus tpii forme nue nap|>e surtout niai>|née en niaM niveau d4i bdte frontal, et contourne la perte de substance ponr alkrl mer une seionde cdlecli'Ui en arrière infiltrée (à et in dnns Fi sous-anichnoîilien. Les circonvolutions paraissent aplaties et lrace< manifestes ilf la compression qui a, dans les \ie. donné lien aux phénomènes hémipléfriques obsenrés^
(I Li relation de l'autop^if a i^té faite par X. Eichaqpcl, service.
OBSERVATIONS DIJN INTÉKÊT SPÉCIAL 331
de la plaie, il n'existe pas de pus. Sur certains points, on trouve des traces manifestes d'encéphalite; la surface des circonvolutions est roujçe, adhérente à la pie-mère, . et présente des exulcérations assez étendues. En enlevant la pie-mère, on voit que sur ces points la substance cérébrale ramollie; mais cette altération ne dépasse pas la substance grise.
Les coupes pratiquées sur le reste du cerveau ne montrent aucune altération, ni de la substance cérébmle, ni des ventricules, ni des méninges du côté droit.
Obs. CCXXII, — Exoslose ostéo-carfilagineme du musculaire supérieur. Ablation. Guérison.— Tavant (Morie), trente-huit ans, entrée le 2 octobre 1874, pour une tumeur de la mâchoire supérieure.
Il y a environ 40 n>ois, elle a vu apparaître une tumeur sur le bord inférieur du maxillaire inférieure et du côté gauche. Depuis trois mois surtout, elle a augmenté sensiblement de volume, mais n'est pas devenue douloureuse. Au moment de son entrée, on peut constater la présence d'une tumeur manifestement adhérente au maxillaire. Les parties molles environnantes ne sont ni adhérentes, ni enflammées. La tumeur a le volume d'une grosse noisette, elle n'est ni fluctuante, ni soulevée par des battements. Toutes les dents placées au-dessus de la tumeur sont saines. La ^ malade n'a jamais eu de manifestations syphilitiques. Les ganglions sont
absolument sains.
j 17 octobre. On incise la peau, et avec le doigt on reconnaît que la tmneur
: à une consistance inégale, qu'elle est bosselée à sa surface, qu'elle adhère
'- à Tos par un pédicule assez large. On fait la section du pédicule avec la
; pince de Liston. Après l'ablation, on voit que la partie superfîcielle do la
^ tumeur est formée de cartilage, et qu'elle ofl*re des bosselures trop peu
'\ saillantes pour qu'elles pussent être senties lorsque la tumeur était en
^ place.
^< 18. N'a pu dormir à cause des douleurs dans la moitié gauche de la tète.
r P =1 00. Langue blanchâtre. Peau sèche. ~ J 19. Pas d'appétit. Fièvre dans la journée. La douleur continue. P = 96. SI. Amélioration. A pris avec plaisir un peu de bouillon. Céphalalgie '^i;inoins intense, a pu dormir deux heures environs pendant la nuit. P = 88. JLâ cicatrisation commence.
* 24. L'appétit revient. Plus de fièvre. Pas de maux de télé. La plaie se ^i^comblc.
^ijL • 26. I^a cicatrisation est presque complète et la malade quitte le service ^^îior sa demande.
Obs. CCXXIII. — Exosiose osléo-cartilagineuse de Vextrémiié infè- ^iriture du fémur droit. Faiblesses et douleurs intenses dans la jambe
du même côté. Ablation de la tumeur. Guérison. — Féron (Henry), aeue ans, entré le 10 octobre 1874.
Il y a un an, ce jeune homme vit apparaître à la partie inférieure et interne du fnnur droit une petite tumeur. Peu à peu elle augmenta de volume, et amena un cortège de symptômes qui décidèrent le malade à entrer à Tliôpital Lariboisiêre, d'où il sortait quelques semaines plus lani dans le même état. Il se plaignait d*uue faiblesse de toute la jambe, aceompagnée d'engourdissements, de fourmillements et d'une douleur parfois très-vive pendant le jour, comme pendant la nuit. Ces douleurs deTinreal tellement vives pendant ces derniers temps qu*il se décida à entrer de nouveau à Hiôpital.
A la partie inférieure et interne du fémur droit, immédiatement au-dessus du condylc interne, se trouve une tumeur du volume d'un petit oeof, dure, adhérente à Tos, soulevant les parties molles qui semblent libres aidessus d*elle. La peau a conservé sa couleur et sa température normales. Au toucher, on circonscrit assez facilement la tumeur; elle présente dm extrémité libre renflée en massue, supportée par un pédicule plus mince qui vient s'implanter sur le corps du fémur, tout près de son extrémité articulaire. lUen sur aucun autre os. Les douleurs étant intolérables, on se décide à faire l'ablation (voy. pour plus de détails, sur la conduite soifie en pareils c^is par M. Péaii, la 0* leçon, 1'^* partie de cet ouvrage).
!2i octobre. Le malade est endormi par le chloroforme, puis on bit h compression suivant la méthode d'Esmarch.
Incision mettant à découvert une coque fibrolde vasculaire, mais Irtsdure, qui enveloppe la tète de la tumeur; puis, au-dessous, une sratviale de nouvelle formation correspondant à toute la surface de h tn meur.
Celle-ci est implantée sur l'os par un long pédicule, et se diripde haut en bas et d'avant en arrière. Elle est facilement énucliée avec k doigt; on reconnaît qu'elle est cartilagineuse jusque dans une partie de Si base. On profile de sa mollesse pour la détacher complètement du féaVi tout en pénétrant peu profondément du côté de l'os vers la partie inférieiifi de crainte d'intéresser l'articidation.
La masse de la tumeur est formée en partie de tissu cartilagineux et si partie de tissu osseux raréfié; elle est lobulée à sa surface, et nqipelB l'aspect d'un chou-lleur.
On met une mèche dans la plaie, et on applique un appareil ouaté. U malade ne ressent aucune suite fâcheuse de cette opération. Sa santé |éiiraie reste excellente ; il ne perd ni l'appétit, ni le sommeil. Pas le moiiÉt accident du coté de Tarticulation.
Au bout de cinq jours, le premier appareil ouaté s*étant relàchéyàici applique un second qui est laissé en place pendant quinie jours. An M
de ce temps, on trouve la plaie rosée, couverte de bourgeons, et notablement diminuée de grandeur; depuis lors, pansement à ciel ouvert.
23 novembre. — Il ne reste plus qu'un petit orifice donnant passage à quelques gouttelettes de pus, au centre de la plaie ; on en cautérise le pourtour avec le crayon de nitrate d'argent. Le malade se lève, peut marcher depuis plusieurs jours.
28. La plaie étant complètement fermée, le malade est désigné pour Vincennes. Inutile d'ajouter que la douleur, l'engourdissement et la faiblesse du membre avaient disparu avec l'exostose.
Obs.CCXXIV. — Exostose volumineuse du col du fémur gauche. Troubles graves dans la circulation et Vinnervation de tout le membre inférieur correspondant. Ablation. Septicémie. Mort. — Bescherel (Alexandrine), vingt-sept ans, entrée le 15 janvier 1874 pour une tumeur siégeant à la cuisse gauche.
Il y a sept ans, ulcération de la grande lèvre gauche traitée dans le service de H. Alphonse Guérin. La malade lui attribuait une origine traumatique, mais on porta le diagnostic de chancre infectant. Elle eut à la même époque, quinze jours après son entrée à l'hôpital, un bubon qui se ramollit et suppura.
Elle n'aurait eu ni roséole, ni plaques muqueuses, ni laryngites ; elle n*a pas perdu ses cheveux.
n y a deux ans, la malade remarqua, sur le face interne de la cuisse gauche, au niveau du bord externe du triangle de scarpa, une plaque ecchymatique très-foncée, ayant une longueur de \ centimètres environ.
En même temps survint une augmentation de tout le membre au même niveau. Il n'y avait aucune douleur, mais la jambe gauche se fatiguait plus vite que la droite. Il y a un mois environ, la malade ressentit dans le genou et dans l'aine, des picotements d*abord, puis des douleurs s'irradiant dans toute la cuisse et dans l'abdomen. Elles amenèrent bientôt de la claudicalion, puis la marche devint complètement impossible.
Au moment de l'entrée de la malade on trouve, à un travers de doigt audessus de l'arcade crurale, à un centimètre en dedans du bord interne du couturier, une tumeur dure, bosselée, immobile sur les parties profondes. Elle est nettement bilobée et présente le volume d'une tête de fœtus. Elle se prolonge sous le couturier et le soulève. Elle est immobile sur le fémur et ne paraît pas en communication avec le bassin. Lorsque l'on place les deux mains transversalement de chaque côte de celle tumeur, on sent une fluctuation évidente. On voit en môme temps qu'elle est en partie solide et d'une dureté comparable à celle de l'os. Il est assez difficile de se rendre un compte exact de ses rapports avec les couches sous-jacentes. Les mouvements du membre sont restés libres et l'articulation coxo-fémorale est intacte.
334 MAUDtES DES OS.
La tumeur a dcforiné la région et comblé en partie le creax ioguinocrural.
Douleurs vives dans la cuisse et la jambe. La tempérafare do pied gauche est uu peu moins élevée que celle du pied droit. Un peu d'oedème péri-malléolaire. Les battements de la pédieuse et de la tibiale postérieure ne peuvent être sentis. lodure de potassium, 4 grammes par jour.
^5 février. La tumeur n'a pas diminué. Les douleurs sont deveniies de plus en plus vives. Une petite ulcération se montre à rextrémité antérieme du gros orteil. On se décide à enlever la tumeur.
On fait une incision parallèle au bord interne du muscle couturier, pois on prend les plus gmndes précautions pour éviter le paquel Tasculo-nerveux du voisinage. (Voir pour la description de l'opération, première pvlic, neuvième le^on.)
On se trouve en présence d'une exostose implantée sur le fémur par in pédicule assez étroit, et recouverte à sa surface d'une bourse séreuse, knc la scie à chaîne on fait la section du pédicule. La tumeur enleTée a le volume d'une mandarine, elle est complètement osseuse.
17. P= 108. Suif, quinine, I gramme. La malade est dans un éUlatisfaisant. Suppin*ation normale.