Même état. P = 1135. Mort à cinq heures du soir
L*autopsie a été faite vingt-huit heures après la mort par M. Boomn^ interne de service, qui a fourni les renseignements suivants :
Le cœur est le siège d^ine affection ancienne : rétrécissement et b sance aortiques ; on trouve dans le tissu même du cœur de nombrenx fibreux, ainsi que les signes d*une myocardi te assez prononcée. Adhémos pleurales nombreuses. Trois gros noyaux apoplectiques dans les libl inférieur et moyen du poumon droit, paraissant récents, elsans trMSi'B pneumonie tout autour. En suivant 1 artère pulmonaire, on troevs ■ caillot flbrineux obturant complètement une subdivision volumineose Ak branche de bifurcation droite, (le caillot est ancien, mais n'adhère fM»* blement aux parois de Tartère : c'est un cmbolus. Rien dans le p0*" gauche. Pas d*abcès uiétastatiques dans aucun organe.
0ns. CCXXVIII. — Épithélioma tubulé (cylindrama iê BittrM) iim loppé dans Vépnisseur (Tun des os propres du nez. ExiirpatUm. Owtrim — Leleux (Jean-Uaptiste), vingt-cinq ans, entré le 22 août 4875 fO^^ déforinamation très-choquante de la face.
Il y a six mois survint, sans cause apparente, un larmoiement de rœil droit. Un mois plus tard, il remarqua une petite tumeur ^f^ rnissait développée dans l'épaisseur de la paupière inférieure^ ai de Tangle interne de Tteil. Le volume de cette tumeur augmenta psa à p* et atteignit bientôt celui d'un œuf de pigeon. A partir de ce i malade éprouva quelque difficulté pour respirer par les narines; il ^j jamais remarqué de bruit particulier pendant le passage de Pair, ki entrée dans le service, la tumeur est molle et fluctuante; elle aonHit deux paupières jusque dans leur milieu, ainsi que le tendop dn
orbiculaire. La peau est rouge, luisante et amincie. La conjonctive et le le globe oculaire ne présentent rien de particulier.
Le malade dit qu'il apparaît quelquefois, sur le bord libre de la cloison du nez, une petite tumeur lisse et peu colorée ; mais cette cloison est ellemême déformée, et l'on ne peut rien distinguer dans l'intérieur de la narine. La voûte palatine ne présente aucune dépression, pas plus que la cavité orbitaire. Le doigt ne peut explorer les fosses nasales, à cause de la déviation de la cloison.
2^2 août. On incise la tumeur, qui laisse sortir un liquide verdàtre, purulent, épais et gélatineux. Après l'évacuation de cette collection semisolide, on s'aperçoit que l'un des os propres du nez (le droit) est recouvert en partie de fongosités abondantes, semblables à celles que l'on rencontre autour des trajets fistuleux. Cet os est perforé : il livre passage à une tumeur de forme et de consistance glandulaires. Rien du côté du front et de l'orbite. Par l'ouverture déjà pratiquée, nous énucléons sans peine avec les doigts la plus grande partie de la tumeur et nous réséquons les parties saines qui l'entourent.
Examen. — La partie enlevée a une forme granuleuse; sa coloration varie, par places, du violet au rouge pâle. Elle est friable, extrêmement vasculaire. Dans son ensemble, elle paraît plutôt former un amas de granulations soudées les unes aux autres qu'une tumeur homogène. Par l'examen microscopique, on a reconnu que c'était un épithélioma tubulé (H. Malasscz).
Il s'écoule beaucoup de sang. Une éponge est laissée à demeure dans le but d'exercer une compression efficace eu prévision d'une hémorrhagie secondaire. Les choses restent dans le même état pendant quarante-huit heures ; il s'échappe continuellement du sang en petite quantité ; mais le malade ne subit aucune influence fâcheuse de l'opération. On fait des injections antiseptiques.
24 août. On ôte l'éponge, et comme il s'écoule encore un peu de sang, on fait des lavages prolongés avec une solution très-étendue de perchlorure de fer. Une nouvelle éponge est remise en place, et, à partir de ce moment, on ne voit plus de sang s'écouler par les narines.
26. Une suppuration de bonne nature s'établit ; depuis lors, les lèvres de la plaie se réunissent régulièrement, et le malade sort guéri le 4 septembre.
0ns. CCXXIX. — Cancer du maxillaire mpérieur droit. Ablation. Bécidite au bout de deux mois. Invasion des ganglions sous-maxillaires. — Kramp (Madeleine), cinquante-cinq ans, lingère, entre Ie25janvierl875. Pas d'antécédents héréditaires de cancer, femme robuste et bien portante. Réglée à dix-neuf ans, a eu trois accouchements normaux ; ménopause à cinquante ans.
La maladie actuelle a débuté il y a neuf mois par une petite tumeur très-
dure située sur Tapophyse montante du maxillaire supérieur, tout près de l^mi^'lc interne de Torbite. On a enlevé en ville cette tumeur au bout de six mois , mais elle a récidivé dans la cicatrice deux mois plus tard, par un petit bourgeon dur et limité. Au moment de son entrée, on constate: Asymétrie des deux moitiés de la face. Apli^tissement et déviation da nez à gauche. Sillon naso-jugal comble par la tumeur. Peau fioe, violacée, très-adhérente à la tumeur. Celle-ci est bosselée, de consistance inégaie, comme (luctuante en diiïérents points, elle remonte en arrière jusqu*» tubercule zygomatique, descend jusqu'à la deuxième molaire. Paupière tuméfiée et présentant une teinte violacée ecchymotique. Du côté du neila tumeur ofTre un aspect lardacé. Bourgeons épithéliaux, fongueux, s*éteiidant jusqu'au collet de la seconde incisive. Épistaxis et héraorriugies buccales fréquentes. Etat général assez bon, malgré une teinte cadiectiqne très-prononcée des téguments. Ganglions sous-maxillaires et parotidiens envahis. La malade est restée quinze jours seulement dans le se^ vice, aucune opération n*a été faite et elle est sortie sensiblement dans k même état.
Ons. CCXXX. — Cancer du maxillaire inférieur développé en cinq mtù. Rien dans les ganglions. Cachexie cancéreuse avancée. — Gostiau (Philippe), soixnnte-dix-huit ans, corroyeur, entre le 30 juillet 1874. Rh d'antécédents héréditaires de cancer. Renseignement d'une valeur rebtive, car il ne se rappelle que vaguement la manière dont sont niorii son père et sa mère. Il a eu plusieurs enfants (1 garçon et 3 filles), «ko d'eux n'a été cancéreux; il n'a jamais été lui-même sérieusement mabde, mais depuis qnehiue temps il a maigri, a perdu les forces et Tappétit, d pris une teinte jaune-paille caractéristique. En même temps, ilyadBf mois environ, ce malade sentit dans la mâchoire inférieure des doulean très-vives qu'il prit pour de Todoutalgie. Elles sont en très-peu de teiDfi devenues lancinantes et Irès-violentes. La gencive s*est tuméfiée, qadqM petits bourgeons saillants se sont ulcérés à leur sommet.
Il entra alors à la Pitié, où on lui prescrivit un collutoire avec: décoction de racine de guimauve,- infusion de tête de pavot et aid rosat. Les douleurs devinrent un peu moins vives et le malade quitta IWpital. Il y a deux mois, il a vu paraître sur la gencive inférieun, i droil(% une nouvelle tumeur de la grosseur d'une noisette, qui ne Wi causé tout d'abord aucune souffrance. Elle a grossi rapidement; an boni tk quinze jours sont survenues des douleurs contusives et sourdes d'aboli puis bientôt lancinantes et atroces : on eût dit qu'on lui tordait h akchoire.
Depuis quatre mois, la mastication est très-difficile. Le malade ne jeâ prendre que des potages. L'appétit est perdu. Les forces dimÎBneil'* plus en plus.
Au moment de son entrée, on trouve sur la partie médiane de la mâchoire droite une large tumeur épithéliale qui déborde le maxillaire inférieur et fait saillie sous la peau. Elle est indépendante de la tumeur faciale. Elle est dure et inégale, assez douloureuse à la pression pour lui arracher des cris. La muqueuse gingivale a été inégalement soulevée dans la plus grande partie de son étendue. La tumeur surmonte le bord alvéolaire du maxillaire inférieur d'un centimètre et demi environ. Elle est complètement immobile, fait corps avec Tos et s'étend jusqu'à l'origine de la branche montante en dehors, jusqu'au menton en avant.
Joue soulevée et œdématiée. Rien dans les ganglions. L'état général du malade, son âge et le volume de la tumeur interdisent toute opération. Collutoire au chlorate de potasse. Toniques à l'intérieur.
5 août. Le malade se plaint de douleurs d'oreilles très-aiguës et qui s'étendent à toute la région mastoïdienne. Injections sous-cutanées d'une solution de chlorhydrate de morphine. ,
H. Le gonflement de la jœie a diminué ; les souffrances sont un peu moins vives.
25. Le malade demande à rentrer chez lui, puisqu'il ne peut être opéré. Il dort depuis plusieurs jours ; les douleurs d'oreilles sont plus rares et moins aiguës. Les injections calmantes seront continuées.
La tumeur n'a pas augmenté de volume depuis son entrée à l'hôpital. Les ganglions sont toujours indemnes, mais l'état général est devenu trèsmauvais.