‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 3)Chapitre 152 sur 283 · C. - lk»XJOXCTIVE · texte numérisé non relu

C. - lk»XJOXCTIVE

Ous. CCCXIII. — D. D. (.. ConjoHcUvUe et blépharite aiguës conteentités à Vnction de Cacide nitrique. — Schmidt (Xavier), quarante-huit ans, inô[;issier, (Mitre le 23 niai*s 1874-. à la suite d*un accident arrivé la veille (chute de ({uelques gouttes diacide nitrique du commerce dans les deux yeux).

A son entrée on constate : Œdème palpébral. Trouble diffus de la cornée sans ulcération ni perforation; photophobie; larmoiement; perte de Tap* petit et du sommeil. P= 115. Application déglace sur l'œil. — Instillations d*atropine.

25 mars. Léger soulagement.

:M. Symptômes objectifs diminués. Trouble de la cornée en partie disparu ; plus de plioto))hobie. (^4essé la glace. (Compresses froides. — Collm au sulfate de zinc.

6 avril. Guérison coin|)lète.

Ohs. CdCXIV.— D.D.C. Conjonctivite a%guë par Faction de la chaux. — Larocheile (Antoine), trente-neuf ans, journalier, entré le 31 mai 1875.

A reçu hier une petite <}uantité de chaux dans les deux yeux. Forte hrperhémie conjonctivale. Larmoiement. Rien sur la cornée. Compresses froides souvent renouvelées.

Le malade sort guéri le 4 juin.

Obs. GCCXV. - Conjonctivite blennorrhagique. Collyre au nitrtif d'nrf/ent, Guérison. — Joubert (Jacques), vingt-deux ans, emplové de commerce, entré le 30 juin 1 874. Mlennorhagie il y a un mois. Douxe joan plus tard) début d'une conjonctivite intense de Toeil gauche. Diète. Ginf jours plus tard, conjonclivile légère de Tœil droit ayant disparu auboil (le trois ou (juatre jours sans traitement. La conjonctivite de l'ceil giuch augmente cl devient im|uiétante. Son médecin lui prescrit on collyre fûl avec une solution très-étendue de nitrate d*argent. Malgré cela, la coijonctivile devient plus intense. Huit jours plus tard, à son entrée dans k service, on constate les phénomènes .suivants.

0. (i. Conjonctivite purulente très-intense. Œdème palpébraly chémM . Rien sur la cornée. L'écoulement blennorrhagique est toujours trèMOtesie. Collyre au nitrate d'argent au 30^

2 juillet. — Kcoulemeut purulent moins abondant. Chémosis et flBdèoe palpébral notablement diminués.

G. L'amélioration continue.

13. Le malade étant sorti sans bandeau, une nouvelle poussée infliB'

matoire s*est faite du côté de TœiL Compresses froides quatre fois par jour.

17. Disparition du chémosis. Écoulement purulent insignifiant.

il. Il ne reste plus qu*une légère rougeur conjonctivale. Plus de douleurs. Écoulement uréthral diminué.

Le malade quitte le service le 23 juillet complètement guéri.

Obs. CCCXVL — D. D. C. Conjonctivite phlycténulaire. — Vielles (Jacques), quarante-huit ans, fondeur, entré le 19 février 187*1.

Ce malade travaille ordinairement dans une atmosphère à 60**. La maladie a débuté il y a hirit jours ; elle est plus marquée du côté droit.

Cautérisation avec une solution de nitrate d'argent au vingtième, puis passage d'un pinceau imbibé dans une solution de sel marin.

Guérison le 24 février.

Obs. CCCXVII. — D. D. C. Conjonctivite grannleim. 0. D. Pannm tennis, — Champagnon (Jean), soixante-trois ans, boulanger, entré le 31 juillet 1874.

Conjonctivite granuleuse datant de plusieurs années. Poussée aigne ayant commencé il y a six semaines par Tœil gauche, Toeil droit a été envahi un peu plus tard. Cautérisation avec le crayon de sulfate de cuivre.

1**^ septembre. D. D. C. Disparition des accidents aigus.

0. D. Cornée redevenue transparente. Le malade quitte le service.

Obs. CCCXIII. — 0. G. Conjonctivite granuleuse^ pannm crassus, — Bingel (Marie), quarante-cinq ans, balayeuse, entrée le 26 avril 1874.

Scrofuleuse; manifestation du côté des yeux et des ganglions du cou pendant son enfance. Conjonctivite granuleuse D. D. C. depuis deux ans.

Poussée aiguë depuis quinze jours. Cautérisation au nitrate d'argent. Collvre «au sulfate de zinc.

30 avril. La malade quitte le service après la disparition des accidents aigus.

D. — Cavité orbitaire.

Obs. CCCXIX. — Sarcome fascicule de l'orbite, Périostose de la paroi externe de Vorbite. Exophthalmie. Ënurléatiou du globe oculaire. Phlegmon de V orbite. Érysipèk. Mort, Autopsie, Méningite purulente du côté droit (1). — Bern... (Jean), vingt-sept ans, entréà Thôpital le 8 janvier 1875.

Homme robuste et de bonne constitution (son père et sa mère sont vivants et bien portants ; n'aurait point eu de manifestations strumeuses pendant Tenfance); il aurait eu à onze ans une fièvre dont il ne peutin-

(1) Obs. déjà publiée dans The Lancet, 1876.

<lîr|Licr oxartomnit la iialmn et qui l'obligea de ganter le lit pendanl qnv]- Httc |piii|iîi. Jamais do Ny|ihilis (pas de cliaiirres, pas de bubons, pas de roséole). Au moÏR de mai 1S7I. élaiil soldat, il aurait eu une doubla l'onjotirlivitc «i{.'ur, qu'il atlribue au séjour dans les Irancbées pendant la nuit. Kllc dispanil d'ailleurs assez vile par l'usage de collyres astringents. Ti'ois ou «quatre mois plus tard, ses camarades lui firent remarquer que sou a; il droit devenait un peu plus saillant ()iic legauche. Cette exophlhalmie n'amenait d'ailleurs aueuiieeénc, et la vision s'exerçait également bien des deux côlés. Il enlra â celte époque à l'IiApilal militaire du Val-de- (irâce, dans le tiervice de M. le ilorlcur Perrin, et y fui traité, sans annlage appréciable, par l'iodure de polassiutn et les frictions mercurielles.

Depuis lors, l'exoplitlialniie n'a fait qu'augmenter, et cela sans amener de pliénomùues autres que ceuv qui dépendent de la propulsion du globe orulaire en avant. Au mois de novembre dernier on eut, pour la premiiR l'ois, l'occasion de le voir à la consultation, et il était dans l'état suinni : Du côté malade : paupières rouges, un peu lurgesceates, mais sam <edème. telles peuvent rerouvrir entièrement le globe de l'œil. Les nniiveinenls de Ions les muscles evtririsèques de l'œil sont possibles et s'ei^ entent bien. La corijrtnctive est un peu œdématiée au niveau de rangk interne de Tteil; elle est fortement hyperliémiée dans toute son étendiK. Li cornée est saine; l'ouverture pupillaire normale; l'iris réagilbia; le globe de l'œil n'a pu changé de consistanet.

L'examen de la vision m»- (re un léger rélrécisseaiMt périphérique duchamptisuel. Le malade peutcanpter les doigts k ih ptit et lire le a* 12 de l'échelle de Jieger.

Le malade se décide a mois de janvier k etW k l'bApital.

Le 8 janvier il préMott l'étal suivant :

L'état du globe de l'id et de 11 conjonctive Bit i* siblement le même ;■'■* mois de novernlire, ninis l'cxophUalmie est un peu plus pnmoncie,'' sorte que les tleuv paupières sont n'démaliécs (vov. fig. 33); elles ont il>> lentlance à se retourner. Chémosis sur toute la périphérie de It ant*- L'examen ophllialuiusropique nioiilro un léger d^T^ d'atrophie. A 1'^**

uni- liiiiu^ur [In l'orbile.

Doirf iiiltrcliiitt.)

APPAREII, DE !-,V VISION.

mea des Toues nasales el du pharynit on ne trouve rien. — L'état général est bon.

9 janvier. — La palpatîon n'ayant fourni que des renseignements insuffisants, on se décide à pratiquer une incision exploratrice pour se renseigner plus exactement, sauf à énuclénr le globe de l'œil si les circonstances l'exigent. (Incision courbe parallèle au bord de la paupière et intéressant seulement son tiers externe.) Le tissu graisseux uilra-orbitaire lient fùre saillie entre les lèvres de la plaie. Avec le doigt, on constate qnela tumeur repose sur la paroi inférieure de l'orbite, au voisinage de blente spbénoldale. Au touciier, elle est assez résistante, sau.s pourtant noir la dureté de l'os ou du cartilage. La ponction pratiquée avec un fm Iroort ne donne issue à aucun liquide. Le diagnostic se trouve donc ainsi tunnilé :

Tmeur solide, probablement fibreuse ou fibro-plastique de la paroi H/ifrùurv de l'orbite.

L'ablation est décidée en même temps que l'énuclcation de l'œil sans bqnslle il eût été impossible de la pratiquer.

On agrandit l'incision exploratrice, puis on enlève le globe de l'œil en totalité en respectant le périoste.

Dau le cours de l'opération, tes pinces hémostatiques font l'ollice de tibicteurs de la paupière npérieure , en même lai|H que l'bémoslase pov les petite vaisseaux.

L'artère ophlhalmique est mnprimée avec le doigt.

Oi^uclée d'abord le globe fc l'œil, puis la tumeur ' dle-méme avec le doigt dh ipatule -, la cavité or- Uaire esltamponnée avec ' ia éponges et on fixe kl deux paupières par un piiiit de suture métallique; naerce ensuite une cornpRSHon ouatée.

Pendant l'opération, on anmarqné que la tumeur étail absolument indépendtnle dn globe oculaire et de la gaine du nerf optique ; qu'elle parait adhérer étroitement aux deux lèvres de la fente sphénoldaie et même M prolonger par celte fente jusque dans la cavité crânienne ; elle a un

m MALADIKS DES ORGANES DES SENS.

pclil volume, ressemble assez bien à une aveline aplatie et entourée de tous côtés par du tissu adipeux. A la coupe, elle présente tous les caractères d'une tumeur fibro-plastique.

Par Texamen microscopique on a trouvé que c'était en effet un sarcome l'asciculé.

10. État général assez bon. Douleurs supportables. Pas de frisson. TK. 37%8. On remplace le bandage par des compresses d*eau alcoolisée.

11. Rougeur périorbitaire très-marquée. — Céphalalgie vive. — Frisson de 5 minutes. P = 90. T. 38%2.

13. Ërysipèle nettement accusé. La rougeur a gagné la région soorcilicrc et s'arrête à peu près au niveau de la ligne médiane. Du côté de la joue, elle s'étend parallèlement à la fente palpébrale de la racine du nez au sommet de la pyramide du maxillaire supérieur. — Purgatif.— Badigeonnage avec un Uniment formé par parties égales d'éther et de térébenthine. — Isolement (transféré à la saUe Sainte-Placide, n* 3).

13. La rougeur n'a pas de tendance à s'étendre. — Pas d'empitement du cuir chevelu. — Œdème marqué des deux paupières du côté siin. P = 100. T. 39".

, 14. Fluctuation assez nette dans toute la région temporale. — Ponction et passage d*un drain. — Appétit. — Douleur locale vive. — Di peu de subdélirium pendant la nuit. P= 90. T. 39*,

15. Suppuration abondante. — Appétit absolument nul. — Un peu de diarrhée. P = 95. T. 39%2.

10. (ionflement considérable des paupières du côté malade. -^ La mgeur de la région frontale a complètement disparu. Il en existe toiqoon un peu au niveau de la région temporale droite. La tuméfaction persiste également à ce niveau. P = 96. T. 39%2.

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