Même état : P = 95. T
18. Le pus sort en assez grande quantité par la fente palpébrale. Potf en l'acililer l'écoulement, on enlève une suture. P = 108. T. 39*y5.
19. Même état. — Uépond mal aux questions. Parait cependant les comprendre assez bien. — Un peu d'affaissement. — Rien du côté des membres. P = 100. T. 39%0.
!20. Très-agité. — Crie et se débat dans son lit. — La suppuratkni al toujours très-abondante dans Torbite ; elle est, au contraire, beaucHp diminuée dans la région temporale. P = 104. T. 39*,5.
i21. Même état. — L'agitation parait un peu moindre. P ^ lOL T. 39%6.
22. Délire pendant la nuit. — Respiration bruyante, stertoreuse; Wr bresauts tendineux ; carphologie et jactitation. — Pendant h nuit est wafvenue, sans qu'on ait pu voir dans quelles circonstances, une hémipUfM complète du côté gauche. P = 198. T. 40*».
23. Le matin, rien de changé dans l'état du malade. — Le pouls et la température sont les mêmes que la veille. — Mort à six heures du soir.
Autopsie. — Faite trente-huit heures après la mort. — La rigidité cadavérique est en partie conservée aux deux membres inférieurs.
Orbite et région temporale. — Un peu d'infiltration du tissu cellulaire sous-cutané et du muscle temporal. — Au niveau de la partie antérieure de la fosse temporale, petit foyer purulent communiquant avec la cavité orbitaire. Le périoste, décollé vers Tangle anléro-externe de Torbite, a laissé passer cette fusée. A ce niveau, le frontal présente dans son diploé une teinte noirâtre, et do place en place on aperçoit très-distinctement de petits foyers purulents du volume d'une tète d'épingle.
Cainté i^'ànienne. — Aussitôt après Touverture du crâne, on découvre sous la dure-mère une couche de pus, épaisse île 0™,02 àO°,03, recouvrant toute la face convexe de l'hémisphère droit. Elle atteint sa plus grande épaisseur au niveau du lobe sphcnoïdal. Lorsqu'on relire l'encéphale de sa boite osseuse, on voit que tout ce lobe sphcnoïdal est mou, fluctuant ; en enlevant avec précaution le pus qui recouvre la surface, on remarque qu'il communique avec un foyer de la grosseur d'une noix, qui s'étend presque jusqu'au bord externe de la portion moyenne {canal circumpédunculaire) du ventricule latéral. Dans le lobe frontal, on trouve un autre abcès volumineux, intéressant la substance blanche des trois circonvolutions frontales, et s'étendant en arrière et en bas jusqu'à l'extrémité antérieure du noyau extra-ventriculairc du corps strié.
Les autres parties de l'encéphale sont saines, ainsi que les organes thoraciques et abdominaux.
En enlevant, au moyen de deux traits de scie, les os qui circonscrivent l'orbite, on remarque que la paroi externe Irès-épaissie rétrécit la cavité orbitaire. Cette dureté et cette épaisseur sont produites par la présence d'une périostose volumineuse , développée en partie aux dépens des trois os qui forment l'orbite à ce niveau : petite aile du sphénoïde, apophyse orbitaire de l'os malaire et frontal. Toute la cavité est remplie de débris organiques putrilagineux. Le nerf optique est à peu près intact.
Dans l'intérieur du crâne et au niveau de l'extrémité interne de la fente sphénoldale, on rencontre sur la périostose une tumeur de la grosseur d'une noisette offrant la forme et les caractères de la tumeur orbitaire, mais ramollie et suppurée au centre.
CONSIDÉRATIONS CLINIQUES SUR CE CAS. — L'exophthalmie est un symptôme dont il est toujours difficile de déterminer la véritable valeur.
/iOi MALADIES DES ORGANES DES SENS.
Les caraclères particuliers du symptôme dans ce cas, la manière dont il avait marché, permettaient de prime abord de penser à une tumeur intra-orbitaire située en dehore des muscles.
L'cxophthalmie était unilatérale ; elle était survenue lentement , sans aucune douleur, sans poussées inflammatoires appréciables du côté de Toeil. L'état général était bon; les fosses nasales, le pharynx étaient absolument sains. On pouvait donc éliminer la maladie de Graves, le phlegmon de l'orbite, les épanchements traumatiques, les tumeurs de voisinage ayant envahi tardivement la cavité orbitaire. Le diagnostic se trouvait ainsi limité aux tumeurs rétro-oculaires primitives, mais l'examen superficiel ne permettait pas d'affirmer autre chose, si ce n'est que Ton n'avait point affaire à une tumeur pulsatile.
L'examen fonctionnel donnait d'assez bonnes indications sur le siège. La tumeur ne gênait presque pas le jeu des muscles de Tœil et n'avait amené qu'un très-léger degré d'atrophie du nerf optique. Il n'y avait ni phénomènes de compression brusque, ni inflammation de voisinage. On pouvait aisément rapporter l'exoplithalmie à la diminution de volume de la cavité orbitaire. L'atrophie du nerf optique n'était survenue que tardivement à la suite de la tension lente et continue de sa portion orbitaire.
On a souvent vu des sarcomes se développer dans Torbite, soit aux dépens du tissu sous-conjonctival, soit aux dépens du tissu adipeux ; le plus souvent ils ont laissé intact le jeu des muscles et produit simplement, au début du moins, de l'cxophthalmie. Il est extrêmement rare de les voir se développer primitivement dans l'intérieur de la capsule de Tenon.
Il était impossible d'avoir de plus amples renseignements sur la nature et le siège de la tumeur; nous dûmes donc nous résoudre à pratiquer une ponction.
Nous acquhnes ainsi la certitude qu'en effet la tumeur était solide et profonde, reposait sur le plancher de l'orbite et qu'elle offrait un petit volume.
Devait-on tenter roxlraction en ménageant le globe de Tcwl'
La situation profonde rendait le manuel opératoire extrêmement difficile. L'ablation complète du néoplasme était absolument indispensable ; autrement on eût dii s'attendre à une récidive certaine et trés-prompte ; il y avait par conséquent toute probabilité que l'énucléation du globe devînt nécessaire ' un jour ou l'autre, mieux valait alors y recourir tout d'abord et faciliter ainsi la première opération.
L'autopsie donna l'explication de la disproportion existant entre le volume du sarcome et Texophthalmie. Le rétrécissement de r orbite était amené en partie par la périostose que l'on trouvait dans le fond de la cavité.
E. — (iLOBE DE L*ŒIL DANS SA TOTALITÉ.
Obs. CCCXX. — O.D. FAixalio7i incomplète avec thrombus probable de Forbite. — Lemoine (Hippolyle), Ironie-deux ans, entré le 12 avril 1874.
A reçu, quelques heures avant son entrée, un violent coup de poing dirigé de bas en haut. Ecchymoses des deux paupières, et sous-conjonc- Uvales. Globe de Toeil, saillant en avant et incomplètement recouvert par les paupières. Chémosis. Dilatation de la pupille. Â Texamen ophthalmoscopique: légers troubles du corps , vitré. Rien dans la rétine, la choroïde et le nerf optique. Mouvements du] globe oculaire, difficiles et diminués dans toutes les directions. Pupille réagissant mal sous Tinfluence de la lumière. Compte les doigts à cinq pieds. Champ visuel libre. Sangsues aux tempes. Cataplasmes. Scarifications de la coujonctive. Instillation de sulfite neutre d*atropine. I^axatifs. Disparition graduelle des ecchymoses et de Texoplithalmie. Guérison complète le 15 mai.
F. — Cornée.
Obs. CCCXXI. --0. G. Kératite tilcéreuse. Hypopyon.— Vïron (CàvatIq?,), quarante-huit ans, mouleur, entré le 3 août 1875. La maladie a débuté il y a trois semaines, sans cause connue. Plusieurs petites ulcérations occupent le limbe de la cornée du côté externe. Pus remplissant à peu près le tiers inférieur de la chambre antérieure. Cautérisation des ulcérations de la cornée avec le nitrate d'argent; fomentations chaudes; toniques; dériv. intest.
7 août. Quelques ulcérations sont sur le point de disparaître. Douleur autour de l'orbite ; injection périkératique intense.