‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 3)Chapitre 184 sur 283 · La malade a succombé dans la journée · texte numérisé non relu

La malade a succombé dans la journée

Ons. ChXll. — (lanvrouk du mamelon. Cautérisation lêiQ tiurii uii^ * '^ la pâte (le Vieunc. Guêrison. — Rigaud (Cécile), cinquante et un aiu-^^*"-"*» brodeuse, entic le 20 août 1874. Femme pùle, lymphatique, sans ant^-^^**" cédents diathésiques. Cette malade est atteinte depuis six ans, Apnqi^^ayw

de la ménopause, d'une ulcération qui a {çngné toute 1 aréole du sein droit. Il y eut d*al)ord un petit bouton, puis plusieurs qui se couvraient d'une eroûte mince, aplatie, jaune pâle, et qui venant à tomber, laissaient suinter un liquide jaune citrin. Le mal suivit ce mode do développement pendant trois ans avec alternatives de mieux ou de recrudescence. Depuis lors, rulcéretion qui avait débute par le centre, s*est agrandie. Elle est aujourd'hui irréguliëre, assez superficielle, mais présente plusieurs points profonds. On voit quelques papilles hypertrophiées qui arrivent jusqu'à lapeau, d'autres sont érodées. L'ulcération est cependant bien limitée à b surface des t^uments. On remarque quelques petites taches rouges, et des Ilots de peau ramollie, pales, nacrés, ressemblant à des plaques muqueuses. Près du mamelon, à gauche, se trouve un véritable champignon, de couleur grisâtre, à bords relevés, déprimé au centre et tapissé de petites granulations rosées. Les ganglions de l'aisselle sont sains. La malade a suivi un traitement médical de plusieurs mois dans le service de H. Guiboul qui croyait à une variété d'eczéma. Le résultat n'a pas été satisfaisant.

87 août. La malade, redoutant l'instrument tranchant, on se borne à faire une vigoureuse application de pâte de Vienne maintenue sur toute Taréole pendant quinze minutes. Un obtient ainsi une eschare profonde qui s'élimine le 6 septembre. Il reste une plaie à fond rosé qui suit la marche rignliëre des plaies de ce genre. Une suppuration franche s'établit. Pansement simple avec le cérat.

15 septembre. Le fond de la plaie bourgeonne.

SO. Quelques points cicatriciels apparaissent.

i*' octobre. La suppuration est complètement tarie, il reste un tissu cicatriciel très-mou, mais de bon aspect, recouvert de quelques croûtes minces. La malade sort le 9 octobre. Le 10 novembre à la consultation, on peut voir la cicatrice arrivée à sa complète formation. Quelques brides rétractent la peau environnante vers le centre. La santé générale est bonne; la douleur est disparue ; les ganglions sont sains.

Obs. CDXIIL — Squirrhe lardacé (sein gauche). Ablation avec le bistouri. Guérison de la plaie. — Barthélémy (Françoise), quarante ans, entre le 22 février 1874. A toujours été bien réglée depuis Tàge de onze ans et Test encore aujourd'hui. Elle a eu six enfants qu'elle a allaités et qui sont tous bien portants. Parents d'une bonne santé.

Il y a cinq ans, la malade reçut un coup de coude sur le sein ; trois semaines après elle remarqua sur le bord du sein, vers le côté externe, une petite tumeur profondément située, grosse comme une noisette, dure, adhérente aux tissus profonds et indolente. Cette tumeur disparut pendant deax ans.

n y a trois 'ans, la. malade la vit reparaître avec les mêmes caractères.

mais cette ïois douloureuse. Elle resta stationnaire pendant assez longtemps, et depuis un an seulement elle a grossi rapidement, s'est rapprochée de la peau qui, depuis six mois, fait corps avec la tumeur, s*est enflammée, et a donné lieu à un petit abcès qui s*est ouvert spontanément.

Lorsque la malade se présente le 28 février pour être opérée elle port< au-dessus du mamelon, vers le côté externe de la glande, une tumeur de brs.f h grosseur d'une orange: une petite ulcération à fond grisâtre siège immédiatement au-dessus du mamelon. La peau est violacée au pourtour. La glanda envahie par la production squirrheuse et diminuée de volume. Pas de glions dans Taisselle.

2 mars. On enlève la tumeur avec le bistouri.

Examen de la tumeur : A la coupe on distingue à Tœil nu sur un d côtés du sein une masse de la grosseur d'un œuf de pigeon, radiée, dur^^ie, franchement squirrheuse, de l'autre côté une masse d'apparence sarcome ^ teuse, grisâtre, demi-molle, du volume d*un œuf de poule et parsem^^»-ée d'ilôts adipeux. Au microscope, on trouve que c'est un carcinome jTftrrr^ fr (squirrhe).

3. La peau est chaude et sèche. Soif ardente : bon appétit. Sulfate «^^Hk quinine 0,50. Rhum 150 grammes. P=y8.

6. La suppuration sYHablit dans de bonnes conditions : les bords de b plaie sont rosés. Pouls normal. Appétit.

Dans les jours qui suivent, la plaie commence à se cic4itriser, et le 1 — i6i la malade peut sortir. La réunion a été complète quinze jours plus tard.

Obs. CDXIV.— S(iuirrhe lardacé du sein gauche. Ablation. G¥ériim ^"' — Pouligny (Aglaé), cinquanle-trois ans, entre le 15 mars 1874. D J^B * quîitre ans, elle remarqua une grosseur au sein gauche, profondément ^

tuée et du vohnne d'une noisette. Depuis deux ans, la tumeur a augme^c ^^ de volume et est devenue le siège de douleurs lancinantes.

Aujourd'hui, la prescpie totalité de la glande est envahie par une prodr ^fliuC' tion s(|uirrheuse du volume d'un gros œuf de poule, dure, bossel^^V^'^» située iminédialement au-dessous du mamelon non rétracté. Bien qu*adC J'*" rente par places, la peau n'est pas ridée : rien dans les ganglion l'aisselle. La tumeur abaisse le sein qui a une flaccidité plus grar que celui du côté opposé.

21 mars. L'nblalion est faite à l'aide d'une incision clfculaire emb sant la presque totalité de la glande.

A la coupe le tissu de la tUineur ressemble assez bien à l'eucéphalo^K'ife' La tumeur arrive jus({ue sous la peau qui parait saine. Là masse est €■-"«■ sée de petites cavités kystiques, très-vasculaires et de couleur rouge foX^^A* Par le raclage une grande quantité d'ichor suinte à la surface de Ueo«-sP^

Les suites de l'opération ont été des plus simples. Réunion ioimécSi^^

(les deux tiers supérieurs de la plaie; une mèche est introduite à la partie ^d plus déclive pour l'écoulement du pus.

Cinq jours plus tard, les deux tiers réunis étant cicatrisés la malade quitte le service et se fait panser chez elle.

Guérison complète au bout de dix jours.

Obs. CDXV. — Squinhe lardacé (sein gauche). Ablation. Mort au botU de quatre jours sans frissons. — Martin (Madelaine), soixante-cinq ans, entre le 7 octobre 1874 pour un squirrhe du sein gauche. Cette malade n*accuse aucun antécédent pathologique ; elle est très-forte^ d'une santé générale satisfaisante malgré une polysarcie très-prononcée, Il y a trois ans, dit-elle, elle remarqua, sans cause connue, dans le sein gauche, un peu au-dessus du mamelon, une petite grosseur du volume d'une noisette, dure, indolore, mobile sous la peau. Cette tumeur augnienla progressivement de volume et n'occasionna quelques douleurs lancinantes qu'à la fin de la seconde année de son développement. Depuis un *n elle a atteint le volume dn poing, les douleurs sont devenues plus vives, *a peau a contracté des adhérences avec la tumeur, et on ne peut la pincer 2^us prendre celle-ci en même temps. Il y a trois mois, la peau s'est amincie, est devenue rouge, très-sensible au toucher près du mamelon ; elle s est fendillée un peu au-dessus et une ulcération a fini par se former don- '^ant lieu à l'écoulement d'un peu de liquide incolore et fétide.

Elle est aujourd'hui superficielle, de la grandeur d'une pièce de 5 francs; I^ peau est bleuâtre, amincie, à 2 ou 3 centimètres autour d'elle, et plus loin on remarque un développement exagéré des veines cutanées. *-e fond de l'ulcération est d'un rose brun, sans bourgeons charnus. L^ mamelon ratatiné s'enfonce dans la tumeur. Celle-ci, très-volumi- *^euse, est dure, irrégulièrement bosselée, douloureuse à la |)ression, P^u mobile à la base. Dans l'aisselle on ne trouve pas de ganglions engorgés.

L'ensemble de ces caractères indique un squirrhe de la plus mauvaise espèce. La malade est tellement tourmentée par les douleurs lancinantes qu'elle ne peut supporter l'existence dans ces conditions. L'extirpation est décidée.

H novembre. On incise largement les téguments à cause des adhérences que la peau présente autour de l'ulcération. La presque totalité de la glande mammaire est enlevée, car pendant l'opération on s'aperçoit V^e la tumeur envoie des prolongements dans toute la glande. Pas d'hé-^ morrhagie.

I^ coupe offre une teinte d'un blanc nacré ; on ne trouve aucun suc ^ 'a surface. Elle est composée d'un tissu squirrheux, rayonnant, lardacé ^* criant sous le scalpel.

^s lèvres de la plaie «ont réunies par cinq points de suture métalli-

(|uininc, UE',t)U.

18, maliri. La malade pM Irts-aballiie, ne ivjiouJ ]i qu'on lui adresse. P =r 9(1. Môme traileineiit. Les poi enlevés. Dans la niiil et la journée, la malade a été lilL de sueur. Langue saburrale. On prescrit un îpwa. Les pas et la malade meurl le soir nii^mo saus autres symp n'a pti élre faile.

Ofls. CDXVI. — Siuiirhc (mv droit). Mortiiar br àng jours après l'opéralintL — VaiUliey (Maiie), gileli^ ans, entre le 27 avril 1874. A ce moment elle présente < mammaire une blépharile ciliaire chronique et un ecz< de l'oreille droite, remontant à Luit ans. Mensiniation i nopausc à quarante-sept; trois grossesses, sur lesquelles i Pas d'allaitements.

Dans les premiers jours du mois de novembre dernier. Eorle de pression dans lu région du sein droit et fut ob rosser de son corset. Jusqu'alors elle n'avait jamais remt offrit un volume plus considérable que le gauche. En n Furent des douleurs dans l'aisselle droite. Le sein, il augmenté de volume. It est devenu, il y a trois mois, le lancinantes, revenant à des intervalles iri'égiiliers et l'épaule et le bras du même c6té. A partir de cetteépoqu que ses forces diminuaient d'une manière appréciable glissait.

Les deux seins sont naturellement très-volumineux. L siège d'une tumeur occupant la partie supérieure de la gl mamelon qui a presque disparu et se trouve au nivea tumeur a débuté par la partie supérieure de la gla presque pas d'adhérences avec la peau ; celle-ci a couse normale, sauf sur la partie interne de la mamelle ou il es naître qu'elle glisse diffictlemeRt sur la tumeur qui a le de dinde et est aplatie. Sou.t l'aisselle on a la sensation liions engorgés, et qui remontent Irès-haul vers la clavii

2 mai. On enlève la mamelle en totalité, puis les gun

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de l'aisselle ; on sent ensuite un autre ganglion qui parait se rattacher à i'artére sous-scapulaire et se prolonger autour de Tartère et des deux veines Auniérales. On Textrait et Ton voit que les veines faisaient corps avec cette tumeur. L'arlère et les nerfs paraisscMit indépendants. Pas d'hémorrhagies grâce aux pinces hémostatiques.

Examen de la tumeur. — Peu de sucs. Pas de prolongements dans le tissu graisseux. Carcinome du sein. Infection par les lymphatiques remplis de grandes cellules épithéliales. Dans les ganglions : lymphatiques can« céreux et masses cancéreuses (M. Malassez).

3. Fièvre toute la nuit. P = 90. Boissons alcooliques, sulfate de quiïiîne, alcoolature d'aconit.

4. A passé une assez mauvaise journée ; pas d'appétit ; la langue est sale, la peau chaude. P=100. La malade, qui était atteinte d'une bronchite chronique, tousse beaucoup aujourd'hui et respire difficilement.

C. A eu la fièvre toute la nuit ; le pouls est très-fréquent. P = 120 (petit, *^rré). La journée d'hier a été très-mauvaiso. N'a pu encore dormir un instant; le délire l'a prise hier et ne la quitte pas. Dyspnée très-intense; submatité à la base des deux poumons. Raies sous-crépitants au même niveau ; la face se cyanose. Respiration stertorcuse. Mort le 7 mai.

Obs. CDXVII. — Squirrhe lardacé du sein gauche. Angiome ulcéré du f^ras. Ablation, Guérison des deux tumeurs. — Meyer (Thérèse), quarantesept ans, couturière, entre le 4 juin 1875. Bien réglée depuis Page de quatorze ans. Ménopause il y a huit mois; cinq grossesses normales ; trois allaitements. La maladie a débuté au moment de la ménopause. La tumeur Avait la grosseur d'une noisette quand la malade l'aperçut ; en six semaines elle a atteint le volume qu'elle offre aujourd'hui.

Le sein gauche présente une tumeur du volume d'une orange, dure, résistante, douloureuse à la pression, bosselée dans toute son étendue, immobile sur le grand pectoral qu'on peut, pour ainsi dire, entraîner avec lît mamelle. Le mamelon n'est pas sensiblement rétracté : il est aplati, mais celui du côté droit présente à peu près la môme disposition. La peau est saine, c'est à peine s'il y a une ou deux veinules apparentes; elle est encore mobile à la surface de la tumeur, mais cette mobilité n'est pas aussi franche qu'elle l'est normalement. L'aisselle ne paraît pas dyformée, la cavité est libre. Les ganglions sont augmentés de volume.

Une particularité intéressante à noter, c'est qu'il existe une autre petite

•nmeur dont le début remonte à trois ans. Celle-ci est située au niveau

^® l'insertion brachiale du deltoïde. Cette tumeur se présente sous la

''^'lïie de trois tubercules épithéliaux ulcérés qui ont envahi le derme.

'^ Sont recouverts d'écailles sébacées qui s'enlèvent facilement et laissent

^'^^^ une surface rosée et bourgeonnante.

m MALADIES DE LA M\MELLE.

Cette malade se trouve aujourd'hui dans un état d'affaiblissement marqué qu*elle attribue aux pertes qui ont signalé l'époque de la mé' pause.

G juin. AI)lation des tumeurs du sein et du bras avec le bistouri. ^

mamelle est circonscrite par une incision, puis on l'enlève en totalB^té. — A rintérieur, alcool et sulfate de quinine. Même pansement que I^s précédents.

A l'examen microscopique la tumeur du sein est un carcinome^ c^ Jlc du bras un angiome (M. Ranvier).

7. Sueurs profuses. TA. 37,8. P = 90. Soif vive. Pas de douleurs iiii niveau de la plaie.

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