CHAPITRE XI
21 observations. — Nous les rapportons suivant les r^ons : une est relative au cuir chevelu, une à la région temporale, une h la queue du sourcil, trois au nez, six aux lèvres, deux à la joue, sept à la région massétérine.
La tumeur du cuir chevelu que nous avons enlevée était un épithélioma pavimenteux (voy. obs. CDLXVIl); elle présentait Ji cette particularité qu'elle s'était développée à Tàge de quarante- — ^ huit ans seulement dans une loupe que la malade portait depuis ^ Jû Tenfancc; la mort survint le treizième jour à la suite d'une série ^^m de circonstances déplorables. Cette opérée contracta un léger •zkôi érysipèlc de la face et du cuir chevelu ; on la plaça dans notre ^»*« salle d'isolement et dès le lendemain une pneumonie du côté^^^ droit se déclara. Peut-être la malade avait-elle éprouvé un froidissement pendant le transport ; la chose est d'autant pi probable que ce jour-là (i*''^ décembre 4874), la températuree^'^ était très-basse; toujours est-il que la mort arriva quatre jouiiB9"^^ plus tard.
Le cancroïde de la région temporale fut guéri complètement Mml au bout de deux mois par des applications répétées de pftte d»-^^ Canquoin (obs. CDLXVIII).
Nous ne donnons qu'une observation de kyste delà queue dw^Bn sourcil et pourtant nous en avons enlevé un très-grand nombre^^^- La plaie étant peu étendue, il arrive très-souvent que les ma^r a*
lades, comme ceux qui portent des loupes du cuir chevelu, n'entrent pas à l'hôpital et retournent chez eux ; de cette façon un grand nombre d'observations n'ont pu être recueillies. En revanche, nous donnons à la suite du cas que nous publions quelques considérations que nous avons souvent répétées dans nos leçons.
Les tumeurs du nez enlevées sont au nombre de trois, deux cancroïdes dont l'un occupait l'aile gauche et fut guéri temporairement par le chlorate de potasse (voy. obs. CDLXXI); l'autre, l'extrémité antérieure ; nous l'enlevâmes avec le bistouri et la plaie guérit sans difficulté; un petit fibrome papillaire de l'aile gauche fut enlevé également avec le bistouri chez un enfant de douze ans. (obs. CDLXX).
Toutes les personnes entrées pour des maladies des lèvres avaient des cancroïdes, à l'exception d'une seule qui n'avait qu'un gros furoncle de la lèvre supérieure. Deux cancroïdes seulement étaient opérables (obs. CDLXXI V et CDLXXV) ; tous deux furent enlevés et les malades guérirent.
Les trois autres étaient à une période trop avancée pour qu'on pût songer à intervenir. Celui du malade de l'observation P avait été déjà enlevé deux mois avant son entrée par la ligatur au moyen du fil ordinaire ; il récidiva dans le ganglion sushyoïdien médian, et tous les ganglions du cou furent envahis avec une rapidité foudroyante.
Nous ne rapportons que deux observations d'affections des joues :
!• Un kyste sébacé du sillon naso-jygal droit enflammé au Moment de l'entrée du malade dans nos salles ;
2* Un cancroïde dont nous flmes l'ablation et qui n'a pas récidivé.
Des huit observations relatives à la région massé térine, cinq ^ot trait à des adénites consécutives à des affections dentaires ^t développées dans les ganglions sous-maxillaires et dans pelui que l'on trouve au niveau de l'angle de la mâchoire inférieure. Trois d'entre elles guérirent par la ponction et le
inage, ude par la simple application de cataplasmes, une
autre par l'avulsion des dents cariées. La fistule observée au môme point avait une origine identique; lorsque les dents cariées qui agissaient comme une cause d'irritation permanente et entretenaient la suppuration eurent été enlevées, elle guérit sans autre traitement que des cautérisations avec le crayon de nitrate d'argent (voy. obs. GDLXXXVII).
Enfin, deux maladies rares ont été observées dans la même région : un abcès développé près de la parotide accessoire dans l'épaisseur du muscb massé ter, autour d'un petit corps étranger allongé et pierreux; nous avons reconnu que c'était un poil de barbe incruste de sels calcaires. Malheureusement nous n'avons pas pu, par l'interrogation du malade, nous rendre compte du mécanisme par lequel ce corps étranger avait été introduit dans l'intérieur de la région (voy. obs. CDLXXXl).
Chez une jeune fille de vingt et un ans, nous enlevâmes un angiome caverneux circonscrit développé dans l'épaisseur d'un fibro-lipome (voy. obs. CDLXXXVlIIj.
A. — Cum aiEVELU.
Obs. CDLXVII. — Épithélioma développé dans un kyste sébacé. Ablation. -. Érysipéle du cuir chevelu et de la face. Pneumonie. Mort. — Delmetz^B^b (Scolastiqiio), quarante-huit ans, entre le 18 novembre 1874. C*est nne^^^^c femme bien constituée et d'une bonne santé générale. Elle porte au sommets ^'^
de la tète une tumeur de la grosseur d'une orange, dont le début remonte ^s-
rait à rcnfance. Jusqu'au mois de janvier de l'année 1873, cette turaeurnv-'^ avait conservé le volume d'une noix ; depuis lors elle a atteint celuîï mlm d'une orange, et il y a trois mois, il s'est formé vers le sommet une ulcé— ^"^ ration du diamètre d'une pièce de 50 cent. Celte ulcération devient de^ -B^ plus en plus profonde, de sorte que la malade se décide à entrer à Vhb^^^^^ pital.
On constate alors que la tumeur est lisse, uniformément arrondie, d^^ ^^ consistance molle, sans fluctuation manifeste ; l'ulcération a le diamètre' d'une pièce de 1 fr. Les bords sont irréguliers, déchiquetés, creusés puits et saignent facilement. Le fond est garni de gros bouiigeons fon^' gueux d'un rouge brun.
La tumeur n'est plus mobile, elle adhère solidement par sa base parties profondes. Il s'écoule à la surface de l'ulcération on liquide
sanguinolent de mauvaise odeur. Pas de ganglions engorgés. Avec le stylet, on trouve que Tos est h nu.
21 novembre. La malade ayant été endormie, une incision circulaire est faite à 2 centimètres au delà de la base de la production morbide. Les tissus du voisinage sont fortement indurés et la tumeur a contracté de nombreuses adhérences avec le périoste sous-jacent.
L'examen microscopique a montré que le kyste était transformé en un épithélioma pavimenteux (M. Malassez).
Les quatre jours qui suivent l'opération se passent sans accident. La malade prend du rhum et du sulfate de quinine. Le pouls reste à 90. La plaie est recouverte de compresses d'eau alcoolisée, fréquemment renouvelées.