‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 3)Chapitre 224 sur 283 · C. — Bras · texte numérisé non relu

C. — Bras

Obs. DXXVL — Phlegmon diffus spontané du bras gauche. Mort t^apide, — Saret (Eugène), quarante-quatre ans, charpentier, entre le 8 juillet 1874. Apporté à l'hôpital avec un délire intense qui remonterait à deux jours. Il y a trois jours seulement qu'il s'est mis au lit. La peau du bras et de la presque totalité de l'avant-bras est luisante et fortement

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tendue, elle présente une teinte rouge très-foncée. Le membre supérieur gauche est tuméfie et offre la consistance caractéristique du phlegmon. Le membre donne la sensation d'une chiileur brûlante. Le malade est dans Tagilation et le délire, la langue est pâteuse et couverte d'un enduit brunâtre. Le médecin qui a été appelé a cru bon de pratiquer un léger débridenient à la partie externe et inférieure du membre, mais ce débridcment paraît insuffisant. P = 124.

9 juillet. Le malade est dans un état d'excitation prononcée. Fièvre trèsforte. Érysipèle occupant le bras, Tavant-bras et la main. Mort dans la soirée.

Obs. DXXVII. — Kyste sanguin du coude gau4:he. Évacuation du contenu. Guérison. — Cadol (Auguste), dix-huit ans, fondeur, entre le 6 mars 1871 pour une tumeur occupant la région sus-épitrochléenne du bras gauche.

Il y a quatre ans il fit une chute sur le coude, et quelques jours plus Uird il vit apparaître une tumeur du volume d'une noix, grossissant et diminuant alternativement, quelquefois môme disparaissant complètement.

Depuis longtemps cette tumeur est stationnairc et gène les mouvemcnis de flexion. A rentrée du malade dans le senicc, elle a le volume d'un œuf, est située immédiatement au-dessus de Tépitrochlée et limitée au côté interne du bras. Elle n>st pas mise en mouvement par la contraction des muscles épitrochléens, mais adhère aux parties sous-jaceutcs. Pas de travail inflammatoire, pas de douleurs; la peau qui la recouvre est mobile et de couleur normale. La consistance est à peu près celle des lipomes ; sa flucluation est pourtant un peu plus nette.

7 mars. On pratique une incision verticale, et on est obligé de diviser les fihres du triceps brachial pour arriver jusqu'à la tumeur. L*incision montre qu'elle est formée par une poche remplie de sang presque pur. Elle est enclavée dans Tépaisseur du triceps, ne le déborde ni d'un côté ni d'un autre, et est trcs-élastique. Le contenu peut être évalué à 150 grammes.

Pansement simple. Compresses alcoolisées. Le bras est maintenu dans rimmohilité. Le malade sortie 17 mars. La plaie est cicatrisée.

Obs. DXXVIII.— L//)o;//(? volumineux du bras, Énucléation. Guérison. — Martial (Claudine), quarante-cinq ans, couturière, entre le 5 janvier 1875. Sa tumeur a débuté il a douze ans environ, et s'est développée ré- ^Milièrenient depuis lors. Elle siège à la partie externe du bras droit, vers linsertion inférieure du deltoïde, et présente le volume d'une tète de fo'tus à terme. Elle e^t ovoïde, indolente, n'adhère nullement à la peau doul la coloration n'a pas varié, et ofl're la consistance du lipome. Facile à

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circonscrire, nettement pédiculée, elle présente à sa surface quelques veines dilatées. Cette tumeur est gênante par son volume, et rend les travaux un peu longs impossibles.

17 janvier. Incision elliptique circonscrivant la base de la tumeur; puis énuclcation facile. Les deux bords de la plaie sont réunis excepté vers la partie inférieure où Ton place une mèche qu'on laisse à demeure. Guérison complète au bout d'un mois.

Obs. DXXIX. — Tubercules squirrheux siégeant sur le bras. Ablation avec le bistouri. Guérison de la plaie. — Perrot (Marie), ménagère, cinquante ans, entre le 9 mai 1874.

Il y a dix ans cette femme s'est heurtée fortement le bras droit sur une clef de buffet. A la suite de ce coup, il serait survenu une sorte de furoncle qui n'a pas percé. Cette tumeur devenait parfois le siège de petits pincements. Il y a un an, la douleur est devenue plus vive, le bouton s'est agrandi, puis s*est partagé en deux autres qui se sont écartés, tout en restant unis par un étroit sillon de môme nature. Des douleurs se sont fait sentir dans le bras, le sein et l'épaule correspondants. On cautérisa ces deux boutons avec de la pâte de Vienne ; ils récidivèrent presque aussitôt, et au lieu de conserver la couleur pâle qu'ils avaient, ils devinrent rouges. La douleur était plus vive, et les boutons, loin de conserver leur étendue primitive, s'élargirent.

La ménopause date de seize mois, il semble depuis lors que les douleurs soient devenues beaucoup plus vives et que la tumeur ait marché plus rapidement.

A son entrée dans le service, on voit sur la partie moyenne et antérieure du bras trois tubercules cutanés placés à !2 centimètres l'un de l'autre, et juxtaposés.

9 mai. — On excise la peau sur tout le pourtour et on enlève largement ces tubercules. A la coupe, ils sont blancs, nacrés, durs et sans ichor.

11. A eu un peu de fièvre et de frisson hier soir; dans la nuit un peu de chaleur; n'a pu dormir à cause des douleurs causées par Topération.

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