‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 3)Chapitre 249 sur 283 · III. — Pertes de sang pendant ou après Topération · texte numérisé non relu

III. — Pertes de sang pendant ou après Topération

Sous Tempire de certaines idées qui ont eu longtemps cours parmi les chirui^iens, aussi bien que parmi les médecins, on

ne redoutait pour les opérés que les complications inflammatoires : c'étaient elles seules que Ton s'attachait à combattre, sans se demander si, en poussant à Textrême la méthode antiphlogistique alors en vogue, on n'arriverait point à épuiser la résistance du sujet. Notre manière d'envisager les choses est différente ; nous n'oublions jamais que toute opération grave est par elle-même une cause débilitante, dont les suites tendent également à affaiblir le malade et à le mettre hors d'état de résister aux plus légères complications ; de sorte que, au lieu de rfîpéter les émissions sanguines, nous nous préoccuponsbien plutôt de faire une bonne hémostase pendant et même avant l'opération.

C'est pour répondre à cette indication que nous avons remplacé les différentes ligatures par l'usage des pinces hémostatiques. Les meilleures ligatures augmentent la durée des opérations ; quand on les abandonne dans les plaies, elles ont une action irritante qui n'est pas douteuse. Pour que le caillot soit, solide, on doitlaissej* les pinces pendant vingt-quatre heures oui môme davantage. Au moment de la guerre, lorsque de nombreuses opérations sanglantes étaient chaque jour nécessaires,, nous n'avions pas assez de pinces pour pouvoir les laisser en place sur les gros vaisseaux. Nous avions alors recours pour les gros vaisseaux à la ligature avec des fils métalliques ; c'est,, selon nous, le procédé le plus avantageux. Il est vrai qu'il ne présente ni la simplicité d'application, ni les avantages consécutifs de la forcipressure.

Mais nous tenons à répéter ici que, depuis plusieurs années, nous ne faisons l'hémostase pendant nos opérations qu'avec les pinces. Nous sommes d'autant plus persuadé que ce procédé n'est pas sans avantage, que d'autres s'en sont servis depuis, que nous leur en avons donné l'exemple, et en ont retiré des effets tellement satisfaisants, qu'ils ont cru pouvoir se dispenser d'indiquer à qui en revenait la priorité.

Ce n'est pas le lieu d'insister sur les divers modes d'application de cette méthode. Deux de nos élèves, MM. Deny et Exchaquet, en ont fort bien indiqué les principaux, et nous ne sau-

rions mieux faire que d'y renvoyer le lecteur. (Voir à la fin do ce volume.)

Ajoutons que nous faisons l'hémostase préventive avec la bande d'Esmarch, toutes les fois que la chose est possible.

Page 1