‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 3)Chapitre 266 sur 283 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Pendant notre année d'internat à Thôpital Saint-Louis, dans le service de M. le docteur Péan, nous avons assisté à lin très-grand nombre d'opérations à la suite desquelles nous n'avons jamais vu ce chirurgien faire la ligature ou la torsion des vaisseaux divisés, ainsi que cela se pratique dans la plupart des services hospitaliers.

Pour obtenir l'hémostase, M. Péan saisit les vaisseaux avec des pinces spéciales, dites pinces hémostatiques ^ qu'il se borne à laisser dans la plaie pendant quelques minutes ou quelques heures au milieu des pièces du pansement. La simple compression exercée par ce moyen sur les orifices vasculaires, suffit à en déterminer l'oblitération définitive. Sans doute, ce n'est pas d'aujourd'hui que les pinces sont appliquées à l'hémostase, et cet usage a probablement une origine aussi reculée que celle des pinces elles-mêmes. Mais, jusqu'à nos jours, les chirurgiens n'avaient eu recours à cette pratique qu'accidentellement pour arrêter des hémorrhagies que tous les autres moyens avaient été impuissauts à combattre. — C'était en quelque sorte un expédient ultime auquel on attachait si peu d'importance qu'il n'est

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mémo pas signalé dans les traités de chirurgie les plus complets. Dans ces dernières années cependant, plusieurs chirurgiens ont préconisé l'emploi des pinces dans les opérations, mais seulement pour faire de l'hémostasie temporaire, et suppléer à Tabsence d'aides suffisamment exercés. — Dans ce but, MM. Sédillot et Legouest ont conseillé de petites pinces à ressort croisé qui s'ouvrent par pression latérale, et se referment spontanénent(l). Follin recommande les mêmes pinces lorsque, dans une opération longue et grave, on veut s'opposer momentanément à Thémorrhagie sans s'arrêter à faire des ligatures (2).

Ces pinces ne sont autre chose que les sennes-fines modifiées de Vidal de Cassis, dont ce chirurgien avait déjà recommandé l'emploi, « dans les cas où la ligature et les autres hémostatiques étaient d'une application trop longue, trop difficile et d'une efficacité douteuse (3) ». Malgré ces avantages, cette méthode était peu employée (4) et réservée exclusivement pour l'extirpation des tumeurs volumineuses. Une fois l'opération terminée, on retirait les pmcos après avoir jeté au préalable des ligatures sur tous les vaisseaux pouvant encore saigner (5).

Aucun des auteurs que nous venons de citer ne donne le conseil de laisser les pinces dans la plaie jusqu'à ce que r hémostase définitive soit obtenue.

(1) Sédillot cl Legouest, Tt\ de méd. opér.^ 4® édit.

(2) Follin et Duplay, Tr. de pnth. ext., t. II.

(3) Vidal de Cassis, Tr. de palh. ext., 5* édit.

(4) Dans Tarticle Hémostasie du Nouveau dictionnaire de médecine cl de chirurgie pratiques, M. le docteur Després n'y fait aucune allusion et ne conseille Teniploi des scrres-flncs que pour arrêter le sang d'une petite plaie des muqueuses, ou d'une piqûre de sangsue.

H. Jamain, dans la deuxième édition de la Path, ext, de Néiaton, dit que les doigts d'un aide sont suffisants comme moyen hémostatique provisoire dans les opérations.

(5) Sédillot et Legouest, loco citato.

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